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Guinée: Auteure de plus de 150 fausses grossesses, une guérisseuse épinglée par la justice

Cyril Verb | | Société

Archive illustrative

« Elle  a causé beaucoup de dégâts à mon organisme » déplore une cliente de dame Fanta Camara. Ventre ballonné,  mouvements à l’intérieur, douleurs. Tout porte à croire que cette dame est enceinte. Il n’en est rien. Les échographies ne réussissent pas à détecter le fœtus. Pourtant, la guérisseuse reste convaincue que sa patiente porte une grossesse.

150 femmes sont dans le même cas. Elles se sont toutes attachées les services de «N’na Fanta» , surnom donné à la soigneuse. La guérisseuse traditionnelle promet soigner  l’infertilité. Mais, depuis plus d’un an pour certaines deux ans pour d’autres, le ventre prend de la proéminence sans que lesdites grossesses n’arrivent à terme. À cela,   Fanta Camara a des explications.

« J’ai toujours prévenu mes patientes. Celles qui tombent enceinte peuvent voir les règles. Et, celles qui voient les règles auront une plus longue période de grossesse. C’est pourquoi je leur interdit d’aller à l’hôpital. Parce que tant qu’elles voient leurs règles, aucune technologie ne pourra voir leur grossesse », prétend ladite guérisseuse. La patience est donc requise à l’en croire.

Mais, les patientes sont inquiètes surtout que les médecins conventionnels n’arrivent pas à confirmer qu’elles sont enceintes. Dépitées et effarées par ces formes disproportionnées que prennent les ventres, les patientes s’estiment grugées et en danger. Elles décident de porter plainte contre la guérisseuse qu’elles accusent « d’avoir abusé d’elles ».

Là, ceux sont les services spéciaux chargés du crime organisé et du grand banditisme qui se chargent de l’affaire. La guérisseuse est interpellée avec deux « complices » dont un médecin détenteur d’une clinique médicale, chargé de confirmer les grossesses pour celles qui veulent obligatoirement voir un médecins malgré l’interdiction. La guérisseuse et ses complices sont accusés « d’escroquerie, d’administration de substances nuisibles et mise en danger de la vie d’autrui ».

Un enfant à tous prix

En Afrique, la médecine traditionnelle est très prisée des populations. C’est le premier rempart en cas de bobo. Les cas d’infertilité font partie des têtes d’affiches  des motifs de consultation chez les « tradi-praticiens ». Cette préférence pour les traitements indigènes a fait naître un gros business autour de la pratique de la médecine traditionnelle. Des personnes sans aucune connaissance en la matière se font passer pour des docteurs et bienvenus les dégâts !

La forte demande d’enfants à tout prix entraîne dans ce secteur en quête d’organisation la naissance de spécialistes véreux. Le recours à des « hommes de Dieu » de la même nature que ces guérisseurs est une option dont les dégâts ne se comptent pas non plus. Cependant les plaintes dans ces cas de figures se font à la dérobée.

 

Cyril Verb

 

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