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Ibrahima Coulibaly, auteur du livre ‘’Le profit de la patience’’ : « Un enfant conscient et bien éduqué ne peut jamais abandonner ses parents dans la misère… »

YOUSSOUF KONE | | Litterature

Natif de Markala (région de Ségou), Ibrahima Coulibaly est titulaire d’une Maîtrise en droit privé (Carrières-Judiciaires) obtenue à la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques de Bamako. Passionné du livre notamment le roman depuis son jeune âge, Ibrahima s’est essayé à l’écriture en publiant cette année chez Postyle Editions son tout premier ouvrage intitulé Le profit de la patience. Un roman fictif de cent sept (107) pages inspirées des réalités de notre société.  Dans l’entretien qui suit, l’auteur nous parle de son livre ainsi que ses projets d’écriture très prometteurs.    

Pouvez-vous nous présenter votre ouvrage ?

Le profit de la patience est un roman qui raconte la triste histoire d’un jeune garçon appelé Alber. Il est issu d’une famille très pauvre.  Son père (Issouf) n’avait assez de moyens, sa mère (Sira) non plus. Ceux-ci ont passé beaucoup de difficultés ensemble. Sira était vendeuse de condiments, elle était endurante et clémente. Son cœur était blanc comme la neige. Malgré les difficultés, ils vivaient tous ensemble dans une solidarité absolue. Après des années de chômage, Issouf aura un bon travail au sein d’une ONG et il sera riche. C’est ainsi qu’il va tomber amoureux d’une femme perverse et très méchante, avec qui il va se marier. Le mariage de Nafi mettra une barrière entre Issouf et sa famille. Celui-ci n’aura plus aucune considération envers sa première épouse et son fils et c’était Nafi la vraie responsable. Quelques années après, Sira, souffrante dans son foyer, mourra et Alber sera chassé, mais il sera adopté par un riche vieil homme. Alber deviendra riche et influent et n’oubliera son père Issouf (malgré tout) et qui a été trahi et abandonné par sa deuxième femme Nafi.

Pourquoi le choix de ce titre ?

C’est après avoir fini d’écrire le manuscrit que j’ai choisi ce titre. Puisque l’histoire raconte les vertus de la patience, donc il fallait choisir un titre conforme à l’histoire, c’est comme ça que l’idée m’est venue. J’ai choisi ce titre pour valoriser aussi la patience, car au moment où nous sommes le pessimisme est en train de dominer l’humanité.

Après des années de souffrances ensemble, Issouf délaissera sa femme au profit d’une autre. De l’ingratitude masculine ?

À ce niveau, je pense que dans la société d’aujourd’hui l’ingratitude d’Issouf est un cas fréquent chez les hommes. Certains hommes après avoir marié une seconde épouse, oublient complètement la première avec qui, ils ont affronté des difficultés. Cette injustice est condamnée non seulement par Dieu, mais aussi par les règles établies par nous les hommes. Le fait de prendre une seconde épouse est un droit pour celui qui opte pour la polygamie, mais cela ne lui donne pas droit de rester indifférent face aux problèmes de la première. Je pense qu’un bon mari n’est pas celui qui met ses femmes dans les bonnes conditions, mais plutôt celui qui est juste entre elles.

Enfant de pauvre, Aber devient un homme influent qui sera généreux et bon envers même ceux qui l’ont méprisé par le passé… !

Un parent garde toujours son titre de parent, car on ne peut jamais le changer. Un enfant conscient et bien éduqué ne peut jamais abandonner ses parents dans la misère, quelles que soient les indifférences. Il fait toujours de son mieux pour les aider. Retenons toujours qu’un parent est une source de vie. En plus de cela, le pardon doit être parmi les qualités d’une personne généreuse. La vie est si courte, on doit apprendre à vivre ensemble dans la tolérance. Celui qui peut aider son prochain, qu’il le fasse sans rien attendre en retour.

À travers l’exemple de Sira, vous pensez que le comportement d’une mère dans le foyer peut influer sur la vie de son enfant ?

Absolument ! Le meilleur avenir d’un enfant dépend d’un côté du comportement de sa mère, qu’elle soit célibataire ou mariée. Comme disent nos vieilles personnes « l’enfant d’une femme sage peut souffrir, mais il ne connaîtra jamais la honte et il verra la gloire un jour ».  Je pense que cette affirmation est incontestable. Une femme qui accepte tout dans son foyer, qui garde toujours l’endurance et la clémence, qui préfère l’honnêteté à la richesse aura sans doute un enfant béni, car le bienfait n’est jamais perdu.

Comment êtes-vous devenu écrivain ?

Au début, j’étais un passionné de la lecture. Quand j’étais au lycée, je fréquentais beaucoup la bibliothèque de mon établissement. C’est quand je faisais la classe de terminale en 2011 que l’idée de faire un livre m’est venue en tête. Puisque j’aimais lire, un jour je me suis dit ‘’et si j’arrivais à faire un livre pour que quelqu’un me lise aussi’’. C’était aussi l’occasion pour moi de partager mes idées avec les autres. Comme j’aime beaucoup les romans, raison pour laquelle j’ai voulu que mon premier livre soit un roman. Au début, ce n’était pas facile, car je n’avais pas une réflexion si profonde et j’ai eu du mal à continuer l’histoire, mais comme j’avais considéré ça comme un défi, je me suis vu dans l’obligation de le relever. Au fil du temps, j’ai pu écrire seul toute l’histoire, sans l’appui de quelqu’un.

Avez-vous des projets d’écriture ?

Oui ! J’ai beaucoup de projets d’écriture. Depuis que j’ai pu terminer mon premier roman malgré les difficultés rencontrées au niveau de l’édition cela ne m’a pas empêché d’écrire le deuxième qui est déjà fini. C’est un recueil de poèmes. Si tout va bien, il sera publié l’année prochaine et mon deuxième roman suivra.

Quel genre littéraire préférez-vous et pourquoi ?

J’aime les romans et je les considère comme mon genre préféré, car le roman est plus vivant. J’imagine les actions qui se passent comme dans un film et c’est un meilleur passe-temps pour moi.

 

Youssouf KONE