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Mbarek ould Beyrouk , l’écrivain qui dénonce les violences djihadistes à travers son œuvre « Je suis Seul »

Irene COULIBALY | | Litterature

Mbarek ould Beyrouk nous met au cœur des réalités du djihadisme dans ses œuvres et c’est justement ce qui se lit dans son tout nouveau roman. L’amour, la trahison, la violence djihadiste ; ce sont autant de thèmes que l’on peut découvrir en lisant son œuvre ‘’je suis seul’’ .

Je suis seul parce que caché de tous. Le narrateur se retrouve entre les mains de terroriste car son village est situé à proximité du dessert. Retranché dans une chambre étroite, sombre, attendant un sauveur ou ‘’une sauveuse’’ en occurrence son ex-bien aimé qu’il a abandonné pour une autre. Nezha, abandonné pour la fille du maire et qui s’illustre comme la sauveuse qu’il attend, aura-t-elle la volonté de le sauver ?

La trame de l’histoire nous conduit dans la vie d’un intellectuel opportuniste qui s’est attiré les regards méchants des fondamentalistes à cause de ses articles dans la presse se moquant de la religion. Il comptait bien-sûr sur le régime en place qui faisait sa force et dont la chute a causé sa perte. Les djihadistes s’emparent de sa ville et y font reigner la terreur, la haine au nom de la pureté religieuse. Notre narrateur sans nom, se réfugie alors dans la maison de son ex compagne, Nezha qui le cache dans une chambre étroite et lui interdit d’allumer de peur qu’on ne l’y retrouve. Le désormais prisonnier attend avec impatience le retour de son bienfaiteur sorti vaquer à ses occupations pour l’aider à quitter la ville en catimini. C’est justement ce huis-clos qui constitue le décor de ce roman.

C’est dans cette pénombre que l’homme au nom inconnu, fait le bilan de sa vie et se remémore les bons moments passés avec Nezha qu’il a abandonné pour Selma. A cette époque, il se laisse guider par les conseils de ses amis et les beaux yeux de la fille du maire, qui le pousse à trahir celle à qui il avait faite des promesses.

Nezha va-t-elle réussir à le sauver ? c’est que vous découvrirez en lisant les 112 pages de ce roman de Beyrouk publié aux éditions Elyzad (Tunis).

Qui est l’auteur ?

Mbarek Ould Beyrouk (1957) est un écrivain mauritanien qui raconte la vie dans le Sahara. Il raconte l’histoire quotidienne de ces peuples qui vivent dans cette partie de l’Afrique, les touareg, les Toubou, les maures, le désert et la ville, les traditions et le modernisme. Issu d’une famille mixte, l’auteur raconte sa vie personnelle dans ses écrits, qui part de sa ville natale Atar, située en bordure du grand désert d’une tribu dont l’espace de monadisme et de commerce allait de Guelmin, dans le sud du Maroc jusqu’à Tombouctou au Mali. Ancien journaliste et désormais conseillé culturel à la présidence, Beyrouk vit à Nouakchott.

Fils d’un instituteur, Beyrouk tombe amoureux de la littérature quand son père lui offre ‘’les misérables’’ de Victor Hugo. Il écrit son tout premier livre en 1995 qu’il propose dix ans après à un éditeur. C’est depuis la sortie de son premier roman, Et le ciel a oublié de pleuvoir  au édition Dapper en 2006, qu’il décide de consacrer ses écrits à l’histoire du Sahara. C’est la preuve de son attachement à ses racines bien qu’il soit aujourd’hui dans le modernisme. Le désert est pour lui synonyme de son attachement à ses traditions qu’il aime et respecte.

 

Irène COULIBALY