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Interview de l’écrivain Samuel Dégni, auteur de « Un million d’euros pour 48 heures »

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Samuel Degni est un écrivain audacieux. Il a le mérite d’avoir créé un « mouvement » littéraire : la Prédiromance ! A l’occasion de la sortie de son dernier ouvrage « Un Million d’Euros Pour 48 Heures, nous avons rencontré l’écrivain. Dans cette entrevue, il nous en dit plus sur son livre.
 
Samuel DEGNI, votre nom aujourd’hui évoque la « prédiromance ». Pouvez-vous nous dire davantage sur ce néologisme ?

Effectivement, la prédiromance est un néologisme qui vient d’éclore avec le dernier-né de Samuel DÉGNI, Un million d’Euros pour 48heures. Au cours de la cérémonie officielle de dédicace, un exposé a été fait sur le concept.
La prédiromance, une adjonction de deux termes : Prédication et romance, pour faire court, référence au roman (action par laquelle on met une œuvre sous la forme d’un roman). En un mot, la prédiromance est l’art écriture qui allie prédication de l’évangile et fiction romanesque. Ce choix prend racine dans ma confession de foi chrétienne et dans l’obéissance à sa Parole dans le cadre de la propagation de l’évangile.
 
A quoi répond ce choix d’écriture alliant littérature et évangélisation alors que vous auriez pu faire purement et simplement un livre chrétien ?
 
Une étude sur l’impact des médias a montré que le public a tendance à s’orienter vers les médias qui confortent leur opinion. Si vous écrivez des livres chrétiens vous n’aurez pour lecteurs que des chrétiens. Comment toucher ceux qui ne sont pas chrétiens, mais qui aiment lire ? La littérature est une opportunité dans la mesure où elle n’est pas très connotée religieusement. Le message diffusé à l’intérieur peut toucher toute sorte de cibles et principalement celles qui ne sont pas chrétienne. J’utilise donc l’évangile comme simple canal pour atteindre les non-atteints qui jamais en prendraient la peine d’ouvrir un livre chrétien.
 
Votre approche esthétique se veut un livre dans un livre. Autrement dit, il est question d’un roman qui va puiser dans la Bible. Comment, selon vous, les personnes étrangères à ce monde biblique peuvent-elles s’enticher de la prédiromance quand on ses références ?
 
Mon œuvre ne raconte pas des histoires bibliques, mais des histoires inspirées de notre monde contemporain. La thématique de l’enrichissement par tous les moyens par exemple, qui concerne Un million d’Euros pour 48heures, est inspirée des réalités de ce XXIe siècle, notre époque. Seulement, la solution aux maux de notre siècle, je la centre sur Christ, c’est là que l’Évangile entre en ligne de compte : Jésus-Christ la solution du monde. C’est une mission que j’ai ! Considérons un peu, L’ordonnance de Soro Guéfala, ou plus loin de nous L’Aventure ambigüe de Cheikh Hamidou KANE, les références islamiques y sont légion, pourtant elles n’ont pas refroidi l’ardeur de lecture des non-musulmans. La trame de la prédiromance est accrochante et passionnera forcément les lecteurs de tout bord.
 
D’abord Le Dernier Jour D’un Condamné à mort, ensuite Un million d’Euros pour 48heures ; pourquoi dans vos titres le temps semble poursuivre vos personnages ?
 
Parce que le monde lui-même est sous la pression du temps : la pression des politiques, la pression sociale, la pression du climat, bref tout est soumis à délais. Enfin ce choix obéit à la pression de la fin du monde annoncée par la bible et dont les manifestations sont actuelles. Il s’agit dans cette perspective d’attirer l’attention de tous sur l’urgence du temps, le décompte du chrono de la vie auquel chacun est soumis et la nécessité de faire un choix de survie décisif.
 
