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BILLY BILLY (Chanteur ivoirien de Rap): “Wassakara, Didier Drogba, les hommes politiques et moi”

Atse Ncho De Brignan | | Musique

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Depuis la sortie, en 2007, de son premier opus Allons à Wassakara, le rappeur Billy Billy s’est taillé une notoriété. Il compte désormais dans le milieu du hip-hop ivoirien, notamment le rap abidjanais, parmi les meilleurs du moment et se présente comme l’un des porte-flambeaux de ce mouvement, à l’image des Garba50 et Nash. De passage à Paris pour une série de spectacles en vue de la présentation de son nouvel album Réunion 2 famille, 100%Culture l’a rencontré en compagnie de son producteur, Jean-Marc Guirandou, DG de la structure Coast to Coast.
Dans cet entretien, c’est un Billy Billy très serein qui nous parle de Wassakara (un quartier populaire de la commune de Yopougon, l’un des plus grands faubourgs d’Abidjan, qui est en même temps son lieu d’inspiration et d’expression), de ses rapports avec les hommes politiques, du footballeur Didier Drogba et surtout son invite à la jeunesse africaine à plus d’ambition et d’espoir.

Bonjour Billy Billy! Quelles sont les nouvelles de Wassakara?
Ce sont les nouvelles du pays. Le pays va tant bien que mal. C’est dur mais on fait avec.

On te voit un peu calme, est-ce le vrai Billy Billy ou un semblant ? C’est le bingué (l’Europe, Ndlr) qui te change ou quoi?
Non, Il ne faut pas confondre le calme et la sérénité. Je suis serein et ça ne veut pas dire que je suis calme. Voilà! C’est un entretien sérieux, donc je prends mon air sérieux. La sérénité ce n’est pas le calme.

Peux-tu présenter Wassakara aux gens de l’Europe?
Wassakara, géographiquement, c’est un sous-quartier de Yopougon qui est lui une commune d’Abidjan. C’est un secteur précaire, peuplé où se trouve une bonne partie de la population : le bas peuple. Ce sont les réalités de Wassakara que je chante. Mais c’est aussi l’Afrique en miniature parce que les réalités que je chante concernent tous les ghettos d’Afrique.

On a l’impression que tous les rappeurs viennent de Yopougon…
Non, pourquoi ? Chacun a son quartier. Mais comme les rappeurs généralement viennent de famille pas forcement aisée, comme il y a des familles pas aisées à Yopougon, c’est pourquoi on pense que les rappeurs viennent de Yopougon, d’Abobo c’est-à-dire les quartiers peuplés où il n’y a pas trop de sous.

Ce qui les caractérise, c’est la pauvreté?
Oui, il y a la pauvreté, la cherté de la vie, la précarité des routes, le manque d’infrastructures. Wassakara, c’est là que je suis ; c’est tout juste une image. Au delà de Wassakara, c’est Abidjan ; c’est toute l’Afrique de l’ouest.

On va rebondir sur le côté rebelle de Billy Billy, avec la parole. Est-ce que ça te convient?
Chaque bouche a son français, chaque français a sa bouche. Donc si toi tu penses que je suis un rebelle, c’est toi qui vois et ça n’engage que toi. Je ne me traite pas comme un rebelle. Je dis ce que je pense et je pense ce que je dis. Ça se limite à là. Maintenant, il y en a qui me traite de rebelle, révolutionnaire ou révolté. Le dictionnaire a plusieurs mots, donc chacun choisit.

