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AFRIQUE : LA CEDEAO (COMMUNAUTE ECONOMIQUE DES ETATS DE L’ AFRIQUE DE L’OUEST) MILITE EN FAVEUR DUNE NOUVELLE MONNAIE UNIQUE

Djibo B. AMADOU | | Société

©Crédit photo  : DR

Depuis quelques années, l’utilisation du franc CFA a fait couler beaucoup d’encres et de salives dénonçant le caractère asymétrique de cette monnaie coloniale. La CEDEAO a finalement décidé d’adopter une monnaie unique à l’horizon de 2020.

La CEDEAO (communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) veut abandonner le franc CFA au profit d’une monnaie unique sous régionale à l’orée 2020. L’information est tombée lors de la 52ème session ordinaire de la conférence des chefs dEtat et de gouvernement qui s’est tenue à Abuja (Nigeria) le 16 décembre 2017.

Le franc CFA est né le 26 décembre 1945, jour ou la France ratifie les accords de Bretton woods et procède à sa première déclaration de parité au Fonds Monétaire Internationale (FMI), depuis lors cette monnaie est utilisée dans huit pays Ouest-Africains (Cote divoire, Mali, Niger, Burkina Faso). Après 73 ans dexistence, des voix se lèvent pour demander le retrait de cette monnaie coloniale, jugée trop ambigüe et aliénante.

Toutefois, il faut noter que cette initiative d’indépendance économique est opaque, au sein même de la CEDEAO, elle ne fait pas l’unanimité car daucuns veulent toujours utiliser le franc CFA craignant une fluctuation exponentielle de la nouvelle monnaie. De plus, Marcel de Souza, président sortant de la commission de la CEDEAO a expliqué que la monnaie ne sera pas prête avant 10 ans. Une mosaïque de déceptions qui vient ainsi briser le rêve de bon nombre dAfricains obnubilés par le projet de la monnaie unique.

Par ailleurs, il ya une forte probabilité que la future monnaie soit un facteur dunion pour les Etats Africains. Le décloisonnement de certains pays s’annonce comme le tremplin de ce futur fédéralisme monétaire. En effet, le Maroc a confirmé son adhésion, si les deux autres puissances économiques (Nigeria et Ghana) lui emboitent le pas, alors la monnaie unique aura une certaine valeur pour concurrencer les autres devises.

Pourtant, la monnaie seule ne suffit pas pour propulser l’Afrique vers le développement. La bonne gouvernance doit être le crédo de la renaissance, cela dit il faut absolument bannir le détournement des deniers publics et partager équitablement les richesses.

 

Djibo B. AMADOU