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Le chant du GNON SÔH

Max Moillet | | Musique

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Il est de nombreux mystères en côte d’ivoire et partout en Afrique, qui méritent d’être connus.
Dans l’ouest de la côte d’ivoire, il existe une rivière particulière appelée le « GNON SÔH ».
Réputée pour abriter un génie guérisseur de stérilité, toutes les femmes de la région du sud BANDAMA vont s’assoir au bord de cette rivière très tôt le matin pour s’adresser au génie avec des pleurs et des larmes de supplication.

Ainsi, comme à son habitude, dame ZOUZOUKO, qui était à la risée de toutes les autres femmes du village, alla s’assoir un matin au bord de la rivière et se mit à implorer le génie de l’aider à avoir un enfant. Pendant qu’ qu’elle s’était perdue dan ses longues réflexions, elle vit une belle carpe rouge faire un bond, hors de l’eau. Aussitôt, elle se dit : « Si ma fille pouvait être autant belle que cette carpe ».Tout d’un coup, l’eau commença à s’agiter .Un grand tourbillon laissa choir une grande lumière .Le génie de la rivière du GNON SÔH fit son apparition .Et il dit ceci : « Femme, j’ai entendu tes pleurs et je vais exaucer ton vœu. Mais n’oublie pas, personne ne devra appeler ta fille ’’ZIGBI ‘’ qui signifie poisson, sinon elle retournera à la rivière. Elle vivra aussi longtemps que le secret restera caché »Aussitôt dit aussitôt fait ; une superbe jeune fille de 15 ans sortit de l’eau .Elle était tellement belle, que sa beauté traversait toutes les contrées .En pays bété (ethnie de l’ouest de la côte d’ivoire) tout le monde voulait en être, ou le père, ou la mère car elle était la plus belle du pays.

Aussi, au moment où le génie parlait à dame ZOUZOUKO, SIELO le perroquet, contre tout attente, caché dans l’arbre avait tout entendu .il vint dire à dame ZOUZOUKO à travers un chant : « tu sais que je sais, ce que tu sais et que personne ne dois savoir ? Comme je sais, et que tu sais que nul ne doit le savoir, mon silence est l’équivalent de trois repas par jour. »

Ne voulant prendre aucun risque dame zouzouko accepta le marché .Pendant six années, SIELO était nourrit comme ZIGBI. Jusqu’au jour où, exaspérée par les menaces de SIELO de révéler son nom, ZIGBI refusa de partager sa seule banane avec SIELO.

Celui –ci dans l’euphorie prononça le fameux nom « ZIGBI ».
Aussitôt, la plus splendide des filles du village, commença à sentir sa peau se dilater .Courant vers la rivière, elle se mit à pleurer en ces termes :
«  GNIHAN, GNIHAN OOOOO
SIELO le traitre, nous a tué
SIELO le traitre a prononcé le nom qu’il ne fallait pas dire
SIELO le perroquet, m’a tué
GNIHAN je retourne à la rivière
Il a prononcé le nom qu’il ne fallait pas dire
ADIEU GNIHAN
ADIEU GNIHAN.»

Dame ZOUKOUKO, demeure aujourd’hui encore inconsolable .Cependant la rivière du GNON SÔH, ne tarit pas d’éloges, s’agissant des nombreux cas d’enfants que cette rivière a engendré.

Cette rivière, comme le mur des lamentations abrite de nombreux pleurs, de milliers de femmes qui souhaitent avoir des enfants .Et chaque année le génie apparait à celle qu’il veut quand il veut.

L’on raconte que même en se lavant avec cette rivière l’on résout des problèmes de stérilité .Est-ce vrai ou faux ? Une chose est sûre la rivière du GNON SÔH est un lieu de pèlerinage pour les femmes stériles.