Cela s’inscrit dans la polémique qui a suivi la remise des prix Hauts de gamme où les gens ont découvert ta fougue, ton franc parler?
Je comprends que les gens n’aient pas compris parce qu’ils ne sont pas habitués à ça. Vous savez en Afrique, les gens n’aiment pas la vérité. Quand tu dis la vérité, on trouve que c’est de l’impolitesse. Les gens aiment qu’on les caresse dans le sens du poil et ce n’est pas tout le monde qui le fait. Quand ils ont affaire à quelqu’un qui n’a pas sa langue dans sa poche, automatiquement on trouve que c’est de l’insolence, de la trivialité. En tout cas chacun trouve les termes qu’il veut. Ce qui a un peu déphasé les gens parce qu’ils m’ont plus vu en artiste humoriste, un comédien qui vient pour amuser le pays. Les gens n’ont pas vraiment écouté l’album. Ils se sont limités à Wassakara. Mais là ils ont vu qu’au-delà de l’amusement, il y a l’éveil de conscience que je recherche. Donc ils ont été déphasés. Après ils ont compris puisqu’ils m’ont remis les prix vers la fin. Aujourd’hui mon deuxième album est sorti et il se vend. Je ne dirai pas comme des petits pains mais comme des « wonmi » (espèces de beignets de mil très prisés en Côte d’Ivoire en période de ramadan, Ndlr).

Tu as des textes qui sont engagés comme dans « Réunion 2 famille » où tu tires à boulet sur les politiciens en Afrique. C’est quoi ton lien avec la politique?
On est adversaire, c’est ce que je peux dire. C’est pour dire je ne la supporte pas trop. Je fustige la politique, sa manière de s’appliquer en Afrique. Eux (les politiciens, ndlr) et moi on ne s’entend pas trop. A part ceux que ça arrange parce que vous connaissez les politiciens, c’est en fonction de leurs intérêts qu’ils trouvent leurs gars. Il y en a qui se retrouvent sur certaines phrases donc ils trouvent que je les défends. D’autres, au contraire, trouvent que je les insulte. Ça dépend. En tout cas, moi je dis ce que je pense. Je critique la politique parce que je suis de ceux qui pensent que quand on est dans une maison et que ça ne va pas, c’est vers le père de famille qu’on se dirige tous. Et dans nos pays, nos chefs de famille ce sont nos dirigeants politiques parce que ce sont eux qui sont sensés mener à bien le bateau de notre pays. Donc c’est vers eux qu’on se dirige et c’est pourquoi je tire à boulet rouge sur les politiciens.

Pour continuer dans le même volet, tu es en quelque sorte le porte-parole de la jeunesse, comme tu le dis souvent. Aujourd’hui, nous sommes en période électorale, penses-tu que ton message porté vers la jeunesse a son effet, notamment chez les jeunes patriotes?
Ça dépend de quels jeunes dont on parle. Quand on parle de patriotisme, en Afrique les patriotes sont vus comme des griots, des suivistes ou des suiveurs. Une fois tu as quelqu’un qui dénonce, qui dit ce qu’il pense on dit que ce n’est pas un patriote, mais un rebelle. Quand tu aimes ton pays tu chantes son bon nom, tu dénonces ce qui n’est pas bon pour que le pays avance. Ça aussi c’est être patriote. Mais les gens ne comprennent pas ça comme ça. Ils aiment qu’on les caresse dans le sens du poil. Donc le message passe à partir du moment où Billy Billy fait partie des artistes les plus écoutés de Côte d’ivoire. D’aucuns pourraient dire qu’il a insulté le Président, mais du nord au sud, de l’est à l’ouest, le message est passé. Chacun fait ce qu’il a à faire avec ses risques et périls en étant conscient de ce qu’il fait. A ma façon, j’essaie d’ouvrir l’œil. J’entends leurs discours partout où je suis. Il y a une certaine émancipation au niveau de l’esprit.

En tant qu’artiste éveilleur de conscience, n’as-tu pas peur d’être utilisé par ces hommes politiques ? Pourras-tu chanter dans un meeting ou pour un candidat?
Je chante partout. Mon travail est de chanter. Il ne faut pas confondre chanter dans un meeting et chanter pour un candidat, ça fait deux. il faut reformuler ta question. Chanter pour un candidat, je dis non. Je ne suis pas un griot. Je ne suis pas là pour les atalaku (sorte de louanges ou d’éloges adressés à une personne en vue de lui soutirer de l’argent, Ndlr). Tu ne me verras pas dans ça. Je suis là pour dénoncer les choses qui ne vont pas.

