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De Laure Nesmon Pie primée pour un journalisme de qualité

Saxum Willy | | Média

La Journaliste De Laure Nesmon vaut de l’or. En plus de son engagement au côté des femmes souffrantes du cancer du sein, citoyenne engagée et Journaliste soigneuse, elle récolte des prix pour son sérieux dans le travail. Ebony 2014 de la lutte contre le travail des enfants et deuxième prix national d’excellence 2015 du ministère de la Communication, De Laure est la lauréate du deuxième prix du fact-checking. Son article a décrypté la cause du sous-développement en Afrique, après une sortie outrancière du président Macron. Femme passionnée de médias, l’ivoirienne Nesmon De Laure Pie est un modèle d’engagement socioprofessionnel en Afrique.

Heureuse de recevoir ce prix du deuxième meilleur fact-checking d’Afrique, vous l’avez dit. Par ailleurs, au plan professionnel et à cette étape de votre vie personnelle qu’est-ce qu’une distinction de plus signifie pour vous ?

C’est une pression supplémentaire pour mieux faire

Nouvelle ambassadrice officielle de la bonne info désormais. Le regard des confrères qui se verraient à la barre, vous revient-il comme une inquiétude ?

Bien sûr, c’est quelque chose qui m’a toujours inquiété, la sanction des pairs.

Tout journaliste devrait-il en être conscient ?

Je ne veux pas avoir la prétention de donner des leçons. Mais en ce qui me concerne, et ce que je conseille également aux jeunes journalistes que j’encadre, est de prendre au sérieux leur signature. Ce qui veut dire, de faire leur travail dans les règles de l’art. Le journalisme est un métier qui a ses règles, il faut simplement les appliquer.

Avec l’ascension du numérique, en tant que nouvelle ambassadrice du fact-checking, quelles sont les actions que vous envisagez mener au niveau de votre corporation et au niveau des sources afin de parer aux fausses informations divulguées ?

Honnêtement, je n’envisage pas de nouvelles actions. Je vais continuer de faire mon travail de journaliste tout simplement. Avec mes collègues journalistes, nous allons poursuivre la vérification des faits. Ce qui va changer, c’est la méthode de vérification. Le fact check est un procédé intéressant car il cible directement un propos précis qui peut contenir ou pas de la fiction. Il faut le traquer jusqu’à l’épuiser pour séparer le vrai de l’ivraie

Les jeunes générations comme les précédentes n’ont-elles pas besoin de renforcement de capacité ?

Oui. Il faut une mise à jour au quotidien car on ne finit jamais d’apprendre. Les défis sont de plus en plus nombreux et intéressants avec l’avènement du nouveau journalisme. Il faut rester connecté pour les affronter. Cela passe nécessairement, et par la formation ordinaire mais continue également.

Je travaille avec un petit réseau de jeunes journalistes dont certains ont été des stagiaires que j’ai encadrés dans le temps. J’apprends également beaucoup d’eux. Je pense qu’il faut maintenir ce travail en réseau pour s’entraider à la formation continue. Je suis peut-être une ambassadrice du fact check, mais je n’ai pas de leçons à donner. Par contre, je peux partager ce que j’ai appris avec les autres et également apprendre d’eux.

C’est une humilité caractérielle ?

Non. Ce n’est même pas de l’humilité. C’est le métier qui le recommande.

Professionnelle alors…

Je préfère. Un directeur de publication ne doit pas se sentir complexé quand un stagiaire retrouve des coquilles dans ses papiers. C’est comme cela que nous avons appris ce métier.

De quel accompagnement bénéficiez-vous après ce prix, quand on sait les difficultés sociales et logistiques des journalistes en Afrique ?

C’est déjà un élargissement du carnet d’adresses, un instrument important pour le journaliste. Un prix ouvre des portes car il change le regard. Je suis à ma énième distinction en 9 ans de carrière dont 7 ans dans la presse écrite traditionnelle. Aujourd’hui, je fais partie des journalistes ivoiriens sollicités dans divers projets éditoriaux, toute modestie mise à part. Si j’avais quelques entrées sûres au niveau de l’Afrique de l’Ouest, le fact check est une vitrine internationale supplémentaire que j’apprécie à sa juste valeur. Les promoteurs sont des personnes sérieuses qui font du journalisme indépendant, un fait non négociable. Entrer dans ce réseau vous crédibilise davantage. Bien entendu, le trophée  est accompagné d’une enveloppe pour encourager le lauréat.

Avez-vous un message particulier au public ?

Merci aux lecteurs. Je leur demande de ne pas désespérer du journalisme ivoirien. De nombreux journalistes font des efforts pour maintenir le cap. Tenons compte d’eux dans la critique du journalisme ivoirien. Aidons les journalistes, puis les médias à faire mieux en boudant l’information non professionnelle.

Un mot qui vous brûle les lèvres au plan professionnel ?

Indépendance.

De Laure Nesmon vaut de l’or, elle est engagée à combattre les maux dans son travail mais aussi au plan médical, la lutte contre le cancer du sein est son cheval de bataille. D’où puise-t-elle cette force et pourquoi un tel engagement, alors que la jeunesse rime souvent avec plaisance à outrance ?

Je connais aussi la plaisance… (rire). Peut-être pas à outrance parce que le temps est un peu court eu égard à mes engagements professionnels et familiaux. Plus sérieusement, pour ce qui est du cancer du sein, je me suis intéressée à la maladie avant de tomber malade. J’ai animé pendant quatre (4) années au moins la page santé d’un quotidien ivoirien. J’ai traité des sujets de santé publique incluant les maladies du sein et également le cancer. De l’autre côté, je suis une fan de l’investigation d’immersion. Quand mon propre diagnostic est tombé en 2016, je me suis sentie comme en reportage d’immersion. Et mes amis m’ont encouragé à communiquer cette manière de vivre ce qui nous arrive comme une expérimentation afin d’aider les personnes en souffrance à sublimer. Mon expérience est racontée dans un journal épistolaire que je compte faire publier. Je déroule mon programme d’action quand je rentre sur Abidjan. Merci beaucoup.

 

Saxum