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Les jeudis de l’UJOCCI : Face à la presse culturelle, Molare revient sur les débuts du Coupé décalé

Danielle YESSO | | Libre tribune

Le jeudi 12 mars 2020 s’est tenu la deuxième édition de la tribune « les jeudis de l’UJOCCI » avec comme invité le Molare sur le thème ‘’Couper-decaler de 2002 à 2020 : genèse, enjeux et impact sur la culture ivoirienne’’. Molare, l’homme qui a été au début de la naissance du coupé décalé, est revenu sur les débuts de ce genre musical et affirme « On était obligé de jeter de l’argent dans les rues pour se faire connaître ».

18 années se sont écoulées depuis la naissance du mouvement coupé décalé. Un mouvement qui a réussi tant bien que mal à s’imposer sur l’échiquier international. « C’est le seul genre musical ivoirien qui émerge, qui s’exporte et qui est pratiqué dans plusieurs autres pays », comme le souligne Molare, invité principal de l’UJOCCI (Union des Journalistes Culturels de Côte d’Ivoire). L’artiste est revenu sur les débuts plutôt difficiles qu’a connus le coupé décalé.

« On a été censuré plusieurs fois dans les émissions, dans les médias à nos débuts », a-t-il indiqué. Pour se faire connaître sur la scène musicale ivoirienne, les jet-setteurs ont dû mettre en place des stratégies particulières. « Les disputes étaient le seul moyen de nous faire connaître. On a dû créer des clashs et lancer des défis aux artistes zouglou qui moussaient à l’époque ».  En dehors des défis, un autre aspect du coupé décalé avait aussi marqué les esprits aux débuts des années 2000. Il s’agit du ‘’travaillement”.

« On était obligé de jeter l’argent dans les rues. Ce n’était pas des sommes astronomiques, mais on les convertissait en petites monnaies pour créer l’illusion ». À la question de savoir d’où provenait tout cet argent distribué à chaque prestation, Molare l’explique par le fait qu’il soit issu d’une famille aisée. Il se réserve toutefois le droit de divulguer les sources de revenus des autres membres de la Jet-Set.

Mis à part leurs revenus personnels, les précurseurs du coupé décalé ont pu compter sur d’autres soutiens. « Quand on a commencé à avoir de la notoriété, on a reçu beaucoup de dons de différents chefs d’État. Notamment celui du Mali, du Burkina Faso et même de la part du président Laurent Gbagbo. Certains managers de bar nous donnaient même de l’argent pour qu’on le distribue afin de se faire connaître ».

Après avoir réussi à s’imposer, le coupé décalé subit un coup dur avec la mort du président du mouvement. Douk Saga décède en 2006, laissant ainsi le Molare à la tête de ce genre musical après le départ des autres membres de la Jet-Set. 14 années après, le Molare garde toujours de bons rapports avec la famille de feu Douk Saga.

« Le fils de Douk Saga va bien. Je m’occupe de lui, puisqu’il n’y avait plus personne. Il vient me voir pendant les vacances. Sa mère va bien aussi, elle a refait sa vie ». Après avoir géré le coupé décalé pendant près de 2 décennies, Molare abandonne son rôle de boss du coupé décalé et se consacre entièrement à sa vie d’homme d’affaires et d’artiste.

 

Danielle YESSO