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Ile d’Oléron: Le très célèbre coq français « Maurice » jugé au tribunal de Rochefort (Charente-Maritime)

Arsene DOUBLE | | Société

Corinne Fesseau et son célèbre coq « Maurice » ont comparu ce jeudi 4 juillet 2019 au tribunal de Rochefort (Charente-Maritime). Un couple de retraité a assigné en justice la vieille habitante de l’île d’Oléron et son coq , qui chanterait trop fort le matin et leur créerait des nuisances. L’affaire dure depuis deux ans maintenant, mais a connu ces dernières semaines un retentissement médiatique sans précédent. Elle a aussi relancé le débat sur la défense de la ruralité en France.

« Maurice » est désormais « le plus célèbre coq français », selon le New York Times. C’est l’un des coq au chant le plus puissant de l’Île d’Oléron. Son chant a la réputation de troubler les sommeils. Le chant de « Maurice » est si fort qu’aucun gros dormeur ne pourrait y résister. Et cela constitue sans conteste un atout pour le gallinacé « Maurice » et peut-être une fierté pour son propriétaire, Corinne Fesseau. Mais ce n’est malheureusement pas le cas pour son voisin, un couple de retraité, qui le juge nuisible. Le couple de voisin, qui possède une résidence secondaire sur l’île, a alors entamé en 2017 une poursuite en justice contre eux.
Le procès programmé le 6 juin dernier avait été reporté, en raison de pièces du dossier manquantes. De nouveau inscrit au 4 juillet, il devrait, cette fois-ci, bien se tenir.

Fortement médiatisée, l’affaire a suscité de vives réactions et a relancé le débat sur la défense de la ruralité en France. D’où la question de savoir si Saint-Pierre d’Oléron est une zone rurale, ou semi-urbaine.

 

Les défenseurs du fameux coq « Maurice »

D’autres propriétaires de coqs ont prévu, eux, de faire le déplacement avec leurs gallinacés, pour une manifestation de soutien à l’Oléronaise, en amont de l’audience.

Ms. Pea, de Seattle, raconte ainsi avoir vécu dans une petite ville de 800 habitants, et si le chant du coq « la rendait dingue au début » elle s’y est habituée, et dans tous les cas « jamais » elle ne se serait imaginée aller se plaindre du bruit de ces animaux. « Les citoyens de Saint-Pierre-d’Oléron doivent s’attacher à leur mode de vie. C’est aux étrangers de se conformer aux coutumes de la ville et non l’inverse » conclut-elle.

Le maire de la ville, Christophe Sueur assure de son côté que « Saint-Pierre est une commune rurale, où on a le droit d’avoir une basse-cour. »

Le maire de Gajac (Gironde) est ainsi monté au créneau pour défendre le coq Maurice, et a publié une lettre ouverte défendant les bruits de la campagne, dépité de voir des ruraux traînés en justice pour le braiment des ânes, le meuglement des vaches ou le chant du coq…

« On essaye de sauver notre culture, nos valeurs, plein de choses de cette sorte sur notre île » clame Corinne Fesseau.

 

Les détracteurs du célèbre coq « Maurice »

Tout le monde ne prend pas la défense de « Maurice » pour autant. Aaron relève pour sa part que Saint-Pierre d’Oléron lui semble être « une zone urbaine en développement » et que dans ce contexte « il n’est pas juste de permettre à quelqu’un de créer une nuisance dans cet espace de vie collective, comme d’ajouter un coq à l’environnement. »

Idem pour Virginia, de Cape Cod, qui raconte se faire régulièrement réveiller à 4h30 du matin par un coq : « Les coqs devraient être légaux seulement sur les propriétés de grandes proportions et loin des voisins, je pense. »

Vincent Huberdeau, l’avocat du couple de plaignants, affirmait le 6 juin dernier que ses clients « réclament la paix et la tranquillité. » « Ce sont des retraités. Monsieur était agriculteur. Ils veulent simplement que le coq soit enfermé la nuit. Il s’agit d’un lotissement, nous ne sommes pas à la campagne », estime-t-il.

 

Arsène DOUBLE