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Décrispation politique en Ethiopie et au Mali mais en Côte d’Ivoire l’Eglise demande au président de « revoir sa copie »

Cyril Verb | | Société

Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan(MACA), la plus grande prison du pays

Le premier ministre Éthiopien a annoncé la libération prochaine d’hommes politiques détenus dans les prisons du pays.

Selon Hailemariam Dessalegn, l’objectif du gouvernement en décidant cette  grâce massive est de « créer une atmosphère de réconciliation nationale ». Ainsi, un grand nombre d’hommes politiques et d’autres détenus seront libérés.

Le communiqué ne donne pas de précision sur l’identité des personnes concernées encore moins sur le  nombre ou la date de leur libération.   D’après l’ONG Human Right Watch, 8 000 personnes sont présentement en prison après avoir été interpellées lors de contestations sociales.

Dans le pays, l’annonce du premier ministre a donc fait l’effet d’une bombe. Et, sur la toile éthiopienne, on peut s’apercevoir de la joie dans l’opinion publique notamment du côté de l’opposition. C’est un véritable cadeau pour le nouvel an et une action remarquable en faveur de la décrispation du climat sociopolitique tendu qui prévaut dans le pays depuis 3  années.

Du côté du Mali, le président exilé ATT a effectué un retour au pays après une grâce présidentielle.

« J’invite le président de la République à revoir sa copie »

 Autre pays en quête de réconciliation nationale, en Côte d’Ivoire, l’opposition formule ce vœu depuis bientôt  7 ans,  le vœu de la libération des « prisonniers politiques ». En vain. Les oreilles sont restées pendues aux lèvres du chef de l’État lors de son adresse à la nation à la veille de la nouvelle année. Aucune grâce annoncée par Alassane Ouattara.

Des espoirs sont brisés. On lit la colère chez certains, la déception chez d’autres voire l’incompréhension. Pourtant, c’est une décision nécessaire pour la paix et la réconciliation, font comprendre des prêtes catholiques. Le cardinal Jean-Pierre Kutwa à Abidjan et l’évêque de  San-Pedro, Jean-Jacques Koffi appellent à la libération des pro-Gbagbo arrêtés après la crise post électorale de 2011 ou accusés d’atteinte à la sûreté de l’État.

Pour le premier,  « si nous voulons être crédibles aux yeux des générations futures, nous devons comprendre que l’unité s’impose pour raffermir la crédibilité de notre pays qui marche vers l’émergence que nous appelons de tous nos vœux ». Une unité possible qu’avec tous les fils et filles du pays. Il réclame ainsi des actions concrètes pour le retour des exilés et la libération des prisonniers.

« (…) Pour désirer la paix, il faut parler en homme de paix, en artisan de paix. C’est pourquoi j’invite le président de la République à revoir sa copie pour que la réconciliation puisse se faire. Il faut penser à ces prisonniers quel que soit ce qu’ils ont fait », insiste l’évêque de San-Pedro.

À Abidjan, les guides religieux et les chefs coutumiers sont régulièrement critiqués pour leur passivité. On leur reproche de ne pas prendre assez souvent des positions claires devant l’actualité sociopolitique: insécurité, violence contre l’opposition, violation des  droits de l’homme.

Le gouvernement de son côté présente régulièrement des actions pour le retour des exilés mais le cas des prisonniers laisse perplexe à en croire ces réactions officielles.

 

Cyril Verb

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