Suivez Nous

Jean Pierre Kouakou, (Lead Vocal du groupe Domination): ” L’ Ahoko est un intrument qui fédère plusieurs rythmes “

Raymond Alex Loukou | | Musique

-
Valoriser ” l’ Ahoko ” est le souci majeur de l’ artiste Jean-Pierre Kouakou. Au sein du groupe Domination, il ne manque d’ occasion pour parler de cet instrument qui selon lui rassemble plusieurs rythmes musicaux. Dans l’ entretien qu’il nous accordé, il nous fait partager sa passion pour la musique en général et pour ” l’Ahoko ” en particulier. Découvrons donc cet instrument…

Vous êtes le Père-Fondateur du groupe DOMINATION, Pouvez-vous vous présenter à nos internautes ?.
Jean Pierre Kouakou KONAN: Je m’appelle Jean Pierre Kouakou KONAN, Assistant Conservateur en Documentation et Secrétaire Principal Adjoint à l’UFR de Mathématiques et Informatique de l’Université de Cocody.

Comment vous est-il venu l’idée de créer un groupe musical ?
J’ ai appartenu à un groupe de Gospel « Jubilee Singers » qui était basé au Centre National des Œuvres Universitaires (CNOU). Ensuite, le Spiritual Healers, bref. Ces groupes essentiellement pour étudiants se sont très vite disloqués. Moi, je voudrais faire de la musique. Il me fallait un groupe, alors j’en ai créé pour valoriser la culture ivoirienne. J’ ai crée de groupe en 2003 et j’ en suis le directeur artistique. C’est un ensemble qui compte quatre chanteurs tous ivoiriens dont moi même, Membey Romaric, Dongo Jonas, Kouassi N. Nathalie.

Pourquoi êtes-vous attaché fondamentalement l’Ahoko au point d’en faire un instrument de recherche ?
Cela remonte aux années 80. Je me suis inspiré de la sortie de l’instrument sur scène par Antoinette KONAN.

Pour moi, il fallait jouer de cet instrument à plusieurs sur des rythmes et musiques différents. J’ai donc entrepris de faire une recherche en partant de l’histoire de l’Ahoko, son apparition sur scène pour l’orienter vers une polyphonie, afin d’en faire un instrument universel, donc adaptable à d’autres formes de musiques d’ici et d’ailleurs. Le groupe DOMINATION, vient de réussir son pari, en modernisant le son, le rythme et l’utilisation de l’Ahoko tel que sur le Boloye, l’Abodan, le Fatchué, l’Akpo’ngbo, la Salsa, le RnB, la Rumba, le Zouk, la Pop, le Raggae.

Vous semblez assimiler l’Ahoko aux autres instruments comme le Piano, le balafon, la guitare ?
Oui ! Aujourd’hui, l’Ahoko est devenu non seulement un élément important d’unité nationale et de rapprochement des populations dans la mesure où le son de cet instrument ne s’identifie plus seulement à un rythme Baoulé uniquement, mais aussi et surtout un instrument international. Chaque peuple Ivoirien ou non, peut le jouer sur la musique de son choix, c’est d’ailleurs ce qui donne un sens à la promotion que nous en faisons.

Vous jouez tous de l’Ahoko dans le groupe ?
Tous les membres du groupe DOMINATION jouent ensemble l’Ahoko sur scène de façon polyphonique, et vous rêvez à une symphonie, à un « concerto pour Ahoko ».

Vous dites que l’Ahoko est un mythe ; qu’entendez-vous par là ?
L’Ahoko est pour nous un mythe ; un instrument jadis réservé aux femmes qui le jouaient pour attirer les hommes. Il exprime la beauté, la finesse chez la femme. L’Ahoko est chargé de symboles parce qu’il désigne la fécondité et chacun des éléments qui le constitue se caractérise par le Père, la Mère, le Fils ; il est aussi un élément d’union de paix d’amour et de réconciliation parce qu’il nous fait penser au chiffre trois, constituant de base de la matière ; il fait penser aux trépieds, symbole de la stabilité ; il nous révèle un aspect hautement spirituel, image de la Trinité ; Bref…

Pouvez-vous nous dire représente pour vous cet instrument rempli de symbole ?
C’est un instrument intéressant pour faire du sport. La pratique de l’Ahoko permet raffermir les seins, de développer biceps et triceps, les muscles du thorax, du cou, les muscles lombaires etc.

Aussi simple que cet instrument puisse paraitre, l’Ahoko se positionne comme référence pour les musiciens qui ont un plus, pour varier la percussion musicale dans leur compositions. C’est une nouvelle porte de recherche pour les musicologues qui peuvent s’en inspirer. C’est une autre vision en matière d’enseignement pour les professeurs de musique. Je considère l’Ahoko comme une « matière première culturelle » pour la Côte d’Ivoire qui doit être vendue non seulement en tant qu’instrument, mais aussi en tant que musique.

Votre groupe vient d’enregistrer un Album qui illustre vos propos sur les nouvelles orientations que vous donnez à l’Ahoko.
Le groupe DOMINATION vient d’enregistrer un album qui met en valeur l’instrument en illustrant tout ce que nous disons et qui constitue l’objet de cette recherche avec des titres comme Ahoko Show, Africa, Yé sou Gnamein etc.