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Les réseaux sociaux, perçus comme un grand soutien à la poésie

Arsene DOUBLE | | Litterature

Georges Mpanga, poète britannique

Les réseaux sociaux ont été d’un grand apport à la diffusion, la promotion et l’apprentissage des œuvres poétiques. En marge de la journée mondiale de la poésie, le 21 mars 2019, le très connu poète britannique Georges Mpanga, appelé communément George the Poet, en a fait le constat.

« Les réseaux sociaux ont aidé les artistes[ poètes, ndlr] à partager leurs pensées à une échelle jamais vue auparavant. » Ces propos sont du célèbre poète britannique George Mpanga, tenus à l’occasion de la journée mondiale de la poésie, célébrée tous les 21 mars de chaque année. Les réseaux sociaux ont fortement contribué à la diffusion, la promotion et l’apprentissage de la poésie.

George the Poet, connu pour ses singles comme « Follow the Leader » réalisés avec le chanteur anglo-irlandais Maverick Saber, a témoigné de l’apport qu’a eu YouTube dans sa carrière, dans un entretien avec le journal britannique BBC. « Ma carrière a été propulsée en mettant mon travail sur YouTube, et des millions d’autres peuvent profiter de la même opportunité. », a-t-il confié.

George the Poet a également rappelé l’importance actuelle de la poésie. « La poésie est plus que jamais d’actualité. Nous vivons une époque de changement – en ce moment plus que jamais – et la poésie est un moyen de suivre ces changements dans le journal de l’humanité. »

Plusieurs poètes ont également tiré profit des avantages que peuvent offrir les réseaux sociaux.

La youtubeuse Taz Alam, dont la chaîne YouTube « ClickForTaz » compte plus de 774 000 abonnés, soutient que les réseaux sociaux ont aidé à initier les nouveaux arrivants à la poésie, car « les médias sociaux facilitent l’accès à la poésie et vous ouvrent à une pléthore d’œuvres de personnes de tous les horizons. »

Depuis 2015, sa chaine diffuse en direct la « poésie oralisée et performée ». Mais, au départ, Alam ne comptait pas en faire sa vocation. La poésie écrite ne faisait pas partie de ses priorités. « La poésie écrite ne m’a jamais intéressée, et j’ai toujours eu du mal à me connecter avec elle. », a-t-elle affirmé.

C’est suite à l’incertitude ressentie après sa sortie de l’université, que la youtubeuse a commencé à s’intéresser à « la poésie oralisée et performée. » L’un de des amis a été à l’origine de son initiation à cette poésie. Elle s’en est servie ainsi comme un exutoire à ses soucis d’alors.

« Les mots étaient nets, puissants et percutants, a-t-elle fait savoir. Cette nuit-là, j’ai décidé d’écrire mes pensées. J’ai écrit mon premier poème intitulé « I hate myself » [qui signifie en français « Je me déteste », ndlr] ». Et d’ajouter fièrement : « elle [la poésie parlée et performée, ndlr] rend parfaitement compte de tout ce que je ressentais à ce moment-là. »

Quant à Andy Brown, poète et professeur d’écriture créative et d’anglais à l’Université d’Exeter, les plateformes de réseaux sociaux, à l’instar d’Instagram, ont, dans un sens, permis à de nombreuses personnes de créer, diffuser et de consommer de la poésie, notamment des pièces courtes et aphoristiques atteignant un large public, puis changé « la façon dont les poètes interagissent et se mettent en réseau, ‘‘démocratisant’’ largement la diffusion de la poésie. »

Dans un autre sens, ils n’ont pas changé, a-t-il poursuivi, la manière dont la poésie professionnelle est publiée, à travers les médias d’édition traditionnels et dans les lectures de festivals et d’événements.

Célébrée tous les 21 mars, la journée mondiale de la poésie a été proclamée en 1999 par l’Unesco (organisation des Nations Unies pour éducation, la science et la culture). Elle vise à promouvoir la lecture, l’écriture, la publication et l’enseignement de la poésie.

Et selon les statistiques du moniteur britannique des ventes de livres, Nielsen BookScan, les ventes de livres de poésie ont atteint un record de 12 millions de livres en 2018, les deux tiers des acheteurs étant de jeunes lecteurs.

 

Arsène DOUBLE