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Burida: L’Age capote, les causes et les enjeux

Remi Coulibaly | | Musique

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L’Assemblée générale extraordinaire (Age) du Bureau ivoirien du droit d’auteur (Burida) convoquée et tenue, samedi, 27 janvier denier à la salle Niangoran Porquet du Palais de la Culture d’Abidjan n’a pu connaître une issue heureuse.

Et pour cause d’interminables préalables opposés par des sociétaires délégués avant l’entrée dans le vif du sujet, ainsi que les débats houleux qui ont suivi les rapports moraux et financiers devant précéder l’élection des quatre postes d’administrateurs vacants depuis la fin de la crise post-électorale, ont fait traîner la réunion jusque tard dans la nuit (Plus de22h, Ndlr). Toutes choses qui font penser que la tutelle, le ministère de la Culture et de la Francophonie, ne serait pas loin, conformément à l’article 67 du décret de 2088 portant réforme du Burida, d’installer une administration provisoire.

A preuve, à l’ouverture de l’Age, le directeur de cabinet du ministre Maurice Bandaman, Dembélé Fausséni, a situé les administrateurs et les sociétaires sur l’enjeu de cette réunion et l’intérêt pour eux de ne pas perdurer dans des dysfonctionnements qui pourraient pousser la puissance publique «à prendre des mesures draconiennes à l’instar de ce que l’Etat a fait pour la filière café-cacao, mamelle de l’économie nationale et dans le secteur éducation/formation en fermant les universités». Ce qui aurait pu se faire, rappelle-t-il, d’autant plus que cela avait été demandé par le gouvernement au ministre. Mais, «en homme de culture et soucieux de la liberté des créateurs, il a pris des mesures à minima», en mettant le Conseil d’administration en congé et en nommant une directrice générale par intérim.

Le nœud gordien
En attendant que les administrateurs et les délégués ne revoient leurs copies, au cours d’une autre Age éventuelle dans 15 jours, l’assemblée a buté sur l’interprétation de l’article 13 portant réforme du Burida relatif à la qualité de l’instance habilitée à convoquer l’Age. Certains délégués se disant ne pas avoir été informés de la fin de mise en congé du Conseil d’administration par un arrêté ministériel rapportant cette mesure. Mieux, d’autres arguent qu’ayant démissionné avant la mise en congé par le ministre, le Pca Abo Fodjo, n’avait plus qualité pour convoquer l’Age.
Quant au Pca, après avoir effectué un rappel des faits qui ont fait que conformément aux textes, aucune assemblée annuelle n’ait pu se tenir tout au long de leur mandat, mettant principalement à l’index la situation sociopolitique du pays, il évoque, cependant le silence des textes sur certains aspects dans le fonctionnement des organes du Burida.

Fin de mandat dans trois mois
Toutefois, il avoue que l’organisation de cette Age, avant la fin du mandat de trois ans des administrateurs, est une opportunité pour marquer la transition avant le renouvellement des organes du Burida. Les postes vacants qui étaient à pourvoir sont ceux de deux auteurs-compositeurs, un dramaturge et un publicitaire. L’administrateur Glazaï Kevin étant rentré d’exil et présent à l’Age, son poste n’était plus à pourvoir.

S’il est vrai que le bilan moral lu par l’administrateur Jacques Delly n’a pas suscité trop de commentaires contradictoires, surtout qu’il a mis en amont la solidarité de corps, le bilan financier lu par Mme le directeur général, Irène Viera, a fait l’objet de débats. Quant certains évoquent un vice de procédure du fait que le Dg ne fait pas partie du Conseil encore moins de l’Assemblée, d’autres estiment que la durée d’un intérim de six mois n’est pas légal.

Au regard de ce qui précède, bien d’observateurs voient le mandat de Dg de Mme Viera se muer, sous peu, en celui d’administrateur provisoire pour gérer la future assemblée générale ordinaire élective dans un trimestre.