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Oumou Sangaré, la diva du Wassoulou, célèbre ses 30 ans de carrière musicale

Jean Paul Tra Bi | | Musique

Née en février 1968 à Bamako, Oumou Sangaré est sans doute la chanteuse malienne la plus connue à l’international. Après son concert à l’Hôtel Sheraton en fin novembre, elle a offert le samedi 29 décembre à la Tour de l’Afrique à Bamako, un concert gratuit à l’occasion de la célébration de ses 30 ans de carrière musicale.

Auteure de 10 albums, aux accents funk ou rock, qui ne renient rien de la tradition, Oumou entend à travers ce concert, montrer toute sa reconnaissance au peuple Malien qui la soutient depuis des années.  « C’est une occasion pour moi de remercier mon pays le Mali, qui m’a bien éduquée et qui m’a permise de sillonner le monde. J’ai toujours dit que ce sont les Maliens qui ont fait de moi ce que je suis aujourd’hui. C’est ici que j’ai eu confiance en moi avant d’aller exprimer mon talent ailleurs », a-t-elle expliqué face aux médias maliens.

Elle est issue d’une famille originaire du Wassoulou, une région boisée au sud-est de Bamako, où la tradition reflète     des chants de chasseurs. Ainsi, à travers ses chansons, le timbre ample et vibrant, Oumou Sangaré dit ses convictions. Elle est beaucoup attachée à l’identité culturelle de son pays car elle croit plus aux valeurs traditionnelles tout en dénonçant les menaces faites aux femmes.

Une diva est née !

Déjà à cinq ans, Oumou Sangaré commence à guérir sa voix à travers les mélodies de la tradition du wassoulou. Son premier concert en public fut un concours organisé entre différentes écoles maternelles. Ce jour-là, elle a chanté devant 3000 personnes sans avoir d’un si grand public à la salle de spectacle du stade omnisports.

Elle chante en wassoulou n’ke, une variante du bambara, ses thèmes de prédilection tels la polygamie, le respect de la forêt, et bien d’autres thèmes intéressants. Elle défend ainsi la tradition mais, à l’instar de ses aînées, Nahawa Doumbia ou Coumba Sidibé, elle s’insurge contre la polygamie, les mariages arrangés et l’exploitation des femmes.

Sa renommée dans le monde entier reste et demeure incontestable car en plus de sa carrière musicale, c’est une femme qui développe de grosses affaires. Elle est fidèle à son rôle de porte-voix et ne manque jamais l’occasion de prendre la parole pour évoquer la situation qui prévaut alors au Mali, que ce soit lorsqu’elle est invitée au Ghana par la Fondation Koffi Annan, ancien secrétaire général de l’ONU.

Rappelons que la diva du Wassoulou, Oumou Sangaré enregistre son tout premier album en 1988. 30 ans se sont donc écoulés. Elle Chante les maux qui minent nos sociétés traditionnelles (le mariage forcé, l’excision…), ses thématiques et s’inscrit dans un engagement pour le bien-être de la femme.

 

Jean Paul TRA BI