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L’écrivain congolais Gabriel Okoundji obtient le Grand Prix Littéraire d’Afrique Noire.

Zacharie Acafou | | Litterature

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Pour avoir une juste idée de tout le talent qu’on ne peut s’empêcher de reconnaître dans les ouvrages de Gabriel Okoundji, il faut le lire d’un bout à l’autre (L’âme blessée d’un éléphant noir, Au matin de la Parole…) C’est l’une des premières fois chez nous, un homme qui n’a plus rien à dire ni rien à transmettre.
Le langage chez lui perd complètement sa fonction de communication pour devenir toute expression. Le Grand Prix littéraire d’Afrique noire qui lui a été attribué cette année est donc le couronnement de son talent doublé d’un inflexible bon goût…
Je lis et je relis avec plaisir son recueil de poésies « L’âme blessée d’un éléphant noir». On dirait que notre auteur se plait à faire chanter la langue. Une vérité en appelle une autre. Une écriture sage et paisible qui peut nous laver des tourments, des vaines contorsions et des médiocrités politiques qui ont cours sur le Continent noir, la Côte d’Ivoire s’entend…. Mais la réflexion poétique par essence douce, est-elle le propre de la politique?

Créé en 1960 et attribué chaque année par l’Association des Ecrivains de Langue Française (ADELF), le Grand Prix Littéraire d’Afrique noire a été décerné pour la première fois à l’ivoirien Aké Loba pour son œuvre “Kokumbo, l’enfant noir”. S’en est suivi une kyrielle d’écrivains africains francophones tels Cheikh Hamidou Kane (1962), Birago Diop (1964), Amadou Kourouma (1969), Léopold Sédar Senghor (1996) ou encore Jean Divassa Nyama en 2008. Gabriel Okoundji succède ainsi à Jean Bofane, lauréat du Grand Prix Littéraire d’Afrique noire 2009.

Un sacre doublement mérité donc car Gabriel Okoundji touche, intéresse et se lit jusqu’au bout. Il a cette douce énergie si rare en un âge ivre de violence de rester discret et tendre. N’est-ce pas de cela dont nous avons besoin au fond ?