Suivez Nous

Zinié Ella Diomandé : « J’écris pour faire connaitre la culture Yacouba… »

Irene COULIBALY | | Litterature

Zinié Ella Diomandé est enseignante au département d’espagnol de l’université Félix Houphouët Boigny d’Abidjan-Cocody. Faire découvrir la culture Yacouba, peuple situé à l’ouest de la Côte d’Ivoire ainsi qu’inciter la jeunesse à aimer la lecture à travers sa plume sont ses plus grandes préoccupations. L’équipe de 100%culture est allée à la rencontre de cette écrivaine qui fait ses premiers pas dans la littérature à travers son ouvrage « Le coq enchanteur ».   

Veuillez-vous présenter à nos lecteurs

Je suis Dr. Zinié Ella Diomandé, enseignante au département d’étude ibérique latino-américain, communément appelé département d’espagnol à l’université Félix Houphouët Boigny d’Abidjan-Cocody.

D’où vous est venue l’envie d’écrire ?

L’envie d’écrire, je la portais depuis très longtemps déjà. Et après un constat sur le goût de la lecture des étudiants, j’ai compris qu’ils n’aiment pas beaucoup lire et idem pour certains enseignants. Le livre est plus utilisé en tant que manuel scolaire. J’ai ensuite participé aux activités de conte et de lecture avec le groupe de conte « Paté-Paté » fondé et dirigé par Mme. Michelle Tano Nora puis je me suis dit : pourquoi ne pas faire connaitre la culture Yacouba qui est la mienne et qui est méconnue du public et surtout des enfants ; à travers les beaux contes de chez nous ?  Car je suis originaire de l’ouest de la Côte d’Ivoire. J’écris pour faire connaitre la culture Yacouba.

Vous avez écrit « Le coq enchanteur » qui est votre toute première œuvre. De quoi parle réellement ce livre ?

Je me suis juste posé cette question : pourquoi est-ce le coq qui chante tous les matins pour nous réveiller au lieu de la poule ou d’un autre animal ? En pays Yacouba, il y a un conte qui donne des précisions sur cette énigme.  Alors dans ce livre, nous contons comment un coq de par son chant enchanteur a pu se sauver de la mort et devenir le détenteur de ce savoir-faire, alors qu’il devait servir de viande au cours d’une grande fête qui avait été organisée par un paysan.

Que représente le coq en pays Yacouba ?

A l’origine chez les Yacouba, le coq représentait un ingrédient pour la sauce. C’est aussi la viande d’honneur, celle qu’on offre à un invité de marque, à celui qu’on aime idem pour les grands évènements. Mais un jour, au cours d’une fête organisée par un paysan Dan, un coq de par sa voix séduit tout le monde avec ses chants. Et à partir de lui, le coq prendra une valeur en plus qui est celle de chanter tous les matins.

Quel message voulez-vous véhiculer principalement à travers ce conte ?

Le principal message à retenir de ce conte est que parfois, face aux situations difficiles l’on peut de par la ruse, l’intelligence et la sagesse sortir indemne comme l’a fait le coq en se sauvant de la mort par ses chantants mélodieux.

Pourquoi avoir spécifiquement choisi le conte comme moyen d’expression ?

Le conte parce que pour nous, c’était le canal le plus sûr pour atteindre les enfants, les jeunes puis les adultes. Notre intention est aussi de passer par le conte pour transmettre la culture africaine qui est avant tout orale et qui s’est toujours transmise par le conte. A l’image du grand-père assit avec ses petits-enfants et qui leurs dit un conte. C’est cette image-là qui a bercé notre enfance, avec laquelle nous avons grandi.

Quel est la cible du coq enchanteur ?

Le conte est destiné à tous. Seulement « Le coq enchanteur » s’adresse d’abord aux tout-petits qui sont les enfants à bas âge puis aux adultes. Les enfants sont pour nous une terre fertile, ils assimilent plus facilement et lorsqu’on leurs inculque le goût du livre, ils deviennent des étudiants amoureux de lecture.

Comptez-vous plus tard toucher aux autres genres littéraires ?

Oui, nous nous intéressons à la narration, au roman, aux essais et les nouvelles ; mais nous sommes plus focalisés pour l’heure sur le conte qui est pour nous, le meilleur canal pour faire passer nos messages aux enfants de la Côte d’Ivoire, d’Afrique et même du monde entier.

Quels sont les livres qui vous ont inspiré par le passé et ceux qui vous inspirent encore aujourd’hui ?

J’ai reçu mon tout premier livre en classe de 6ème « La mare aux crocodile ». Cet ouvrage m’a beaucoup marqué car c’était un cadeau de mon professeur de français M. Coulibaly Nanguain car j’avais eu de très bonnes moyennes en classe. Chemin faisant, j’ai découvert d’autres livre avec la troupe « Paté-Paté ». J’ai aussi beaucoup été inspiré par les œuvres de Mme. Michelle Tano Nora, par sa manière d’écrire et c’est là que le déclic est venu d’écrire à mon tour.

Que vous apporte l’écriture ?

L’écriture c’est l’expression de moi-même, c’est mon ouverture au monde, c’est mon épanouissement personnel. Grâce à l’écriture on dit ce qu’on pense, ce qu’on ressent, ce qu’on vit ; alors c’est un moyen d’épanouissement et de réalisation de moi-même.

Comment arrivez-vous à allier l’écriture et l’enseignement qui est votre profession ?

Ce sont deux choses qui vont de pair parce qu’écrire c’est exprimer une idée et dire ce qu’on pense à travers des lignes. L’enseignement fait également appel à ces qualités car on transmet une connaissance à des étudiants, on leurs donne quelque chose et on reçoit aussi quelque chose. En un mot, c’est le rendez-vous du donner et du recevoir car en tant qu’enseignants on apprend aussi beaucoup avec les étudiants et côté lecture, on reçoit le feedback de nos lecteurs.

Comment faites-vous la promotion de votre livre ?

La grande dédicace est prévue pour très bientôt et après cela nous allons sillonner les écoles, les librairies et les villes du pays et pourquoi pas de l’étranger pour en faire la promotion.

Travaillez-vous sur d’autres projets d’écritures ?

Oui nous travaillons sur d’autres projets. Nous avons un second livre qui est en bonne voie et que nous allons bientôt éditer ainsi que d’autres contes.

Votre mot de fin

Je remercie d’abord toute l’équipe de 100pour100culture pour l’opportunité qu’elle me donne de m’exprimer sur mon tout premier livre. Ensuite j’invite tous les enfants à s’adonner à la lecture car les livre renferment beaucoup de trésors, c’est le rendez-vous de la connaissance. Enfin j’encourage les parents à acheter des livres pour leurs enfants car c’est un investissement qui paye et aux étudiants d’aimer la lecture, car en lisant on apprend des choses qui ne sont pas forcément enseignées dans les amphithéâtres.

 

Irène COULIBALY