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La sexualité et l’avenir de la famille en Afrique

Cyril Verb | | Société

La sexualité est un sujet tabou en Afrique. Pourtant, elle bouillonne à l’abri des regards comme sur la toile. L’Afrique est un grand consommateur de pornographie. Même dans les sociétés maghrébines, ultraconservatrices, où la « débauche » est passible de peines de prison, il se développe en souterrain des pratiques sexuelles non moins critiquables.

La question de l’éducation sexuelle dans les sociétés africaines se pose.  Sanaa El Aji a voulu se faire une idée du sujet. Elle a produit récemment « Sexualité et célibat au Maroc, pratiques et verbalisation ». Loin de la fiction, ce document de 411 pages pose un diagnostic sur la sexualité préconjugale dans le royaume chérifien. C’est le résultat d’une longue étude mêlant entretiens d’explorations et semi-directifs au sein de la population marocaine. Conclusion? Si les mœurs l’interdisent, cette sexualité avant le mariage existe belle et bien. Confinée et cachée par des restrictions religieuses, sociales et juridiques. Derrière les discours médiatiques et sociaux, des techniques naissent, on use des nouvelles technologies pour conquérir un plaisir. Les nouveaux comportements sexuels dans leur généralité sont bien loin des engagements d’antan, incluant en subséquence la construction d’une famille. Ta femme peut être une poupée, ton homme peut être une tige.

Début janvier, la plateforme de diffusion de films pornographiques Pornhub publie un rapport de son trafic pour l’année 2017. Il en ressort que de plus en plus d’internautes africains accèdent au site via leurs smartphones. Le porno est dans le quotidien et à proximité. L’Afrique du Sud arrive en tête des pays africains qui utilisent Pornhub, 19ème au classement mondial. Autre exploit, ce pays est le lieu sur le continent où les femmes s’intéressent à outrance au porno. L’on dénombre 32% de consommatrices. Par ailleurs, bien que bousculée par les affrontements armés, la Libye trouve du temps pour regarder et télécharger les films X. Elle se niche ainsi au 22ème rang au plan planétaire. Le Maroc se distingue avec comme mot-clé favori, « anal ».

Le sexe se professionnalise en dehors des valeurs traditionnelles qui sont de moins en moins transmises du fait de l’urbanisation et l’influence agressive des emprunts occidentaux. C’est un business qui soulage une société confrontée au stress. Une nouvelle culture urbaine. Les lieux de proxénétisme se multiplient. Dans les hameaux des quartiers précaires, au cœur des universités, et dans luxe le plus embellissant. Les risques de maladies sont souvent sous-estimés.

Sur le continent, certaines sociétés sont strictes, d’autres le sont moins. Les barrières existent. Mais, elles se contournent. Les poupées sexuelles frappent aux portes de l’Afrique. La Zambie est formelle : pas sur son sol. La police met en garde : « La possession de matériel obscène dans ce pays est une infraction ». Elle interdit par conséquent l’importation et l’usage des robots sexuels.  L’Afrique du Sud pourrait, quand à elle,  être le premier pays à faire entrer ces poupées sur le continent. Cet Etat produit déjà des films pornographiques et dispose d’un salon spécialisé, Sexpo.

Le constat est clair : la dépravation prend de l’ampleur avec ses rythmes musicaux qui l’accompagnent en chœurs. Les mœurs baissent la culotte, assenées par la misère qui obstrue toute aspiration à la dignité. Et, en l’état actuel, l’ampleur de ces pratiques sur la santé des familles africaines présente des risques considérables qui présagent. Et pourtant on en rit !

 

Cyril Verb

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