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L’inefficacité des passeports et visas africains

Djibo B. AMADOU | | Société

©Crédit photo: YOUSSOUF IBRAHIM / AFP

Malgré le principe de la libre circulation des biens et des personnes, les passeports et visas Africains restent très limiter comparativement à ceux des autres pays. Un fiasco inédit qui se traduit par la restriction du déplacement des Africains à l’étranger.

Les passeports africains sont moins influents à l’étranger. Cette information est le résultat d’une étude menée par le cabinet Londonien de conseil en citoyenneté et résidence, à partir des données de l’association internationale du transport aérien (IATA). Cela dit, sans le visa, contrairement aux citoyens occidentaux, ceux des 54 pays d’Afrique ont un accès limité à bon nombre de pays qu’ils souhaitent pourtant découvrir.

Sous cet angle, la liberté de circulation serait un mythe pour les voyageurs africains, étant donné qu’ils ne sont pas libres de leurs mouvements, si on en croit l’index Henley des passeports 2018. Nonobstant cette altérité, certains pays africains paient plus le prix que d’autres. Que vaut alors le poids d’un passeport africain ?

La réponse à cette question épineuse permet de faire un parallélisme entre un passeport japonais et Somalien.  En effet, le Japon est classé au premier rang des meilleurs passeports. Les ressortissants de ce pays ont donc accès à 190 pays sans aucune demande de visa. En revanche, la Somalie n’offre que 32 destinations à ses ressortissants, un coup de foudre pour ce pays Africain. Au regard de cette comparaison, nous pouvons dire que les passeports africains pèsent moins à l’étranger.

Par ailleurs, le manque de coopération entre groupements sous régionaux africains (CEDEAO, EAC, SADC, CEMAC…)  Pétrifie l’efficacité de nos visas. La frontière de nos Etats étant précaire, en principe tout voyageur étranger devrait disposer d’un visa. Malheureusement en Afrique, quel que soit la durée de leurs séjours, la quasi-totalité des occidentaux circulent librement. Ainsi cette constatation justifie l’inefficacité de nos visas sur la scène internationale. Paradoxe ou erreur diplomatique ?

Selon un décompte du journal « les Echos.fr », un africain ne peut se passer totalement de visas (électronique ou à l’aéroport) pour un court séjour que dans 13 pays du continent en moyenne, soit un quart des pays. Ce paradoxe jette un discrédit sur la coopération africaine, qui à fortiori devrait être le creuset du renforcement des capacités et non le contraire.

Le bon sens aurait voulu que les papiers Africains (passeports et visas) aient aussi une importance capitale, une lucarne qui permettrait de briser le mur de démarcation qui maintient l’Afrique dans cette situation tentaculaire.

 

Djibo B. AMADOU