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Piratage musical: l’Afrique de l’Est s’engage en bloc contre le phénomène

Cyril Verb | | Musique

La lutte contre le piratage passe par des lois claires, rigoureuses et une solidarité dans leur application. Voici la logique dans laquelle s’inscrivent les membres de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE). Ils ont décidé d’harmoniser leur législation dans la lutte contre ce phénomène nocif pour l’art et les artistes de la zone.

Ce processus de fédération des forces est déjà enclenché. Les États-parties de cette initiative ont  élaboré chacun des projets de lois pour être soumis à l’Assemblée législative de l’Afrique de l’Est en vue de leur adoption. La batterie de textes viendra ainsi combattre le mal à la racine.  Les causes sont connues.

La  mobilité des personnes dans la sous-région favorise les échanges culturels, partant musicaux et illégaux. Des œuvres discographiques contrefaites passent facilement d’un pays à un autre, à cause de la faiblesse d’un cadre législatif. L’absence de régulation des nouvelles technologies de la communication est également mise en cause.

Aux dires des initiateurs, le cadre juridique transnationale sera un rempart contre ces problèmes. Il réduira le niveau du piratage en apportant par ricochet une amélioration dans la qualité de travail et de vie des professionnels de la musique fortement lésés par la piraterie.

« L’objectif est de mettre en place des législations uniformes pour guider la coopération dans la lutte contre la piraterie mondiale qui étouffe ce secteur », précise Ezekiel Mutua, directeur général du Bureau kenyan des films et classifications (KFCB).

Outre le Kenya, la CAE est constituée de l’Ouganda, du Burundi, du Soudan du Sud, de la Tanzanie et du Rwanda.

L’Afrique de l’ouest pourrait être concernée par ce genre d’initiatives. Les marchés nigérian et ivoirien, poids lourds de l’industrie musicale et cinématographique sur le continent, sont fortement gangrénés par le phénomène du piratage. Les artistes pleurent encore leur précarité, peinent à vivre de leur art, alors que les syndicats du crime surfent sur des fortunes au rythme de leur musique.

 

Cyril Verb