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Soudan : Entre religion et modernité, le calvaire des femmes

Saxum Willy | | Société

Loubna Ahmed Al-Hussein

24 femmes ont été  interpellées récemment pour « indécence » alors qu’elles participaient à une fête dans la capitale soudanaise, Khartoum.

En cause, elles portaient toutes un pantalon. La police des mœurs qui a procédé à leur arrestation les accuse d’indécence. Au Soudan, le port du pantalon par la femme n’est pas culturellement admis, aidé par l’influence de l’Islam sur la loi du pays. Certains principes de la charia y sont en vigueur.

Comme prévu par cette loi islamique, la sentence pour ce genre d’acte est une quarantaine de coups de fouets assortis d’une amende. C’est la peine réservée à toute femme qui s’aventure à porter un pantalon. Un miracle s’est pourtant opéré pour les 24 mises en cause. Elles ont été relaxées sans recevoir de châtiment et sans payer d’amende.

Le promoteur de l’événement auquel ces dames participaient, lui, est condamné à verser une amende aux autorités. Chaque année, des femmes sont arrêtées pour « indécence » au Soudan. Les défenseurs des droits de l’homme évoquent plusieurs dizaines de milliers de condamnations par an avec application de la sentence.

En mai 2014, Meriam Yahia Ibrahim, enceinte de huit mois a été condamnée à la pendaison par un tribunal local. Son tort? Elle a épousé à la fois, la foi  chrétienne, et un mari de cette religion. Sacrilège ? Cette union a été qualifiée d’adultère par les juges. L’accusée a donc été condamnée à 100 coups de fouets. Libérée le 24 juin 2014 après maintes pressions diplomatiques, cette femme s’est envolée pour l’Italie avec sa famille un mois plus tard. Elle vit depuis au Vatican.

Même si la constitution soudanaise consent la liberté de religion, l’islam reste la religion principale. Dans la pratique, elle régit la vie sociale. Après la sécession du Soudan du Sud en 2011, la charia a été renforcée par le président Omar El-Béchir. Conséquence, les femmes n’y ont pas le droit de vêtir des pantalons encore moins de shorts.

Difficile pour une génération ouverte au monde et souvent métissée par la culture occidentale après des voyages ou des études à l’étranger.

Dans ce climat de restrictions contestées, l’éminente journaliste Soudanaise Nima Elbagir vit entre Nairobi et Londres. Né au Soudan, la journaliste de CNN qui a découvert l’esclavage en Libye a grandi en Grande Bretagne et y a effectué ses études. Loubna Ahmed Al-Hussein une consœur de Nima a fini en prison pour un pantalon. Un calvaire véritable pour toutes ces femmes marquées par la diversité culturelle.

 

Saxum