Après votre une première publication, vous en êtes aujourd’hui à la seconde. Un livre qui parle d’un « homme stressé par le désir passionnel de la richesse… » (p1). N’est-ce pas légitime de rechercher la réussite et le bonheur alors pourquoi ce stress ? Expliquez-nous cette phrase…
 
Avant de répondre à la question, je voudrais juste rectifier que je suis à ma quatrième œuvre en réalité ; les deux premières : Chants du dernier combat (Poésie), La fin de Néron (Théâtre) ont été publiées en France ce qui explique qu’elles ne soient pas connues ici. Pour revenir à la question, la quête de bonheur est légitime ; ce qui pose problème en réalité dans notre société et dont je parle dans ce livre est l’obsession de l’enrichissement. La Bible dit que l’amour de l’argent est la racine de tous les maux. Et la réponse de Pedro dans le livre est assez évocatrice : « devenir riche par tous les moyens quel qu’en soit le prix ». C’est là que le stress prend place. Mais, cette façon de vouloir s’enrichir conduit à toutes sortes de vices et de crimes. Au bout du compte, l’on se retrouve dans un engrenage et c’est cela que nous dénonçons, c’est contre cela que nous prévenons.
Myriam la gazelle noire, la diablesse, la méchante surtout l’Africaine…pourquoi dans un contexte occidental, il a plu à l’auteur que vous êtes de faire porter le masque de la monstruosité à une jeune ivoirienne ?
Je crois qu’il ne faut pas percevoir la chose de cette façon. Il y a peu de personnage modèle dans cet ouvrage, Myriam n’est pas la pire. Cependant, j’ai voulu tout de même attirer l’attention de la jeunesse ivoirienne, surtout les jeunes filles quant à la voie de la facilité qu’elles ont décidé d’emprunter. En faisant attention, tout ce que  Myriam a fait était motivé par l’argent ; c’est ce qu’on voit aujourd’hui chez nos sœurs ivoiriennes.
 
Avec vous, on parcourt la planète sans risque de se perdre tant vous décrivez avec exactitude certains pays. Dites, comment vous faites ?
 
La culture ! Excepté quelques pays de la sous-région où j’ai eu l’honneur de séjourner.

Pedro Gonzalès, pour sauver son âme, a parcouru un peu l’Afrique. Pourquoi l’intervention du Continent noir ? Quel est le message que Samuel Dégni veut véhiculer ?
 
Il y a bien longtemps que l’Occident a rejeté Dieu, l’Afrique croit en Dieu, fermement. Je crois que le salut de l’humanité se trouve en Afrique où Dieu prospère plus librement à travers la religion ; ce n’est pas toujours le cas en Europe.
 
Je note que vous  nommez « Il » dans votre livre. Une raison particulière ?
 
Pour en ajouter à son mystère : le mystère de sa personnalité et de ses desseins. Vous avez vu tout le parcours de Pedro pour en arriver au point de son salut, l’Église de son enfance à Barceloneta. Cependant, « Il » s’est dévoilé au fil du récit.
 
Les ordres mystiques…vous levez là le voile sur un monde grandement inconnu de la plupart des terriens ! Expérience ou inspiration divine ?
 
L’expérience, non ! Mettons cela sous le coup de l’inspiration divine. Mais de plus en plus, les ordres mystiques s’ouvrent, donc leur univers n’est plus aussi exotérique qu’auparavant.
 
Vous ne nous donnez pas la fin de la Sainte Fraternité ; oui elle a échoué dans sa mission de tuer Pedro, mais qu’est-ce qu’elle devient ?
 
La fin de la Sainte Fraternité fera probablement l’objet d’une autre œuvre ; mais cela reste à voir. Pour l’instant je me réserve.

En une phrase, comment pouvez-vous résumer Un million d’Euros pour 48 heures ?
 
La vie mouvementée d’un obsédé de richesse qui finalement se retrouve pris au piège de sa passion, eu égard aux interdits subséquents. Pédro Gonzalès dût son salut à l’amour d’un Dieu fidèle qui, par égard pour l’alliance qu’Il avait avec le père Gonzalès, secourut le fils à la chute d’un chrono de 48heures qui décomptait sa mort. Jésus-Christ est le salut de tous ceux qui veulent sortir des méandres des ordres mystiques.
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Interview réalisée Par Atté Sostène