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À la découverte du Guèlèdè, une société de masque dirigée par les femmes

Irene COULIBALY | | Société

Société de masques des communautés yoruba et nago, le Guèlèdè fait partie du patrimoine culturel immatériel de l’Unesco depuis 2008. Le Guèlèdè est la seule société de masques connue et dirigée par les femmes. On trouve cette société de masques au Nigéria, au Bénin et au Togo.

Chants, poèmes, épiques et lyriques sont entre autres les composantes de cette société de masque. « Les yeux qui ont vu le Guélédé ont vu le spectacle ultime », est un adage yoruba qui témoigne de la richesse du spectacle qui accompagne cette société, intégrée à la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

Le Guèlèdè est né dans l’est du Bénin précisément dans la localité de Kétou au XVIIIe siècle. « L’origine du Guélédé se situerait lors du passage mythique de la société matriarcale à la société patriarcale et aurait pour fonction d’apaiser la colère des mères et d’honorer Iya Nla, la mère primordiale, ainsi que l’esprit des ancêtres », renseigne le journaliste et spécialiste d’art africain Lucien Houedanou. Il est considéré comme un culte aux pouvoirs mystiques des femmes, dont il faut se protéger et apaiser afin de les transformer en puissance bénéfique pour la société.

Cette pratique est observée chez les Yoruba et les nago au Nigéria, au Togo et au Bénin. Les fonctions dédiées aux femmes dans le Guèlèdè tournent autour de certains rituels secrets que seule une personne de sexe féminin peut assurer. Les hommes ont pour rôle d’accompagner seulement en tant que porteurs de masques et musiciens.

Les masques du Guèlèdè sont des représentations de figures d’animaux tel que le serpent, symbole du pouvoir et de qualités dites ‘’féminines’’ dont la patience et le sang-froid ; et l’oiseau, messager des mères.

Depuis quelques années, l’on assiste à une résurgence de la pratique du Guèlèdè au Bénin. Dans les villages, la sortie des masques se montre de plus en plus fréquente. Le Guèlèdè contribue également à l’affluence des touristes dans les pays où il est pratiqué.

 

Irène COULIBALY