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Hortense ZAGBAYOU BEKOUAN, Directrice du Centre d’Action Culturelle d’Abobo ( Cacab) : « Nous comptons faire de ce Centre un véritable pôle d’attraction et d’excellence en matière de création, de production et de diffusion d’évènement culturel »

Arsene DOUBLE | | Société

Mme Hortense ZAGBAYOU BEKOUAN, Directrice Centre d’Action Culturelle d’Abobo ( Cacab) © Innocent Konan

Depuis une dizaine d’années, Mme Hortense ZAGBAYOU BEKOUAN est aux commandes du Centre d’Action Culturelle d’Abobo ( Cacab). Brave, dynamique et fort passionnée de culture, Madame Hortense ZAGBAYOU n’a pas cessé, depuis son arrivée à la tête de cette institution en tant que directrice, de faire des mains et des pieds pour rehausser l’image du Cacab. « Faire de ce Centre un véritable pôle d’attraction et d’excellence en matière de création, de production et de diffusion d’évènement culturel », tel est l’un des défis qu’elle et son équipe tentent aujourd’hui de relever. L’équipe de 100pour100culture a effectué une récente visite au Centre d’Action Culturelle d’Abobo ( Cacab) situé derrière la mairie d’Abobo, entre le Centre Socio-Educatif et la Direction Régionale de l’​Education Nationale ( Dren) Abidjan 4, où elle a pu s’entretenir avec sa directrice Mme Hortense ZAGBAYOU BEKOUAN. Particulièrement axé sur le Cacab, l’entretien a porté, entre autres, sur les activités, espaces, difficultés et perspectives de l’institution.

 

Veuillez-vous présenter à nos lecteurs 

Je suis Hortense ZAGBAYOU BEKOUAN, conservatrice principale de musée et directrice du Centre d’Action Culturelle d’Abobo ( Cacab).

 

En quelle année le Cacab a-t-il été créé ?

Le Cacab a été créé en 1982. C’est une institution qui exerce sous la tutelle du ministère de la Culture et de l’Industrie des Arts et du Spectacle.

 

Comment êtes-vous arrivée à la tête de ce Centre culturel ?

Après la direction du Musée des Civilisations de Côte d’Ivoire et la Direction Régionale Abidjan-Lagunes, nous avons été nommée à la tête du Centre d’Action Culturelle d’Abobo ( Cacab).

 

Quel était le plus grand défi à relever dès votre arrivée ?

Il faut dire qu’en venant ici le Centre était, sur le plan physique, dans un état de délabrement avancé. Donc, à notre arrivée, deux défis se présentaient à nous.

Le premier était de concevoir un projet, appelé PIP, le valider et le faire financer par les autorités, à savoir le PIP [Programme des Investissements Publics, ndlr]. C’était un projet relatif à la réhabilitation et au rééquipement du Centre d’action culturel d’Abobo.

Le second consistait à faire de ce Centre un véritable pôle d’attraction et d’excellence en matière de création, de production et de diffusion d’évènement culturel.

 

A quand remonte votre arrivée à la tête de cette institution ?

Vers fin 2009. Mais peu après mon arrivée, s’est ensuivie la crise postélectorale de 2010 qui a occasionné la fermeture des institutions. Et, bien que nous parvenions à faire accepter et financer le projet de réhabilitation et de rééquipement, le Centre restera fermé pendant 5 ans en raison du retard qu’ont pris les travaux de réhabilitation. C’est donc le 15 septembre 2015 que nous avons repris du service. Depuis lors, nous sommes en activité intense.

 

Quelles sont les différentes activités au sein du Cacab ?

Il faut dire que nous sommes, avant tout, une structure de production et de diffusion artistique par excellence. Aussi, nous ouvrons nos espaces à la communauté qui y exerce ses activités.

Les activités majeures, nous en avons plusieurs. Réparties en deux grandes catégories, certaines sont relatives à la promotion des expressions culturelles et d’autres à la promotion du livre et de la lecture publique.

Parlant des activités relatives à la promotion des expressions culturelles, nous pouvons citer entre autres :

-“Yékangoa, les grandes scènes du cacab“, qui est une plateforme dédiée aux artistes pour leur permettre de se promouvoir, de façon mensuelle ou trimestrielle, de sorte à offrir aux différents publics des spectacles de qualité et à moindre coût. Ce projet, qui met en avant les artistes, prend en compte plusieurs disciplines : danse, musique, théâtre, slam ;

-“L’art au féminin“, une activité qui nous tient à cœur et qui ferait le label du Centre. Celle-ci vise à célébrer et à honorer l’excellence de le femme artiste de Côte d’Ivoire, à travers des expositions et des panels de hauts niveaux. Les disciplines concernées sont, entre autres, le théâtre, la peinture, la musique ;

-“Ciné pour tous“, activité trimestrielle qui consiste en la diffusion de film à terme, se présente comme un espace de sensibilisation et de divertissement offert à la population.

