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« Indépendance cha cha » : Les deux derniers musiciens encore en vie crient leur détresse

Irene COULIBALY | | Musique

Armando Brazzos, dit “Vieux Brazzos”, 86 ans, ancien bassiste du groupe African Jazz, chez lui à Kinshasa,  le 27 juin 2019. AFP/ALEXIS HUGUET, Alexis HUGUET

Les musiciens de la chanson culte d’Afrique de l’après 1960, « indépendance cha cha », se trouvent dans une grande détresse.

1960-2019, voilà maintenant 59 ans que cette chanson devenue l’hymne des africain à l’aube des indépendances a été composée. Cette chanson qui est l’œuvre monument de l’histoire musicale africain de Joseph Kabasele alias Grand Kallé, du groupe « african jazz » mort en 1983 a traversé bien des générations tout en gardant sa chaleur et sa place dans les cœurs. Mais aujourd’hui, les deux derniers musiciens encore en vie du groupe, affaiblis par les années et le dénuement, interpellent le président de la République congolaise pour demander la “reconnaissance”.

African jazz dans les débuts de l’année 1960 était le groupe le plus sollicité pour accompagner la délégation congolaise dans leurs différentes missions alors qu’elle négociait l’indépendance du pays à la Belgique ; sa puissance coloniale. Cette chanson selon pierre Yantula, l’un des derniers survivant du groupe, a stimulé les colons à octroyer l’indépendance au Congo ; elle a été composée avec des parole de prophétie.

Amputé du pied gauche après un accident dès 1963, Pierre Yantula, alias “Petit Pierre” est le seul survivant du groupe ayant encore bonne mine malgré les difficultés auxquelles il peut être confronté. Sans doute pour s’être reconverti en un fonctionnaire d’Etat. Mais malheureusement, l’ancien bassiste du groupe, Armando Brazzos ne peut dire autant.

Malade, muet et épuisé, celui-ci semble absent de tout ce qui se passe dans son environnement. Le manque de reconnaissance du pays ne semble pas arranger les choses. Les lettres envoyées par le bassiste qui a aujourd’hui 86 ans à l’actuel président Félix Tshiseked, n’a pas encore eu de suite favorable. Ceux-ci patientent toujours dans l’espoir d’avoir des « droits voisins » sur l’œuvre composé par Kallé et qu’ils ont ensemble joué à plusieurs reprises à la table ronde.

Une reconnaissance qui serait vraiment salutaire pour les musiciens encore en vie de cette chanson culte qui chaque fois qu’elle résonne dégage assez d’émotions.

 

Irène COULIBALY