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Le manioc, un tubercule à usage multiple qui risque de disparaître

Irene COULIBALY | | Société

Le manioc est un aliment très digeste et énergétique qui est plutôt sud-américain à l’origine. Introduit en Afrique par les colons, cet aliment a été fidèlement adopté et même valorisé par les africains. Il est aujourd’hui l’un des principaux aliments sur le continent et il occupe la 5è place mondiale après le maïs, le riz, le blé et la pomme de terre. Ce tubercule nourricier qui change de forme en fonction de l’usage que l’on souhaite en faire; se raréfie sur les marchés.

Produit en des milliers de tonnes, le manioc  est très prisé par la population africaine et ivoirienne en particulier.  Il se consomme de manières différentes  et change de nom selon sa transformation.

L’attiéké  est le mets le plus consommé après le pain en Côte d’Ivoire. Il est obtenu après transformation du manioc en patte, en grain puis après la cuisson. On le trouve un peu partout sur le territoire ivoirien mais les peuples lagunaires en sont les plus grands consommateurs.

On distingue 2 formes d’attieké: ‘’l’ agbodiama’’ dont les grains sont gros et l’attiéké  normal qui a des grains très fin. Quand on le mélange à l’huile rouge, il devient ‘’attieké tinté’’.

Le manioc peut devenir ce que l’on appelle en pays abouré ‘’atchoupou’’. Il s’apparente à l’attieké mais a une forme compacte. Il s’accompagne de poissons fris et de pâtes spécialement fait.

Quand le manioc  est mélangé à la banane on parle de foutou banane. Le mélange se fait dans un mortier après avoir obtenu de la pâte des deux éléments. A la fin, l’on obtient une boule qui s’accompagne de sauce à la viande de brousse en pays agni et baoulé essentiellement.

On peut en faire du ‘’placali’’ ou du ‘’cocodé’’ toujours en pays agni et baoulé qui se mange avec la sauces ‘’graine’’, ‘’n’tro’’, ‘’kôpê’’ ou ‘’gouagouasou’’.

On peut aussi l’appeler ‘’gari’, grain d’attieké séché très prisé aussi par les togolais et nigérians ou ‘’agba claclo’’ en langue baoulé. Ce sont des boulettes obtenues après grillade de la pâte de manioc. Il représente un amuse-bouche et se mange avec du coco découpé en dé.

Tous ces délicieux petits plats sont des dérivés du manioc qui nourrit énormément la population ivoirienne et africaine.

Ce tubercule est malheureusement menacé par de nombreuses maladies virales dont la mosaïque africaine du manioc  détruit près de 90% de la production.

Des chercheurs se réunissent donc afin de trouver un remède et sauver les plantations de manioc. Faute de quoi une grande famine risquerait de s’abattre sur toute l’Afrique.

 

Irène COULIBALY