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Dieusmonde Tadé, Président-Fondateur de l’Association Lune d’Afrique international : “J’invite les africaines à l’acceptation de soi-même”.

Raymond Alex Loukou | | Société

Dieusmonde Tadé, est un ivoirien vivant en France. Journaliste de formation, il a voulu répondre au cri de détresse des femmes à travers le monde qui luttent pour leur autonomisation. En créant l’Association Lune d’Afrique, il entend donner aux femmes les moyens de leur épanouissement tout en valorisant les cultures africaines. Pour lui, c’est à travers le retour aux fondamentaux culturels que la femme africaine va se libérer du joug que la société lui impose. C’est en véritable défenseur des cultures africaines qu’il a bien voulu se prêter à nos questions.

 

Pouvez-vous nous présenter de façon succincte votre association ?

Lune d’Afrique est une Association à vocation socio-culturelle régie par la loi française de 1901. Son siège social se trouve en France dans le 89 d’Auxerre. Elle regroupe en son sein diverses nationalités et a des représentations-pays. Lune d’Afrique a 6 missions essentielles réparties en trois catégories. L’autonomisation de la femme africaine, la lutte contre le cancer, les grossesses en milieu scolaire et l’analphabétisme en milieu rural (social) ; la promotion des cultures africaines et du mieux-vivre ensemble (Culturel) ; la lutte contre les violences faites aux femmes (juridique).

 

Pourquoi avez-vous décidé de l’implanter en France ?

Lune d’Afrique a son siège en France parce qu’elle a été créée dans ce pays mais selon les statuts, le siège peut être transféré partout où besoin se fait sentir.

 

A partir de quel constat avez-vous décidé cette association ?

La promotion et la revalorisation des cultures africaines est la cause première de la création de notre Association. Puis vint l’autonomisation de la femme africaine.

 

Quelles sont les valeurs que vous défendez ?

Nous défendons les valeurs humaines basées sur l’amour du prochain, la solidarité à l’égard de la femme et la cohésion sociale.

 

Quelles sont les actions concrètes que vous organisez sur le terrain ?

Nous organisons un festival annuel, une tribune du donner et du recevoir. A l’occasion, nous célébrons le brassage entre les peuples à travers un jumelage entre le Nord et le Sud. La coopération gagnant-gagnant. La création d’un concours de beauté made in Africa intitulé “Miss Africa Tresses Fashion”. La fête de l’art capillaire africain. Un concept qui invite à l’acceptation de soi et qui s’adresse à la gent féminine africaine. Également il lutte contre la dépigmentation dans toutes ses formes et plaide pour une intégration africaine réelle et pleine. A ATF, une jeune fille peut compétir pour le pays d’origine de sa mère.

Le premier concours de beauté à ma connaissance qui valorise le mieux les cultures africaines. De 2017 à 2019 nous avons organisé trois conférences. Deux à Auxerre respectivement sur le mieux-vivre ensemble et l’autonomisation de la femme. Une à Louga au Sénégal sur l’immigration clandestine et les violences faites aux femmes. Nous avons créé quatre prix. A savoir le grand prix Lune d’Afrique qui récompense le domaine de l’excellence de la recherche et de la culture. Le Pr Guidy Wandja en est la lauréate 2018. Le prix Guy Ferez, Maire de la ville d’Auxerre qui encourage les artisans du mieux-vivre ensemble désormais destiné exclusivement aux collectivités locales. Le prix Lune d’Afrique pour l’autonomisation de la femme africaine. Le prix panafricain Guidy Wandja Joséphine pour les STEM (Sciences Technologies et Mathématiques) Lancé le 13 juin dernier au Sénégal, ce challenge qui met en compétions les meilleures mathématiciennes des universités, lycées et primaires d’Afrique. Nous avons initié un tournoi international de foot féminin contre le cancer (TIFCA) dont la première édition a eu lieu en 2018 à Auxerre.

 

 Miss Africa Tresses Fashion s’avère être une activité-phare de votre association…

Le Festival Africa Tresses Fashion porte le nom du concours de beauté qui en découle. Plus haut je l’ai déjà dit, c’est un concept qui invite les africaines à l’acceptation de soi. Avoir des cheveux naturels, pas de dépigmentation, pas de tatouages sur le corps ni de piercing et de sexisme d’où le slogan “ATF, quand c’est naturel, c’est beau”. La femme africaine est d’une beauté angélique et qu’elle en soit fière de la protéger.

 

Comment ce concours a été accueilli par les filles ?

Aujourd’hui, l’engouement que suscite ce concours de beauté auprès des jeunes filles africaines nous réconforte. Cela dit, le message passe bien et Miss ATF est en passe de devenir la grande tribune de célébration de la beauté féminine au plan continental. En somme, après seulement deux éditions nous avons un retour positif. Nous sommes à la 3ème édition.

 

Justement comment se prépare cette 3ème édition ?

Elle se projette à Ouagadougou au Burkina-Faso en septembre 2019. C’est le lieu de renouveler notre sincère gratitude à l’endroit des autorités burkinabè en l’occurrence la Première Dame Mme Sika Kaboré et le Ministre Harouna Kaboré du commerce de l’industrie et de l’artisanat qui en est le parrain. Un rendez-vous culturel très attendu d’ailleurs. Nous y espérons une belle fête comme en ont le secret, les hommes intègres. Les préparatifs vont bon train avec Lune d’Afrique Faso.

 

Avez-vous le sentiment que les femmes se valorisent davantage avec les actions de terrain que vous menez ?

Aujourd’hui, les coordinations nationales Lune d’Afrique poussent comme des champignons. Déjà une dizaine à travers le monde. C’est une preuve que les femmes, leur autonomisation ne passera que par elles-mêmes.

 

Selon vous qu’est-ce qui explique que les femmes africaines ne sont pas suffisamment mises en valeur ?

Les femmes africaines ne sont pas suffisamment mises en valeur ? Je dis non ! Intrinsèquement, elles débordent d’atouts et donc elles ont de la valeur naturelle. Le combat collectif à mener est d’ordre culturel.

Et voilà tout le sens de notre mission. Les sensibiliser à l’acceptation de soi, arrêter de vouloir ressembler à d’autres personnes. Se sous-estimer et naïvement s’auto-détruire. Il est grand temps que la femme africaine comprenne qu’elle n’a pas besoin de se métamorphoser pour se faire valoir. Naomi Campbell ne s’est pas déguisée pour être le corps le plus désiré au monde.

 

Croyez-vous qu’avec l’avènement de Lune d’Afrique, elles perçoivent mieux leur place dans la société ?

Lune d’Afrique est une nouvelle chance pour la femme africaine de se prendre en charge et de redonner à sa beauté naturelle toutes ses lettres de noblesse.

A Lune d’Afrique, c’est le défi de l’autonomisation et le bien-être de la femme africaine. Mais que tous comprennent que nous ne détenons pas de solutions miracles. Seule la volonté collective peut faire prospérer notre initiative. Comme le dirait l’autre seul on va vite mais ensemble on va plus loin.

 

Un mot en guise de conclusion ?

Je salue au passage toutes nos coordinations Lune d’Afrique à travers le monde. Nous savons que la tâche n’est pas facile mais ce n’est pas une raison pour baisser les bras bien au contraire il nous importe de gagner de grands défis. A vous, je dis merci pour cette opportunité de communication. C’est Dieu qui est fort.

 

Raymond Alex LOUKOU