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Tous, dans les sillons du mécénat culturel en Afrique

Arsene DOUBLE | | Société

 

Marie-Cecile Zinsou. Présidente de la Fondation Zinsou

On ne les voit peut-être pas. Mais, ils sont bien là, en Afrique. Les philanthropes culturels, composés d’hommes et de femmes, disposés à soutenir, sans contrepartie, toute action culturelle d’intérêt général. Nombreux et d’origines différents, ces mécènes apportent, volontiers, leur appui tant financier, que matériel, à toutes les œuvres culturelles et artistiques, ayant un intérêt public en Afrique.

« Beaucoup font du mécénat sans le savoir, sans contrepartie, et ne jugent pas utile de se mettre en avant », observe l’entrepreneur sénégalais Amadou Diaw, 57 ans, fondateur du Musée de la photographie de Saint-Louis. Les férus d’art et de culture sont presque partout en Afrique. Ils vont jusqu’à faire montre d’une incroyable philanthropie culturelle, prenant même des formes diverses. Soit, ils financent des actions culturelles et artistiques, soit ils encouragent les jeunes talents via des prix.

Au Maroc, des mécènes, à l’instar de Othman,29 ans, directeur général de la Fondation Alliance, créée en 2009 par son père, Mohamed Alami Lazraq, magnat marocain de l’immobilier, mettent à contribution leurs biens pour soutenir des actions culturelles à travers le continent africain. Othman va, alors, contribuer à la Biennale d’art contemporain de Dakar et aux Rencontres africaines de la photographie de Bamako.

Au Sénégal, Amadou Diaw, philanthrope culturel, en accord avec un groupe d’entrepreneurs locaux, a monté une association qui, en vingt ans, a apporté près de 10 milliards de francs CFA (plus de 15 millions d’euros) à des actions éducatives. Il a lui-même, depuis deux ans, orienté son mécénat vers la culture, en finançant de sa poche la restauration de bâtiments anciens à Saint-Louis.

A Madagascar, collectionneur depuis moins de dix ans, Hassanein Hiridjee, 43 ans, président du conseil d’administration de l’opérateur télécoms Telma, non seulement, a lancé un prix pour les jeunes artistes, mais aussi financé en 2018 l’exposition « Madagascar, Arts de la Grande Ile » au musée du Quai Branly, à Paris. Aujourd’hui, il rêve de jeter les bases d’une école d’art dans son pays. « Pour le moment, seules quelques grandes familles malgaches soutiennent la culture, mais d’autres suivront », espère-t-il. Pour cela, il lui faut l’aide des autorités, afin de mettre en place un plan stratégique sur cinq ou dix ans.

Au Bénin, l’historienne de l’art franco-béninoise, Marie-Cécile Zinzou, créatrice de la Fondation Zinzou, souligne, également, une réelle volonté des jeunes de promouvoir la culture. « Depuis trois, quatre ans, la jeune génération de 25-30 ans a envie de soutenir la culture, parce qu’elle-même n’a pas été soutenue. Et elle veut s’engager dans du concret, comme le bus que nous avons mis en place pour aller chercher les enfants gratuitement dans les écoles. »

L’Afrique compte, bien évidemment, des personnes, prêtes à tout, pour promouvoir ses valeurs culturelles. Et, tant qu’il y aura des hommes et des femmes sensibles à la chose artistique, le mécénat culturel continuera à faire ses preuves en Afrique.

 

Arsène DOUBLE