Est ce que Billy Billy a été une fois reçu par des hommes politiques, si oui de quoi aviez-vous parlé?
Oui, plusieurs fois! Tu connais les politiciens, leurs intentions c’est de faire de moi leur griot. Mais ça ne m’a pas intéressé.

En fait, peux-tu nous raconter tes débuts ?
Ça n’a pas été facile. C’est la volonté. On n’a laissé les cours (abandonné les études, Ndlr). On a cru en un concours. On a été vainqueur. Mais les objectifs escomptés n’ont pas été atteints. Cela a stagné. Mais je ne me suis pas découragé. J’étais à Daloa (centre-ouest de la Côte d’Ivoire) où j’ai fait 18 ans. J’ai foncé et je suis venu à Abidjan. J’ai cru en ce que je faisais, maintenant on est là.

Comment s’est faite ta rencontre avec la structure Coast to Coast?
(Il hésite un peu) Je ne sais pas trop comment expliquer. J’appelle ça le destin, toujours de façon bizarre. Tu fais écouter ton cd par quelqu’un qui fait écouter cela à un autre, ainsi de suite. On s’était rencontré avant mais ça n’avait pas pris. Ce n’était pas encore le temps de Dieu. Mais quand le moment est arrivé par le biais de quelqu’un, j’ai eu la chance d’être écouté par la structure Coast to Coast et puis ils ont aimé ce que je faisais. Et on a décidé de travailler ensemble.

Et tu as créé un style que tu appelles le lagadigbeu. Ça veut dire quoi au juste?
Oui ! C’est un concept musical, un concept dénonciateur. C’est un mot bété (une langue ivoirienne, Ndlr), un feeling bété qui vient des funérailles. Pendant les funérailles, nos mamans pleurent. Pendant qu’elles pleurent, elles dénoncent des choses telles que la calomnie, la jalousie, la méchanceté, etc. Comme en Afrique une mort n’est jamais naturelle, elles se mettent dans les rues, elles tapent sur des bouteilles et elles dénoncent. C’est cette manière de faire que j’ai récupérée. C’est pourquoi mon rap est un rap dénonciateur. C’est pourquoi j’appelle ça le lagadigbeu adjamahiré styling.

Et le coq?
C’est mon symbole, mon emblème. Vous savez en Afrique, c’est le coq qui chante et le village se réveille. Le coq est réveillé, il faut arriver à Abidjan et tu vas entendre les discours.

Cela fait la 3ème fois que Billy Billy est à Bingue. Est-ce un rêve qui s’est réalisé?
(Il s’énerve un peu) Ecoutez, il faut qu’on arrête de présenter Paris comme un eldorado. Ce n’est pas un eldorado dans la réalité. Il y avait un peu de curiosité au départ. C’était un rêve d’enfant d’arriver à Paris mais après, on passe à autre chose. On vient ici pour travailler, pour des affaires et puis on s’en va. Même si c’était le paradis, mais au paradis aussi on pleure. Il y a des gens qui rêvent d’y venir, ils ne savent pas ce qui se passe ici à Paris. Même ici, il y a des ghettos. On dort aussi dans salon où on est souvent 10 dans une maison.

