Suivez Nous

« AFRICANO MoonKinJazz », 10e album de Bantunani

Innocent KONAN | | Musique

Le vendredi 22 Mars restera dans les annales à Kinshasa. Devant le public séduit et emballé du Kempinski Hôtel Fleuve Congo, c’est un show fou que Bantunani a offert pour son premier concert kinois. Présentant les titres de son nouvel album Africano MoonKinJazz, le groove légendaire de sa musique fusion a fait l’unanimité entre les sébènes étourdissants et les moments blues, tous célébrant un Congo décomplexé, fier de sa langue, de sa musique et plein d’énergie. Pour son dixième album, Bantunani nous revient en effet en Africano, un de ses innombrables personnages fictifs faits de musique et d’errance. 

Autoportrait d’un africain bohème, son groove se nourrit de particules élémentaires et cosmiques. L’homme se veut gitan, cowboy solitaire qui chante un monde en mutation. Conçu entièrement à Kinshasa, la cadence se fait infernale comme cette ville folle où le jour et la nuit se confondent. Explorateur de son temps et de son espace, le bantou, puisant dans ses sources, tente de dépeindre les rires éclatants et les insultes fanfaronnantes, les odeurs, les couleurs, les pyramides ambulantes sur les têtes des vendeurs, les taxis jaunes qui bourdonnent dans cette ruche qui ne dort jamais. La composition se veut plus spontanée, à l’image des jam que l’artiste apprécie particulièrement. Africano est un album dont la magie musicale repose sur ce mélange de genres et d’époques.  Son afrofunk continue sa mue sur les 16 titres : des emprunts soul, funk, disco et même fado, comme sur le titre Fadospell, traduisent encore une fois sa volonté de rencontre et de fusion.  Avec Africano, on continue la danse entre mélancolie et réflexion.

AFRICANO arrive après le succès de l’album Musicalist qui aura définitivement assis Bantunani au rang de star du groove et de la scène, avec près de 35 000 ventes. Enregistré entièrement dans ses studios Kinois, Bantunani invite à lui les artistes de tous horizons, de la scène underground kinoise aux stars confirmées.

Ce 10 ème opus se veut percussif et pertinent. La guitare trône toujours à la première place du mix aux côtés de sa rivale Basse et de sa complice batterie qui sont la plume et les pinceaux du mélomane. La musique se joue avec des styles sur un fond beat afro très modernisé, des notes jazz et funky se glissent ici et là dans cette machine à danser.

Le voyage est nocturne, la nuit côtoie le jour dans un Kinshasa en pleine mutation, du très sensuel Pesa Ye aux refrains étourdissants des receveurs sur Taxi Driver.

 

Innocent KONAN