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Sylvain Kouassi-Lenoir, mécène des Poussins Chocs : « j’ai dû troquer ma blouse de manager contre celle du grand frère ! »

Firmin Koto | | Musique

Mécène du groupe musical Les Poussins chocs et grand entrepreneur dans le domaine de l’agro alimentaire, Sylvain Kouassi-Lenoir se confie à 100pour100culture pour  dévoiler ses relations avec les dinosaures du zouglou Yodé et Siro et ses projets.

En évoquant le nom Sylvain Kouassi-Lenoir, on pense tout de suite au groupe Zouglou Poussin Choc dont vous avez été le premier manager et dont la voix porte encore aujourd’hui à travers YODÉ ET SIRO. Pouvez-vous égrainer quelques souvenirs plus de 20 ans après ?  

Coup de foudre pour le ZOUGLOU en 1996 au domicile de feu mon père !

Au cours des obsèques de feu ma grand-mère !

Je ne les connaissais pas, je rentrais juste de la France et je suis tombé sous le charme de ce groupe après avoir écouté une chanson en hommage à ma défunte grand-mère, elle avait d’ailleurs ébranlé toute ma famille, alors je décide de rentrer aussitôt en contact avec eux et au cours de nos échanges ils me racontent aussi leurs histoires !

Des troubadours de la musique ayant approchés plusieurs producteurs sans avoir gain de cause, je leur promis de faire tout pour leur en trouver un …Ce fut le début d’une belle aventure qui dure depuis 20 ans.

Quels sont vos rapports aujourd’hui avec Yodé et SIRO ?

Nos relations sont au beau fixe, j’ai dû troquer ma blouse de manager contre celle du grand frère ! Nous avons de très bons rapports ; pour preuve, ils me citent toujours lors de leurs interviews et je suis toujours présent dans leurs mauvais et bons moments.

Que pensez-vous de leur engagement politique et leur passage dernièrement devant la justice ivoirienne pour des faits d’outrage à l’autorité ?  

Ils sont la voix du peuple. Je suis en phase avec eux, après chacun interprète le message de Siro comme il veut.  Rectif ! Yode et siro sont des artistes engagés pour le peuple et non pour des chapelles politiques. Ils disent tout haut ce que nous pensons tout bas. J’ai une anecdote pour vous ! A l’époque le groupe Poussins Chocs était sur mon mécénat, feu mon père était un dignitaire du PDCI RDA et je veux bien vous dire que lors d’une séance de travail pour la préparation de l’album Victoire, nous nous sommes chamaillés parce qu’ils voulaient dénoncer le PDCI RDA au pouvoir sur le titre « tu sais qui je suis » qui parlait de l’injustice du gouvernement d’alors. Ils m’ont tenu tête, ils ont maintenu le titre et l’ont chanté en public ! Tout le monde s’attendait à une censure du pouvoir en place, mais rien n’y fit.

Yodé et Siro sont deux porte-voix forts, dignes et engagés auprès de la population, ils disent ce qu’ils pensent depuis que je les connais. Comme on le dit bien en ZOUGLOU Gbê est mieux que drap !

N’empêche, vous avez toujours été un entrepreneur étant dans le show-biz. Quelles sont en quelque sorte les actions qui retracent votre parcours dans ce sens ?

Vendeurs de produits vivriers à Paris étant étudiant, mécène de Poussins Chocs et manager, mécène de Aboudya, artiste peintre à ses débuts.

A croire que je suis destiné à être un créateur de stars(rire)…

Aujourd’hui je vis ma passion, la restauration, l’élevage et l’agriculture autour d’Abidjan et dans mon village Konan_Kokorekro (Toumodi).

Aujourd’hui on vous retrouve de plus en plus dans des concepts agro-alimentaires et loisirs écologique, de quoi s’agit-il exactement ?

De nos jours le mal bouffe est le quotidien de nos populations.

J’ai décidé de me lancer dans l’agro-alimentaire en combinaison, le loisir en produisant mes propres protéines (porcs, poulets fermiers, lapins, moutons, bœufs).

Élevages et cultures propres, disons mangés sainement sans apports de colorant ni produits chimiques (hormones de croissance, ni engrais chimiques).

Qu’est-ce qui vous motive dans vos entreprises ?

Le challenge, créer, voir grandir et entendre dire du bien de mon concept par d’autres personnes et voir mon fichier clientèle me donner la hargne.

Avez-vous le sentiment d’avoir été un peu gâté de par votre position familiale ? Rappelons que vous êtes le fils du Maire Kouassi Lenoir, bâtisseur de la commune de Treichville.

(Sourire)…D’aucuns pourraient penser cela !!!

Gâter ? Oui, parce que j’ai reçu beaucoup d’amour, gâté ? Oui, parce que mon père nous a éduqués dans la rigueur et le respect. Gâter ? Oui par ma mère, une grande dame autodidacte devenue l’une des plus grandes entrepreneures.

Alors vous comprendrez aisément d’où je tire mon inspiration pour me réaliser.

Seriez-vous tenté par des ambitions politiques ?

Bien évidemment pour le bien-être de nos concitoyens.

Quels sont vos défis les plus fous dans le domaine de l’entrepreneuriat ?

Être le 1er employeur 100% ivoirien dans mon domaine, ça paraît fou non ? Mais j’y arriverai avec ma foi. Never give up.

Que voulez-vous dire pour conclure cette interview ?

Mieux vaut la fin d’une chose que son commencement. Peu importe les portes qui se sont fermées devant vous, d’autres s’ouvriront ! Relevez-vous ! Allez de l’avant !

Firmin KOTO