Pourquoi à ton avis le rap ne décollait pas en Côte d’Ivoire, malgré tous les moyens mis?
Si le rap ne marchait pas à un moment, c’est parce qu’on n’était pas dans la réalité. On était dans le rêve, on montrait les strings de meufs (les jeunes filles, Ndlr), le champagne… et puis à la fin on va dormir dans salon. Vous voyez que c’était paradoxal, c’était contradictoire. Aujourd’hui, on est dans la réalité. Ce n’est pas parce que ce que je fais est extraordinaire, mais c’est parce que ce que je fais, ce que je dis est véridique. Les gens se retrouvent, c’est proche des Ivoiriens. Les gens sont d’accord avec ça et ils adoptent ça. Ils consomment ça. Pour que le rap marche, c’est être dans la réalité au niveau de la musique, des textes et des thèmes que nous abordons. On dit que la maison du coq sent mais c’est là qu’il reçoit ses étrangers. Je viens à Paris, que ce soit devant Joey Starr ou Kery James ou qui que ce soit, je viens avec la couleur de mon rap. Ce rap orange blanc vert (le drapeau ivoirien, Ndlr) qui parle de la réalité de mon pays, la Côte d’ivoire. Ce rap qui parle des réalités de l’Afrique, le rap de chez moi. Je ne vais pas parler de métro, car je ne connais pas ça chez moi. C’est avec le rap de chez moi que je viens ; ça te plaît c’est bon, ça te plaît pas tant pis ! C’est avec ce rap que je compte m’imposer. C’est un peu comme le zouglou, le couper-décaler. C’est parce que c’est la réalité des Ivoiriens que ça marche. Plus on sera dans la réalité, plus les gens écouteront notre musique. On ne peut pas faire mieux du rap français que Kery James ou Sinik, personne ne t’écoutera. Il préférera écouter Booba. Donc quand tu viens avec une musique colorée, assez lagadigbeu avec un coq derrière, une musique bizarre, c’est du rap ; c’est du slam. On ne sait pas ce que le gars dit réellement, mais il parle de chez lui. Soprano parle de son ghetto, 50cent parle de son ghetto. Pourquoi Billy Billy ne parlerait pas de son ghetto aussi ? Chacun vient avec son drapeau.

Si chacun vient avec son drapeau, tu envisages de faire des featurings avec des rappeurs français?
Oui, pourquoi pas ? Ce serait un privilège pour moi de collaborer avec des rappeurs français. Léopold Sedar Senghor disait que l’avenir appartient aux métisses. En mélangeant ces deux styles, ça peut donner quelque chose. On prévoit des choses, des collaborations avec pas mal de gens d’ici. Ce serait beau de frotter les deux cultures. Si Magic system a réussi à faire quelque chose de bien ici, pourquoi pas Billy Billy ? Ce serait quelque chose d’original et mon staff travaille à cela.

Quel est ton rapport avec Didier Drogba?
On a de bons rapports. On ne s’appelle pas tout le temps. J’estime que Drogba est un combattant. Son parcours de Guingamp à Chelsea est un parcours de combattant. J’ai chanté Drogba parce que j’aime ce qu’il fait. Sa vie est une progression. C’est un exemple pour la jeunesse. Chaque jeune devrait penser à se battre pour pouvoir faire avancer les choses. Sinon je ne suis pas son griot. Drogba c’est le symbole de l’union nationale. Je me reconnais en lui. En tout cas, moi, je n’ai pas attendu quelque chose en retour en le chantant. Voilà les raisons pour lesquelles j’ai chanté. On est unanime qu’il est le meilleur joueur ivoirien de tous les temps. Il a hissé le drapeau ivoirien au plus haut.

Tu as été étudiant, tu connais les difficultés de l’école ivoirienne. Est-ce que tu as des conseils à donner à la jeunesse?
Que la jeunesse s’attache à ses convictions. Croire en soi mais pas en quelqu’un. Il ne faut pas suivre quelqu’un. Chacun regarde son assiette. Chanter c’est un rêve que j’ai nourri et que j’ai réalisé. C’est l’art, c’est dans mon sang. Petit, j’ai fait le théâtre, j’ai aussi tourné dans un film qui s’appelle «Le Clash».

