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ANGÉLIQUE KIDJO OBTIENT LE GRADE DE DOCTEUR HONORIS CAUSA DE L’UCLOUVAIN

Danielle YESSO | | Société

La chanteuse béninoise Angélique Kidjo est de passage à Louvain-la-Neuve. Elle fait partie des personnalités qui ont reçu mardi le titre de docteur honoris causa de l’UCLouvain. À ses côtés, Nuccio Ordine, professeur de littérature à l’Université de Calabre et spécialiste de l’histoire de la pensée, et François Taddei, ingénieur et généticien français.

Il y a quelques jours, Angélique Kidjo a décroché un Grammy Award à Los Angeles pour son dernier album intitulé Celia (en hommage à la chanteuse de musique cubaine Celia Cruz). Aujourd’hui, c’est une autre distinction qui lui sera remise à l’UCLouvain, comme celles qu’elle a déjà reçues dans les prestigieuses universités de Yale, Berkeley et Middlebury. Elle en est très fière, mais elle répète que ce sont les combats qu’elle mène qui doivent être mis en avant.

Depuis toujours, elle milite pour l’accès des filles à l’éducation et pour leur émancipation, un facteur de développement du continent africain selon elle. Comme ambassadrice de l’UNICEF et à travers sa fondation Batonga, c’est la cause principale de son engagement. Mais l’artiste est active sur d’autres fronts : lutte contre la malnutrition, protection de l’environnement, défense des droits de l’homme et de l’enfant, promotion du commerce équitable.

Le lundi 3 février dernier, Angélique Kidjo a pris la parole pendant deux heures à la Ferme du Biéreau devant un auditoire captivé. Revenant sur son parcours et les causes qui lui tiennent à cœur, elle a rapidement conquis le public avec son franc-parler et son énergie. « Je vois que l’Afrique compte des leaders et elle fait partie de ces personnes-là, confie un étudiant en philosophie. Je suis Belge, mais je suis né en Somalie et c’est ce genre de personnes qui me donne envie d’aller en Afrique et de l’aider, c’est vraiment une belle réussite. »

« J’ai grandi avec sa musique, explique une autre étudiante. Et le fait que l’UCLouvain nous donne l’occasion de la voir ici, c’est incroyable. Rien que de la voir, j’en avais les larmes aux yeux. Elle m’inspire beaucoup. C’est une grande dame et je la remercie pour tout ce qu’elle fait pour le continent. »  À la fin de la conférence, Angélique Kidjo a pris la pose pendant de longues minutes, entourée de ses admirateurs, bien consciente aussi de l’enthousiasme qu’elle suscite.

« On a besoin de plus se parler, dit-elle. On vit dans un monde où on compte sur les nouvelles technologies pour se parler. Et ce qu’on est en train de rater, c’est ce contact humain. Et je crois qu’en tant que société, il est urgent qu’on crée des espaces pour que les gens se parlent, se disent des choses. » Infatigable messagère de la diversité et de la tolérance, elle a encore insisté lundi sur l’importance de l’éducation.

« Si on veut avoir une société plus juste, qui fait qu’on puisse se dire un jour qu’on a réussi à faire que l’antisémitisme n’existe plus, que le racisme et la xénophobie n’existent plus, il est important qu’on commence dans les endroits où on éduque nos enfants. Les futurs leaders de demain sont là. Et si on garde les universités et les écoles comme des mondes cloisonnés, on va dans le mur. L’éducation, c’est justement pour que ces différences de classe et de couleur disparaissent. »

 

Danielle YESSO