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Djonya : l’hymne contre l’esclavage de la Malienne Fatou Diawara

Cyril Verb | | Musique

En Afrique,  les combattants sont toujours accompagnés par des chansons lors des batailles. Guerrières ou galvanisantes, elles soutiennent les efforts quotidiens des uns, saluent le courage des valeureux soldats lors des combats.

La musique est en avant-garde des batailles. C’est cette position que la chanteuse Fatou Diawara veut donner à la musique dans la lutte contre l’esclavage en Libye. Dans une chanson explicitement critique à l’endroit des esclavagistes, elle dénonce une folie.

« Tu t’en prends à nous atrocement. Penses-tu être supérieur à nous », interroge Fatou à l’endroit de ceux  qui contraignent leurs semblables à cette ignominie, l’esclavage.   La chanteuse ne se dissocie pas du phénomène. Elle sent concernée. « Nous ne sommes pas vos esclaves », s’ecrie-t-elle dans  « Djonya ».

Deux enfants plantent le décor en début du clip: grosses chaînes de Kunta Kité au cou, aux poignets. Des esclaves. Une image choc pour évoquer l’impact de ce fléau sur l’avenir de l’Afrique, la jeunesse.

La chanteuse et les figurants du clip miment des esclaves. Via les images en blanc et noir, on aperçoit des marques de sang, des blessures sur les  corps.

L’objectif est clair: mettre en lumière les souffrances et atrocités vécues par les migrants d’Afrique Subsaharienne vendus et réduits en esclavage dans ce qu’il convient d’appeler dorénavant l’enfer libyen.

Devant cette situation, Fatou Diawara convoque l’engagement de tous.

« Il est grand temps que tout cela change ». Car « Nous sommes tous et toutes des êtres humains faits de chair et de sang. Si chaque individu est unique, tous les individus sont semblables. Vivre dans la diversité est une richesse insoupçonnable », martèle la conteuse Malienne.

Depuis quelques mois, Fatou Diawara mène la lutte contre les conditions   « inhumaines » des  migrants noirs. Soutenue par d’autres artistes dont MC Solaar ou Angeline Kidjo, elle s’est investie dans une campagne de sensibilisation dans ce sens. En action, en chanson, en images, avec des langages universelles. Pour cette femme engagée tous les combats doivent être menés « au maximum comme si demain n’existait pas ».

 

Cyril Verb