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Hamed Bakayoko alias “Le Golden Boy“ : Un mécène hors-pair !

Arsene DOUBLE | | Société

Le Premier ministre ivoirien décédé mercredi 10 mars dernier à l’âge de 56 ans s’appelait Hamed Bakayoko, mais les acteurs du show-business du continent le surnommaient le “Golden Boy“. D’une générosité légendaire et réputée très proche des artistes, Hambak se passionnait pour la chose artistique. Ce qui justifiait son indéfectible soutien à l’art.

 

La mort d’un mécène, peu importe sa taille, constitue un coup dur pour le monde de la culture. L’onde de choc qu’a suscitée, en mars dernier la disparition de ce grand mécène qu’était Hamed Bakayoko alias le “Golden Boy“ en Afrique, ne devrait alors surprendre personne. Grand passionné de l’art, le mécénat du “Golden Boy“ n’avait pas de limite et s’étendait à toute l’Afrique.

“Ami des artistes“ Hambak était si proche des artistes du show-business africain. Il avait un faible pour la musique. Un amour qui était d’ailleurs connu de tous. Aussi le “Golden Boy“ s’était-il promis de la soutenir par tous les moyens, de manière trans-partisane, sans sectarisme ni tribalisme.

« Personne en Côte d’Ivoire n’a autant soutenu la musique que lui. Et ce qui faisait sa force, c’est qu’il le faisait de manière trans-partisane, sans sectarisme ni tribalisme. », a témoigné Didier Bilé, chanteur et producteur ivoirien réputé “Roi du Zouglou“ auprès du journal français Le Monde, le jour de la veillée artistique consacrée à l’illustre disparu Hamed Bakayoko.

Encore, si Hambak a été particulièrement pleuré par les chanteurs congolais, c’est bien parce que la plupart d’entre eux lui doivent leur succès. Combien était déterminant et si engagé son apport dans la carrière de nos stars congolaises ! Toujours selon Bilé Didier, le “Golden Boy“ « a lancé la carrière de nombreux artistes zaïrois. Abidjan était devenue une escale obligatoire pour eux, certains lui doivent beaucoup. »

 

Son indéfectible soutien à l’art

Toute action visant à promouvoir la chose artistique en Côte d’Ivoire voyait le plus souvent l’implication du “Golden Boy“. Soutien de la première heure du Festival des musiques urbaines d’Anoumabo (Femua), organisé par Magic System, Hamed Bakayoko soutenait également le Prix des musiques urbaines et du coupé-décalé (Primud), une initiative du chanteur Molare qui récompense chaque année les meilleurs acteurs du showbiz ivoirien.

Toujours aux petits soins pour les acteurs du spectacle, Hambak ne se faisait pas longtemps prier pour venir à la rescousse des artistes malades ou victimes d’accident. Doté d’une générosité légendaire, il aidait aussi financièrement certains d’entre eux, prenant une part active à l’organisation de leurs différents spectacles. C’est pourquoi, avant sa mort, les incertitudes autour de son état de santé suscitaient tant d’inquiétudes chez plusieurs célébrités, dont Molare, A’Salfo et le Pasteur Coupé-décalé Makosso qui avait même invité les Ivoiriens à prier pour que le “Golden Boy“ recouvre vite la guérison.

« Pour tous les actes posés dans l’ombre quand tu as été sollicité quelques soit la cause. Pour toutes tes interventions et dons chaque année à notre corporation depuis plus de 15 ans. Pour toutes les fois où je t’ai personnellement sollicité maladie de collègues, accidents, besoin urgent, etc. Nous irons faire un grand concert en ton honneur à Séguéla gratuitement pour lancer ta campagne. Tous les artistes qui veulent participer sont les bienvenus », avait déclaré Molare, pendant l’hospitalisation en Europe du “Golden Boy“ candidatant dans le même temps aux récentes législatives qui se sont soldées par sa brillante élection à Séguéla, sa terre natale.

Adulé des “Chinois“—fans de Dj Arafat—, Hamed Bakayoko appréciait énormément leur idole, le “Roi du Coupé-décalé“ Houon Ange Didier, son « fils spirituel » mort dans un accident de moto en août 2019. Hambak avait pleuré énormément Dj Arafat, dont il louait la bravoure et le talent d’artiste. Comme un père pour le chanteur Coupé-décalé le plus prolifique et le plus récompensé de Côte d’Ivoire, le “Golden Boy“ protégeait Dj Arafat de ses excès, lui épargnant à plusieurs reprises la prison.

Par ailleurs, le monde de l’art contemporain n’a pas été en reste. Hambak y a laissé son empreinte. D’autant plus que les acteurs du milieu, notamment le peintre Justin Oussou et la céramiste africaine Corine Hazoumé, gardent un bon souvenir d’Hamed Bakayoko. Saluant la mémoire du “Golden Boy“, la célèbre galerie d’art Houkami Guyzagn lui a reconnu les qualités suivantes : « Amis des arts et des artistes, mécène et des arts et de la culture, collectionneur ».

 

Le “Golden Boy“ : « le méthodique politique et l’homme de culture passionné »

Entre Hambak et la culture, c’est vraiment une histoire d’amour. Homme politique très influent en Côte d’Ivoire, Hamed Bakayoko a exploré avec brio l’univers des médias. A 25 ans, en 1990, le “Golden Boy“ fonde le quotidien Le Patriote dont il était directeur de publication jusqu’en 1993. Avant de se retrouver à la tête de la radio Nostalgie, fondée par la Première dame Dominique Ouattara.

 « Pour lui [Hamed Bakayoko, ndlr], la culture c’était l’exutoire de la pression politique », a confié au média français Le Monde Yves Zogbo Junior, ancienne icône de la télévision ivoirienne reconvertie dans la communication gouvernementale qui a aussi fait les beaux jours de la radio Nostalgie. Et Yves Zogbo Junior de poursuivre : « Une fois qu’il entrait dans le monde culturel, il relâchait tout. Il y avait deux Hambak : le méthodique politique et l’homme de culture passionné. »

Arsène DOUBLE

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