Quant aux activités en rapport avec la promotion du livre et de la lecture publique, contentons-nous d’énumérer quelques-unes :

-“Rencontre avec un auteur“, une activité qui met en relation le public et les auteurs. Nous donnons ici l’occasion aux établissements scolaires de compétir à partir du livre d’un auteur, avec des prix à l’appui ;

-“Bâche littéraire“, une activité de proximité qui nous fait sortir du Centre. Avec une bâche et nos rayonnages, nous nous déplaçons dans un des quartiers de la commune, où nous donnons l’occasion à la population de lire. Nous accompagnons, par ailleurs, cette bibliothèque itinérante d’une belle animation.

 

Veuillez nous parler des différents espaces qui composent le Cacab !

Il faut dire que le PIP a, lors de la réhabilitation, doté le Centre d’un certain nombre d’espaces, avec un peu plus de commodités. Le Cacab dispose d’une grande salle de spectacle d’environ 500 places, une salle de conférence climatisée d’environ 80 places, une bibliothèque, très bien équipée avec un fonds documentaire de plus de 5000 ouvrages, un espace internet, qui reçoit assez de monde notamment les élèves, étudiants et chercheurs, et une salle de répétitions, à laquelle ont recours le plus souvent nos artistes pour leurs créations.

 

Comment gérez-vous ces espaces ?

Nous maintenons ces espaces propres et en bon état, le mieux que nous pouvons, pour les mettre à disposition.

Notons que la grande salle de spectacle ainsi que la salle de conférence servent à faire des animations, formations et répétitions des artistes. Elles sont mises à disposition pour des locations.

La bibliothèque, quant à elle, reçoit assez d’usagers constitués en majorité de scolaires. Nous comptons une dizaine d’établissements dans notre réseau qui vient ici lire et faire des recherches. Voisin du Centre Socio-Educatif, notre bibliothèque accueille également les animations des tout-petits. Assez visitée, elle ouvre aussi ses portes à d’autres structures.

Cette bibliothèque a, en effet, une collaboration avec l’ambassade des Etats-Unis. Ce qui revient à dire que nous sommes une représentation des Etats-Unis à travers son Centre de documentation. Si les gens ne peuvent pas se rendre à l’ambassade, ils peuvent avoir les ouvrages au Centre d’Action Culturelle d’Abobo (Cacab).

Concernant la salle de répétions, disons qu’elle sert énormément à nos artistes dans leurs créations, relatives au produit culturel.

Quant à l’espace internet, nous l’avons vraiment réglementé. Parce qu’il sert uniquement pour les recherches des élèves, étudiants et chercheurs. A la limite, ceux qui vont faire des consultations à la bibliothèque peuvent s’y rendre pour continuer les recherches.

 

Rencontrez-vous des difficultés dans la gestion du CACAB ?

Vous savez que toute institution, comme la nôtre, rencontre forcément des difficultés dans la mise en œuvre de ses activités. On ne peut pas tout avoir. Il faut faire preuve d’imagination et de créativité en sollicitant des partenariats.

Nous rencontrons des difficultés dans la réalisation de nos activités, en raison d’un manque d’accompagnement. Vous voyez, bien que nous ayons suffisamment d’activités, voire importantes, nous n’avons énuméré que quelques-unes. Nombre de nos activités importantes, telles que “le renforcement des capacités des acteurs culturels“ et “les ateliers de créativité artistique“ visant à renforcer et rendre plus compétents les artistes en vue de leur permettre de vivre de leur art, nécessitent un important appui financier et technique.

Nous savons tous que l’art et la culture créent des emplois. Et, ces ateliers visent à créer des emplois. Nous avons donc besoin de plusieurs partenaires, tels que 100pour100culture et la Jeune Chambre Internationale Abobo Ébène, pour nous accompagner.

Car, rappelons-le, nous comptons faire de cette institution, sous la tutelle du ministère de la Culture et de l’Industrie des Arts et du Spectacle, un pôle d’excellence incontournable, un pôle de création et de diffusion artistique de référence.

 

Quelles sont les perspectives pour votre institution ?

Ce qui nous tient à cœur, c’est de mettre à contribution davantage les acteurs culturels. C’est de faire en sorte que cet espace, que nous voulons excellent et dynamique, puissent véritablement donner l’occasion aux artistes de faire beaucoup de créations. Et que, en tant que diffuseur, nous puissions véritablement diffuser ces créations dans d’autres espaces du ministère, y compris ceux des partenaires, au niveau d’Abidjan, à l’intérieur du pays et même à l’international.

En clair, nous comptons faire en sorte que les artistes se retrouvent dans cet espace, qui est leur maison, pour qu’ils puissent au quotidien créer de beaux produits. Nous savons qu’ils sont passionnés et ont du potentiel. Mais, il faut leur donner cette occasion.

Pour pouvoir réaliser le rêve des artistes et ceux de cette institution, nous sollicitons des partenaires à nous aider à réaliser certains de nos projets mentionnés plus haut. Nous avons déjà quelques partenaires. Néanmoins, nous en sollicitons encore : partenaires institutionnels, techniques, financiers. Pour que nos artistes puissent vivre véritablement de leur art. Telles étaient les missions qui nous ont été assignées par madame la Ministre Harlette Badou N’GUESSAN KOUAME.

 

Arsène DOUBLE

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