Le 2ème album se porte bien, même avec l’effet des pirates?
Je pense que si c’est piraté c’est parce que les gens aiment. On ne peut rien contre la piraterie. Je n’ai pas baissé les bras. J’ai dit ce que je pensais, je continuerai à parler si nécessaire mais ce n’est pas à moi de décider. Ce n’est pas nous les artistes qui décidons. Les décideurs sont là, c’est à eux de signer les décrets et je ne sais quoi. Nous, les artistes, nous leur disons cela en face qu’on n’est pas contents. Ce n’est pas nous qui allons foutre les délinquants en taule. Moi, je ne vois pas la différence entre un pirate et un vendeur de drogue. Ils vendent des produits différents mais le pirate c’est un délinquant moral, c’est pire.

De Wassakara, tu es maintenant au Quartier Maroc, il paraît ? Est-ce à dire que le Bété a réussi?
Pourquoi pas Sicogi? Ce qui est sûr, j’ai un petit studio maintenant, un entrer-coucher. Mais c’est le rêve de tout le monde, car tu ne vas pas dormir dans salon des gens toute ta vie. Ce n’est pas un plaisir. Je commence tout doucement. Quand je chante Wassakara, ce n’est pas un hommage que je fais à la pauvreté. C’est une revendication pour que ceux d’en-haut sachent qu’il y a un bas peuple qui souffre, un bas peuple qui les a mis au pouvoir et qui n’arrive pas avoir les trois repas du jour. Vous voyez un peu? Des familles où il y a des diplômés qui n’arrivent pas à avoir du boulot, des étudiants qui prennent des cours dans des conditions pénibles. Pourtant ce sont ces étudiants-là qui étaient aux premières heures des crises sur les ponts en train de marcher. Ce sont les oubliés. Ce sont des sacrifiés en quelque sorte. Donc, quand je dis wassakara ou salon c’est une manière de parler. On est surpeuplé dans les salons, c’est une réalité. La population n’est pas logée normalement. On va dans les quartiers, on casse des maisons sous prétexte que c’est mal loti. Mais on ne dort pas là-bas par plaisir. On dort là-bas parce que ça s’impose à nous. Donc avant de casser, il faut prévoir des maisons ou quelque chose pour ces populations. Parce qu’on ne sait pas, on ne vit pas les réalités et puis l’argent change l’homme. Quelque part, Billy Billy, c’est un peu comme un porte-parole comme tu l’as dit. Ce sont donc les nouvelles du pays. C’est le vécu des populations qui est un vécu pas aisé avec des images de cafards qui font footing dans salon. En un mot, c’est la pauvreté que je décris. Je dépeins la décrépitude.

Et quand le bété réussi qu’est ce qu’il devient?
Bon, quand le Bété réussit, il ne veut pas tendre la main aux autres. Ce n’est pas le Bété en tant que tel, mais c’est l’homme en général qui est comme ça quand il réussit. Quelque part s’il y a quelqu’un qui t’a ouvert la porte, Il faut pouvoir tendre la main aux autres. En fait, je fustige l’ingratitude.

Tu as des projets?
Oui! On va essayer d’imposer notre musique hors des frontières, signer dans une major, pourquoi pas? C’est pour toutes ces raisons que nous faisons le tour des radios, télés, les journaux. Etendre le message maintenant hors du pays

Tes vœux pour l’année 2010?
Que toute la jeunesse ait du boulot. Que ceux qui méritent aient les postes. Qu’on double encore d’espoir. Je ne pense pas que les politiciens soient prêts à changer. On ne suit pas quelqu’un parce qu’on est de la même ethnie ou parce qu’on a reçu un tee-shirt. Que les yeux soient « dédjà » (ndlr, ouverts en nouchi, argot ivoirien) comme dirait Nash. Une jeunesse assez consciente et combative. Qu’on s’attache à nos convictions. Le Christ sauveur ne viendra pas nous sauver de cette situation. Seuls nous-mêmes pouvons et devons nous battre pour nous en sortir.

Coll. : BONI NIANGORAN
ZACHARIE ACAFOU
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