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Côte d’Ivoire: Naissance d’un vaste mouvement pour la reforme de la CEI(Commission Électorale Indépendante)

Saxum Willy | | Société

« L’histoire se répète toujours pour ceux qui ne tirent pas les leçons essentielles qu’elle nous enseigne ». Une évidence bien connue !

Cependant en Côte d’Ivoire, la culture de l’alternance démocratique pacifique est une problématique majeure. Elle endeuille les familles et la nation. L’affreux dernier bilan chiffré : au moins 3000morts. La crise post-électorale 2011. Une fracture sociale à deux pas de la guerre civile.

Principal maillon du processus électoral, la Commission Électorale Indépendante(CEI), avec ses changements au gré de chaque pouvoir (2001, 2004, 2014) est indexée officiellement comme une faille à la paix sociale. Son budget donne du vertige à l’Etat, sa composition traumatise le peuple. Difficile même par sympathie de trouver de la crédibilité à cet organe électoral. Ne serait-ce qu’en tenant seulement compte de sa commission centrale.

En effet, constituée de 17 membres, cette instance directive de la CEI est dominée par le pouvoir sortant et ses subsidiaires. Ils sont neuf(9) contre 4 membres pour l’opposition. Plus déconcertant, la société civile, grande victime en cas de conflits n’y compte que quatre membres repartis comme suit : « (02) issus des confessions religieuses, un (01) issu des Organisations non gouvernementales non confessionnelles et un (1) Avocat désigné par le barreau ».

Une coalition pour réclamer le changement

Le GPATE( Groupe de Plaidoyer et d’Action pour Transparence Électorale) est né à l’orée de l’année 2018 pour introduire un ensemble d’actions afin de constituer le plaidoyer d’une nouvelle histoire électorale pour la Côte d’Ivoire, pays carrefour d’Afrique de l’Ouest.

« Ce n’est pas seulement une question politique mais c’est une question de gouvernance » confie le porte parolat de l’organisation.

Au constat, il n’y a jamais eu de passation de pouvoir dans ce pays qui siège comme membre non permanent au conseil de sécurité de l’ONU. L’indice Mo Ibrahim signale au rouge sur la question électorale dans le pays. Le recours a une assemblée nationale et un pouvoir judiciaire est dans la pratique sans espoir. Les députés sont si souvent indicés pour des pots vins afin de faire passer des lois favorable à des oligarques. La justice reste caméléon selon la teinte à l’exécutif. Le challenge national, arriver à intégrer cette mode de mal gouvernance, pour se garantir une sécurité sociale le plus longtemps. Youssouf Bakayoko l’a-t-il compris ainsi?

L’actuel président de la CEI ne veut point s’éclipser a fortiori militer pour une RSO de l’institution, au moins à travers un livre comme le font de nombreux dirigeants à travers le monde, pour affranchir leur conscience.

Pour le représentant national d’Amnesty international, Koko Elvis Delmas, « ils[ndlr : les autorités] attendent à deux mois des élections pour mener les gens à l’abattoir ». En plus de cette ONG, le GPATE regroupe CIVIS-CI, le MIDH, l’APDH, le RIDDEF, ADLJ-CI et l’Association des électeurs de Côte d’Ivoire.

Cet élan de la société civile pour des « élections transparentes et apaisées » grandit, apprend 100pour100culture.com. Le gouvernement qui restait imprécis sur les questions électorales a en effet annoncé des sénatoriales et des municipales pour l’année en cours, à la surprise générale. Alors toute la société annonce ce lundi 15 janvier 2018 une sortie publique d’une coalition plus dense afin de proposer un document commun de proposition de loi pour la reforme de la CEI.

Au plan international la Commission Electorale Indépendante de Côte d’Ivoire est frappée d’une décision de justice exigeant sa reforme depuis l’année 2017. La Cour africaine des droits de l’homme a réitéré son arrêt en faveur de la société civile ivoirienne malgré une autre requête formulée par les autorités imbues. Cette CEI est condamnée au niveau international. C’est un os dans la gorge de la nation et sa réputation internationale est liée à cette institution clairement désavouée. Le conseil des ministres de l’Union africaine et d’autres organismes multilatéraux sont à ce propos interpellés pour le principe du respect des engagements internationaux.

« L’Etat de droit doit rimer avec Etat de loi pour faire en sorte que le pouvoir ne soit pas toujours acquis dans les rues » exhorte Denis Yaurobat, président de l’APDH.

Si les élections et la démocratie doivent être vécues comme un jeu de propositions pertinentes pour le gain général, le champion ivoirien est face aux leçons d’un passé récent pour mettre fin à « la boucherie électorale » en Côte d’Ivoire. Le pays vise l’émergence d’ici 2020 et « le champion tire les leçons du passé, concrétise le présent, pense au futur » rappelle l’entraîneur de football Luis Fernandez.

 

Saxum