Suivez Nous

Le groupe musical de renom libanais « Mashrou’Leila», accusé d’atteinte aux valeurs religieuses chrétiennes

Arsene DOUBLE | | Musique

Célèbre groupe musical libanais, « Mashrou’Leila», devant se produire le 9 août prochain dans son pays le Liban, est accusé de porter préjudice aux croyances religieuses chrétiennes. Des prêtres et activistes proches de la religion chrétienne exigent l’annulation de son concert et le retrait de l’une de ses chansons « Djinn », jugée blasphématoire. Soutenu par Human Rights Watch, le groupe s’est néanmoins défendu de toute atteinte aux croyances religieuses.

Comme la question identitaire, les valeurs religieuses demeurent des sujets très sensibles. Pour la défense de ses valeurs, les êtres humains se muent parfois en des fanatiques et extrémistes dans notre société. Ainsi, la publication d’une photo sur Facebook, par le musicien libanais Hamed Sinno, montrant une icône de la Vierge Marie dont le visage a été remplacé par la chanteuse américaine Madonna, a suscité l’indignation des religieux catholiques libanais et des activistes se présentant comme des défenseurs des valeurs chrétiennes.

 

Le concert du 9 août menacé

Le concert du groupe musicien prévu le 9 août au prestigieux Festival International de Byblos se trouve menacé. Pointant du doigt la chanson « Djinn », l’évêché maronite de la ville de Jbeil, où le groupe devrait se produire a exigé l’annulation du concert. Le président du Centre catholique d’information, le père Abdo Abou el-Kassem, a reproché à « Mashrou’ Leila » d’encourager l’homosexualité, en allusion au chanteur Hamed Sinno, qui affiche ses orientations sexuelles.

Des activistes se présentant comme des défenseurs des valeurs chrétiennes ont, par ailleurs, affirmé qu’ils interdiraient de force, s’il le faut, le concert du 9 août.

 

La défense de « Mashrou’ Leila »

Le groupe s’est defendu de toute atteinte aux croyances religieuses, rappelant que ses chansons, y compris celle qui est pointée du doigt, ont déjà été chantées dans des festivals internationaux ainsi qu’au Liban, et ont regretté que certaines paroles ont été « sorties de leur contexte ».

L’association Human Rights Watch a pour sa part regretté que le Liban rejoigne l’Arabie saoudite, l’Égypte et la Jordanie dans la censure d’un groupe musical. L’ONG a appelé le gouvernement libanais à faire en sorte que Mashrou’ Leila puisse se produire en toute sécurité. « Le Liban devrait décider ce qu’il voudrait être: un pays qui contrôle et dicte le discours public ou un lieu de tolérance et un centre pour l’art, la musique et la culture », souligne un communiqué de l’organisation.

Des partis et des personnalités politiques ont exprimé leur solidarité avec Mashrou’ Leila , appelant à la défense des libertés publiques.

 

Arsène DOUBLE