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Décès de Mory Kanté, chanteur guinéen et auteur du tube « yéké yéké »

Irene COULIBALY | | Musique

Instruments traditionnels, rythmes synthétiques, les compositions de Mory Kanté surnommé ‘’le griot électrique’’ ont été marquées par ces deux mélanges. L’artiste guinéen est décédé hier vendredi l’âge de 70 ans après avoir acquis une notoriété mondiale dans les années 1980 avec notamment son tube « yéké yéké ».

Son décès est survenu des suites d’une longue maladie à 70 ans. Il s’est éteint « vers 9h45 ce matin à l’hôpital sino-guinéen » de Conakry, a annoncé Balla Kanté, le fils de l’artiste. « Il souffrait de maladies chroniques et voyageait souvent en France pour des soins, mais avec le coronavirus, ce n’était plus possible. On a vu son état se dégrader rapidement, mais j’étais surpris quand même car il avait déjà traversé des moments bien pires », a-t-il ajouté.

‘’le griot électrique’’ comme on l’appelait du fait de ses compositions mêlant chant, instruments traditionnels et atmosphère pop, a contribué à populariser la musique africaine et guinéenne à travers le monde. Son tube planétaire « yéké yéké » sorti en 1988, et vendu à plus de 5 millions d’exemplaires en est bien la preuve. L’année d’après, il a reçu la Victoire de la musique du meilleur album francophone.

Mory Kanté a débuté sa carrière dans les années 70 à Bamako, pays d’origine de sa mère dans plusieurs orchestres avant d’intégrer le Rail Band de Bamako, où Salif Kéita était le chanteur. Après une décennie, il part pour Abidjan (Côte d’Ivoire) où sa musique (kora, djembé, bolon, rythmes occidentaux) rencontre un vrai succès. Il part alors s’installer en France et en 1987, la musique de Mory Kanté fait un réel boom avec son album Akwaka Beach, à travers le monde. Sa carrière a été marquée par des concerts géants partout dans le monde avec ses 12 projets musicaux.

Ambassadeur de bonne volonté de l’organisation des Nations-unies pour l’alimentation (FAO), Mory Kanté a chanté dans le cadre de la lutte contre la fièvre Ebola qui avait durement frappé son pays entre 2013 et 2016. La guinée et toute l’Afrique pleure aujourd’hui le décès de l’un de ses dignes ambassadeurs de la culture. « Il laisse un héritage immense pour la culture, trop vaste pour qu’on puisse tout citer », estime son fils.

« La culture africaine est en deuil. Mes condoléances les plus attristées. Merci l’artiste. Un parcours exceptionnel. Exemplaire. Une fierté », a tweeté la président guinéen Alpha Condé pour exprimer sa tristesse.

 

Irène COULIBALY