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« Pour le bonheur des miens » de Macaire Etty, une œuvre éducative qui fait prendre conscience à tous

Irene COULIBALY | | Litterature

© Page de couverture du roman « Pour le bonheur des miens »

《pour le bonheur des miens》 est une œuvre qui se veut éducative. En parcourant les lignes de ce roman, des leçons de moralité s’adressent à toutes la sphère éducative : éducateurs, professeurs, élèves et étudiants, aux familles et même aux cadres ; tout le monde est concerné.

Macaire Etty est l’actuel président de l’association des écrivains de Côte d’Ivoire : (AECI). Il demeure un acteur très dévoué dans la promotion de la littérature.  Pendant longtemps, il a été enseignant avant d’être muté comme chargé d’études à la direction de la vie scolaire du ministère de l’éducation nationale. Son expérience lui permet de présenter dans ce livre une thématique si bien écrite sur les réalités de l’environnement scolaire. Macaire a réussi à provoquer tant d’émotion en le lisant.

Une vie remplie d’épreuves

‘’Pour le bonheur des miens’’ de Macaire Etty raconte l’histoire d’une jeune fille, cette histoire commence à Boignikro, où Toto Ama Fleury vit avec ses parents et son frère dans une indigence qui pourrait attirer la compassion de n’importe quelle personne. Koula son frère aîné est infirme. La jeune et ravissante Fleury se considère alors comme le fils aîné de la famille. Son père est un simple vigile qui frappe à la porte de la retraite et sa mère une ménagère qui fait de la blanchisserie pour aider face aux dépenses. Les difficultés ne l’empêchent portant pas d’avancer dans ses études car l’adolescente de 19 ans en classe de terminale est très studieuse. Mais, elle tombe amoureuse de son professeur de philosophie Monsieur Khigaly, avec qui elle a une brève aventure et soufre de déception amoureuse. C’est à partir de cette plaie sentimentale mal cicatrisée que la jeune adolescente ira d’erreurs en erreurs. Son frère Koula, handicapé qui se déplace grâce à un fauteuil roulant offert par une ONG suite à un accident de la route, est accusé de trafic de drogue puis incarcéré. Ses parents avouent leur impuissance devant l’urgence de le faire sortir de prison. Pour le bonheur des siens, Fleury accepte de se salir. C’est ainsi qu’elle obtient la libération de son frère en acceptant les propositions indécentes du juge Bautrot qui s’occupe du dossier en contrepartie de son corps.

En dépit de ce tourbillon d’épreuves, elle obtient son BAC et est orientée dans la capitale du pays en philosophie. Son père illégalement forcé à aller à la retraite, se retrouve dans l’incapacité à faire face aux charges de ses besoins pour pouvoir poursuivre ses études. Mais pour la soutenir moralement il lui dit : « Tu sais ma fille, tu n’as point besoin d’être riche pour être heureuse. Quel que soit le métier que tu exerceras un jour, l’essentiel est qu’il te permette de vivre décemment. » : (page 72).

Le même juge Bautrot, homme marié, lui fait encore une proposition indécente, celle d’être son amante pour une contrepartie financière qui lui sera utile pour soutenir sa famille démunie et pour les charges de ses études. Fleury, une fille très brillante en philosophie qui a cette qualité du raisonnement, réfléchit longuement sur le choix qu’elle doit faire entre les valeurs et le matériel.

Elle n’a aucun appui d’un membre de sa famille, aucun appui d’une autre personne. Elle dit à la page 70 du roman : « Cette fois-ci, je bouchai les oreilles aux supplications de mon cœur pour écouter l’ordre de ma raison qui penchait pour le réalisme et le pragmatisme ». Elle ne peut que compter sur elle-même.

Elle finit alors par accepter la proposition du juge Bautrot qui la fait espionner à son insu par sa meilleure amie Olivia de la cité universitaire où elle est logée. Fleury attire les regards de tous les professeurs sans exception rencontre le cousin d’Olivia, nommé Da Costa une jeune métisse pour qui elle a un coup de foudre. Mais le juge fait assassiner le jeune homme et Fleury découvre par la suite l’identité de son espion qui est sa meilleure amie Olivia.

L’histoire de Fleury est à l’image de celle vécue par de nombreuses autres filles qui pour pouvoir subvenir à leur besoin ‘’vendent leur corps’’ pour de l’argent. L’auteur touche plusieurs points ; l’hypocrisie, la dépravation des mœurs, la méchanceté.

Vivre dans des conditions difficiles ou misérables n’est certes pas facile mais la facilité est une option que chaque jeune fille devrait bannir de son esprit. Il interpelle également sur des valeurs que nous sommes en train de perdre : « l’humanité ». Les gens ne sont plus très sensibles à la souffrance des autres, personne ne veut aider sans rien avoir en retour et la méfiance s’installe de plus en plus.

Sur ces Vingt et Un chapitres courant sur 140 pages, Macaire Etty enseigne, conseille et met face à des réalités qui font parties de notre quotidien. Chacun y reçoit sa part. les jeunes et particulièrement les jeunes filles sont invitées à ne pas succomber à la facilité malgré les difficultés, les enseignants à exercer leur métier avec loyauté et les cadres à ne pas user de leur statut pour intimider les plus vulnérables.

 ‘’pour l’amour des miens’’, un roman vivement conseillé.

 

Irène COULIBALY