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John Steinbeck, grand homme de la littérature dont les œuvres connaissent encore de beaux jours

Irene COULIBALY | | Litterature

©L’écrivain américain John Steinbeck en 1930 Photo : Getty Images / Hulton Archive

Cinquante ans après sa mort, John Steinbeck demeure l’un des plus grands romanciers qu’a connu le monde. Prix Nobel de littérature en 1962, ses œuvres dont l’une des plus célèbre est « raisins de la colère », continuent d’être lus et relus aux Etats-Unis comme partout dans le monde.

‘’20 décembre 1968’’, l’on se souvient encore de cette date où disparaissait, l’un des géants de la littérature américaine du XXe siècle John Steinbeck, à l’âge de 66 ans. D’abord, Romancier ensuite nouvelliste et homme de théâtre, Steinbeck possédait plusieurs cordes à son arc. Auteur d’une vingtaine d’ouvrages dans lesquels il a raconté la tragédie de l’Amérique pendant la période de la crise économique des années 1930, il défendait les plus lésés à travers ses écrits, d’où la représentation de quelques-uns de ses romans par des grands cinéastes.

Les raisins de la colère, est l’œuvre par laquelle plusieurs personnes identifient l’auteur car elle a obtenu le prix Pulitzer et s’est vendue à plusieurs millions d’exemplaires. Cette œuvre demeure la plus populaire de ses écrits au point où son personnage principal « the ghost of tom joad », c’est-à-dire Le fantôme de Tom Joad a été immortalisé par le chanteur Bruce Springsteen .

 John Steinbeck sa carrière et ses œuvres

Né le 27 février 1902, à Salinas, dans l’Etat de Californie, Steinbeck est fils d’un trésorier municipal et d’une institutrice. Sa famille était d’extraction allemande. Il passe toute son enfance et son adolescence dans la grande vallée de Salinas, en Californie, encore exclusivement rurale à l’époque. Grandissant dans des ranches, au milieu des bétails et des machines agricoles, il a vécu depuis très tôt dans l’intimité avec la terre et les saisons qui seront plus tard, l’inspiration de la plupart de ses romans. Il effectua ses études universitaires à Stanford puis à New York où il exercera divers métiers, qui lui serviront de matière pour ses livres.

Toutefois, comme tout bon débutant, il lui fut difficile de trouver un éditeur pour ses premières chroniques et ses reportages.

Au cours des années 1935-1936, toute l’attention de Steinbeck est focalisée sur les réfugiés fuyant le «Dust Bowl  » (Grandes Plaines au centre des Etats-Unis frappées par des tempêtes de poussière et la sécheresse) et se dirigeant vers la Californie qu’ils croient être un eldorado, la « Terre promise ». Il publie dans les pages de la revue « The Nation » un long article consacré à ce phénomène et qu’on peut lire aujourd’hui à posteriori comme un résumé du célèbre Raisins de la colère, alors en préparation. En un combat douteux (1936) qui traite d’une grève des ramasseurs de fruits et Des souris et des hommes (1937) sont deux autres romans qui abordent la même thématique développée plus haut par le romancier. Ils dépeignent le monde des journaliers agricoles sur fond de la lutte des classes opposant les patrons qui ne pensent qu’à augmenter leurs profits et les paysans travaillant comme journaliers pour des salaires de misère. La révolte gronde dans la grande vallée comme dans les pages des livres du jeune écrivain.

Raisins de la colère sort en 1939 pour donner de la notoriété à la réputation de Steinbeck comme « romancier rouge ». Son nouveau roman met en scène à travers l’aventure tragique de la famille Joad la dépossession et l’exode historique vers l’Ouest des petits fermiers de l’Oklahoma. Un véritable chef-d’œuvre d’intelligence et d’imagination où tout l’art du romancier consiste à dépasser l’idéologique pour mettre en exergue la dimension humaine des problématiques soulevées. Un roman qui relate des faits réels vécus par des personnes, le plus célèbre et qui est pour certains la source du prix Nobel de la littérature décernée à l’auteur en 1962.

Bien que les raisins de la colère soit son plus prestigieux, Steinbeck a aussi à son actif plusieurs autres productions remplies de messages touchant, publiées à partir de 1940. Dans cette grosse valise de romans on peut ressortir, A l’est d’Eden (1952) et L’Hiver de notre mécontentement (1961) qui comptent parmi ses plus belles réussites.

L’auteur américain John Steinbeck a toujours été profond dans ses écrits durant toute sa carrière d’écrivain, ce qui peut expliquer pourquoi ses œuvres jouissent encore d’une bonne presse cinquante ans après sa mort. Il a non seulement écrit pour les hommes vivants à son époque mais aussi pour les générations actuelles et à venir car les thématiques qu’il a abordées se vivent encore un peu partout dans ce monde. Sa ville natale Salinas lui rend bien hommage car quasiment tous les noms des rues et des bâtiments publics renvoient au plus célèbre de ses enfants ou à ses romans célébrés dans le monde entier.

 

Irène COULIBALY