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Sortie d’Album ISMAEL AGANA : Le fils d’Alpha Blondy est de retour

Atse Ncho De Brignan | | Musique

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Ismaël Agana s’est fait connaître pour la première fois sur la scène musicale par son album « The Day ». Cela se passait en 1995 en Côte d’Ivoire, son pays natal.

Né le 30 décembre 1972, Agana (Koné Alpha Ismaël à l’état civil), dès son jeune âge, a baigné dans l’univers du reggae tout en recevant une éducation des plus rigoureuses dans la pure tradition africaine. Il se passionne d’abord pour la peinture, puis passe au théâtre où il joue le rôle de Jésus-Christ dans « Le Paradis infernal », une pièce de l’écrivain et dramaturge ivoirien Tiburce Koffi qui remporta le prix Gabriel Germinet de RFI en 1996.
Il s’amusera ensuite à faire quelques arrangements sur les albums en préparation de quelques copains de quartier avant de s’y mettre lui-même.

Après quelques années et un travail acharné, Agana pond trois albums en Côte d’Ivoire : The Day en 1996, Massif en 1998 et Patriote en 1999. Ces trois opus n’ayant pas eu l’effet attendu, l’artiste « s’exile » en France dans le but de peaufiner son travail musical pour véritablement prendre son envol à l’image de ses illustres prédécesseurs. Ce combat de longue haleine aboutit en 2006 avec Le prix à payer, premier album international de l’artiste qui est un cocktail de musique roots, rock, reggae, jungle, interprété en français, anglais, malinké, bété… Bref ! Du pur ROOTSTEADY, son nouveau concept, une identité à son reggae. S’il a tenu le pari de faire sortir Le prix à payer sur le plan international, le monde de l’Internet avec la piraterie en ligne n’a pas permis à cet album de 10 titres de mieux se comporter, « un petit regret » selon ses termes.
Aujourd’hui, Ismaël Agana est en studio pour la préparation de son nouvel album baptisé “Speed Ghodah” dont la sortie est prévue pour 2008. Pour l’artiste, “Speed Ghodah”, comme son nom l’indique, est d’abord un album-hommage à l’artiste disparu Tangara Speed Godah. « Tangara a été un ami, sa mort m’a beaucoup affecté. Il a été un grand artiste que la Côte d’Ivoire ait connu. Il faut lui rendre hommage ». À travers cet illustre reggaeman ivoirien, l’album célébrera le talent des artistes africains dans leurs diversités : édifier des mythes. Ainsi, des écrivains et penseurs comme Bernard Dadié, Ahmadou Kourouma, Isaïe Biton Koulibaly, Pierre Akendengué, des footballeurs : Laurent Pokou, Didier Drogba…, la jeune classe politique émergente comme Martial Ahipeau, etc. seront tous à l’honneur.

Dans ce dessein, il compte reprendre des titres de certains musiciens, car dit-il, « Je suis de nature anachronique. L’homme est une expérience à l’homme. Je déteste tout ce qui me mystifie. Il faut ramener à l’esprit qu’il ya eu des choses bien et des choses mauvaises. Les choses bien, on n’en parle pas trop. Je veux mettre des mythes africains au devant de la scène. L’Afrique en a connus en des moments clé de son histoire  ».
Artiste engagé, il prône par ailleurs une conscience africaine, car selon lui, il faut arrêter de croire que tout ce qui est de Bengue (de l’Europe, ndlr) est au top. Le véritable problème de l’Afrique, ce n’est pas le manque de savoir-faire, ni d’hommes compétents mais l’ignorance qui se cultive. On cultive un champ d’ignorants qui aboutit à l’écroulement de tout un système d’où l’effet domino. Il faut que l’Afrique noire arrivent à palier ces soucis, non pas en important des solutions mais juste en étant en totale accord avec son environnement. Le traumatisme est très profond et, nous, les rastas, sommes dans une guerre spirituelle qui est en même temps idéologique. Il nous fallait repenser le combat de nos prédécesseurs pour éradiquer le mal. Je me dois d’être sans pitié envers les idées reçus, prêt-à-penser et cette manie de vouer un culte au système fataliste. »

Quand il débute sa carrière musicale en 1995, une option dans laquelle son géniteur, Alpha Blondy, ne souhaitait pas le voir, celui-ci lui fait remarquer ceci : « Accroche-toi mon petit, les choses ne sont pas les mêmes qu’à mon époque. On te rappellera toujours que je suis ton père. Ceux qui ne le savent pas t’apprécieront à ta juste valeur. Ceux qui le savent ne pourront pas s’empêcher de te comparer à moi. Fais ce que tu dois faire, fais le bien ! ». Agana qui garde ces paroles comme un leitmotiv s’est toujours confié au Tout-Puissant qui lui sert de boussole : « J’ai toujours été croyant. Je crois en la vie. Et Dieu, c’est la vie. Chacun a son canevas dans lequel il confesse. Mon canevas à moi, c’est la vie ».

Ainsi, le fils de l’Homme n’arrête pas de travailler. À cela, il attend le jour de son jour : « Je dirai qu’à toute personne vienne son heure. À l’artisan d’attendre son heure. Il ne faut jamais arrêter de travailler. Tout n’est que mission. Dans cette course de spermatozoïdes, il n’y a qu’un ou deux qui vont atteindre l’ovule. À des pôles il y a des gens qui regardent ma manière de vivre, de faire. Tout n’est que mission. Ma mission, je m’en remets au grand Architecte. Je ne suis qu’un boulon dans sa construction. Il saura où me placer pour mener ma mission. Si je dois accomplir une tâche, je dois bien la faire et ne pas le regretter avant de m’en aller ». Pour affronter l’avenir, une seule chose est sûre pour le fils de l’Homme qui rend hommage aux « fils de Jah » : ce qui ne nous a pas tués nous rendra forts, croit-il.