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Stromae : « Prédisposé à péter un plomb » il manque de se suicider

Cyril Verb | | Musique

Le Lariam, un antipaludique, fait perdre la tête au chanteur belge Stromae.

Lors de sa tournée africaine en 2015, la vedette d’origine rwandaise en a subi de « graves effets secondaires ».

Transféré d’urgence pour des soins, il a même interrompu sa tournée. Depuis, ce médicament qui lui aurait donné des envies de suicide, continue d’affecter sa santé physique et mentale. Une expérience pas « formidable » que Stromae consigne dans un documentaire intitulé  »Malaria Business ».

Dans un extrait de ce film inédit qui sera diffusé le 29 novembre prochain sur les antennes de « France Ô », Stromae détaille les conséquences du Lariam sur sa santé.  Le chanteur pris entre hallucinations et confusions mentales explique avoir failli péter les plombs quelques temps après l’administration des cachets. « J’ai subi des effets secondaires du Lariam. Ça m’est arrivé en juin 2015. C’était dans le cadre de ma tournée en Afrique. J’étais stressé, j’étais épuisé. Tout prédisposé à péter un plomb, ça c’était sûr, mais l’accélérateur c’était le Lariam. Pendant les concerts, je ne m’en rendais pas compte, on n’a pas le recul. C’est de la paranoïa, c’est plein de trucs », confie l’auteur de  »Papaoutai ? ».

Une situation qui aurait pu aboutir au pire n’eut été l’intervention et le soutien de l’un des « Formidables » frères du chanteur. L’artiste qui se montre redevable à ce dernier, lance sans ambages: « S’il n’avait pas été là, je ne pense pas que je pourrais vous parler aujourd’hui ».

Et, de poursuivre dans son témoignage, « Mon frère a eu le déclic. Il s’est rendu compte qu’il y avait un truc qui n’allait pas. Et je pense que s’il n’avait pas été là, je me serais sans doute suicidé cette nuit-là. Ça, c’est sûr. Je pèse bien mes mots quand je vous dis ça. S’il n’avait pas été là, je ne pense pas que je  pourrais vous parler aujourd’hui. »

Près de trois ans après l’administration du Lariam, le chanteur n’est pas encore tiré d’affaires à en croire ses confidences.

En octobre dernier, Stromae expliquait avoir « fait une rechute il n’y a pas longtemps » et avoir dû « être hospitalisé ». Stromae confie par ailleurs  être quelques fois pris de crise d’anxiété et d’angoisse. « Je perds la boule complètement. C’est vraiment pas chouette », déplore-t-il.

Administré aux voyageurs européens en destination de l’Afrique pour prévenir le paludisme, le Lariam est interdit dans 28 pays au monde. En France où il est encore en usage, un Collectif dénommé « class action » s’apprête à être lancée afin de faire interdire le Lariam en raison de ses effets secondaires néfastes sur la santé des patients.

Le laboratoire Roche, fabricant du médoc, se défend de son côté, chiffres à l’appui. Il rappelle que « le rapport bénéfice-risque du Lariam a été réévalué en 2016 et de nouveau jugé positif par les autorités française ». Le laboratoire indique que 39.681 patients adultes ont été traités l’an passé par le Lariam.

Formidable ou pas, la santé de nombreuses vies est en jeu.

 

Cyril Verb