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Ramses De Kimon en Jamaïque : Le retour du Pharaon

Marc Gballou | | Musique

Pour son retour sur la scène internationale, Ramses De Kimon qu’on appelle aussi en Afrique le Pharaon du reggae pour son concept original qui le distingue des autres artistes de sa génération, a choisi la Jamaïque. Le symbole du Rastafarisme et le parcours des artistes issus de cette partie du monde fait de ce pays un lieu de pèlerinage culturel à visiter pour comprendre les enjeux du reggae dans la bataille des idées. Après plus de 20 ans d’absence, se relancer à partir de la Jamaïque, dans la course des acteurs africains de la musique reggae se justifie-t-il ? C’est un choix qui fait déjà beaucoup de bruit dans la diaspora et sur les réseaux sociaux. Le pharaon est de retour.
La fin de cette année annonce donc un grand programme de communication pour l’équipe des structures Rok, basée aux USA et Cegaci en France qui travaillent depuis plusieurs années sur les grandes lignes de lancement de la machine de l’ex- lead vocal de l’OUA , l’orchestre de l’université d’Abidjan et que le peuple africain réclamait en vain. Il est enfin prêt et pour rassurer ses fans, c’est là où le reggae est né et a acquis ses lettres de noblesse que l’artiste a choisi de commencer. Dans ce petit pays qui contrôle le reggae sur le plan mondial, Peter Tosh, Jimmy Cliff, Burning Spear et les autres sont des noms gravés dans l’histoire de la musique. Bob Marley qui continu de vendre des disques, même après sa mort est à plus 30 millions d’albums écoulés. Avec un message qui transcende les frontières sociales et culturelles. La délégation ivoirienne est arrivée en Jamaïque en milieu de semaine pour quelques jours de prise de contact.
Kingston l’a accueilli à bras ouverts et les rastas qui sont toujours émerveillés de voir revenir un fils d’Afrique lui déroulent le tapis rouge. Accompagné de Diom Bill, son manager aux États-Unis et avec l’appui du Jamaïcain Jah Mike, incontournable dans le milieu du showbiz international, pour ces nombreux contacts et son influence sur les artistes jamaïcains et nos ambassadeurs africains du reggae ; ils ont pu visiter le musée de feu Bob Marley et rencontrer ses plus fidèles collaborateurs au studio Tuff Gong. Georgie qui fut le cuisinier de la famille, aujourd’hui âgé de plus 70 ans et toujours dans cette maison qu’habitait le roi du reggae à pu satisfaire les curiosités de ses hôtes et donner les clés du temple à Ramses De Kimon. Dans son séjour en Jamaïque qui prévoit des rencontres professionnelles, les premières nouvelles sont bonnes. Des artistes tels que Sizzla , Toots and the métal, ou encore Tarrus Riley actuellement en pleine progression, acceptent de travailler avec le Pharaon de la lagune Ébrié.

Son dernier album « le Peuple » dont la promotion s’amorce désormais tourne déjà en boucle dans les stations de radio de Kingston et le concept du reggae africain rebaptisé « reggae pharaon » reprend des forces et aura bientôt un leader du côté des États-Unis où il s’est établi. En Europe, les tourneurs s’activent pour boucler une tournée européenne avant l’été 2013.
Son message qu’il distille à chaque intervention dans les médias reste le même. Pour Ramses De Kimon, « Finalement, c’est le peuple qui a le pouvoir et il faut que l’Afrique et les Africains acceptent d’avancer dans l’histoire malgré les pressions de l’occident ». Un discours de rassemblement dont les mélomanes de la diaspora ont besoin par ces temps de désastres socio-politiques qui affligent plusieurs générations. Pourvu que ce retour redonne de la confiance aux artistes qui restent partagés entre découragement et instinct de survie. L’Afrique attend toujours le retour de ses fils d’où qu’ils viennent et quel que soit le temps d’absence. Espérons que Ramses De Kimon saura jouer sa partition à juste titre.