Suivez Nous

Tunisie: Un « attentat musical » pour la liberté d’expression !

100pour100culture | | Evènements

fréquences libres

Le Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT) organise un concert le samedi 7 septembre, à l’occasion d’une Fête de la Presse.L’évènement « Fréquences Libres » réunira des artistes internationaux tels que Badiaa Bouhrizi et DNA, Mariem Salah et Zeid Hamdan, El Rass et Munma, ainsi que Mounir Troudi et Quartet, qui se produiront sur l’esplanade du musée de Carthage à partir de 20h.

Pourquoi ces artistes en particulier? Thameur Mekki, chargé de l’organisation de « Fréquences Libres », répond au HuffPost Maghreb:
« Ce qui les réunit tous, c’est leur sensibilité envers le verbe, leur intégrité artistique, leur veine rebelle et indignée, leur sens de l’innovation ainsi que leur indépendance. En plus, ils ont tous un ingrédient dans leur cocktail sonore pouvant relier les générations. Les remakes des morceaux de Cheikh Imam concoctés par Maryam Saleh et Zeid Hamdan, les poèmes de Fadwa Touqan adaptés au groove electronica par Badiaa Bouhrizi, les métaphores et autres images poétiques du rap d’El Rass… autant d’intersections intergénérationnelles. C’est le manifeste d’un insatiable combat pour la liberté d’expression et de création… un manifeste clamé par les porteurs d’un projet culturel moderne revendiquant dignement leur héritage. »
Les revenus de cette manifestation culturelle seront consacrés à des actions pour la défense de la liberté d’expression et la promotion du droit d’accès à l’information, informe la page Facebook de l’événement.
« Le SNJT essaye de diversifier ses mécanismes d’actions. Il y a tout un travail à faire pour pouvoir confronter les défis actuels du secteur. Les nominations gouvernementales dans les médias publics en violation du décret-loi 116 se poursuivent. Le décret-loi 115 n’est toujours pas mis en application. Les journalistes continuent à être tabassés et leurs agresseurs sont souvent dans l’impunité totale. Certains projets sont en cours. D’autres sont actuellement étudiés comme celui de l’autorité d’autorégulation de la presse écrite. Le SNJT est en plein chantier », explique à ce sujet Thameur Mekki.
Il rappelle que le SNJT avait déjà organisé d’autres manifestations culturelles pour la cause des journalistes tunisiens, comme une représentation théâtrale à Monastir l’année dernière. Mais « Fréquences Libres » marque cette fois-ci un « tournant particulier dans l’action culturelle » du syndicat.
Un hommage sera rendu samedi aux journalistes qui se sont distingués en 2013.
D’après Thameur Mekki, cette année sera aussi l’occasion « d’être en relation avec une catégorie de jeunes – et moins jeunes -sensibles au combat pour la liberté d’expression. »
Il ajoute que « cet évènement est le miroir du rajeunissement de notre corps professionnel, de son adhésion aux musiques les plus modernes mais aussi de son attachement aux mouvements culturels émergents dans la région arabe… Des mouvements dont les protagonistes ont trouvé un écho planétaire. Je parle en l’occurrence des artistes participants à « Fréquences Libres » ».
Les billets à 10 dinars sont disponibles depuis le 3 septembre au musée de Carthage, au siège du SNJT, et au cinéma Alhambra.
L’accès est gratuit pour les adhérents du Syndicat National des Journalistes Tunisiens.
A la question « que peut-on vous souhaiter à l’occasion de cette Fête de la Presse? », Thameur Mekki répond: « l’acquisition de nos droits légaux. Rien que ça serait suffisant pour garantir, non seulement aux journalistes mais également aux citoyens, leur droit d’accès à l’information. » Tout simplement. Et pourtant…
Que la « Fête » soit belle, donc, et qu’elle porte ses fruits!
« La presse est un élément jadis ignoré, une force jadis inconnue […] ; c’est la parole à l’état de foudre ; c’est l’électricité sociale […] Plus vous prétendez la comprimer, plus l’explosion sera violente. Il faut donc vous résoudre à vivre avec elle. »

François-René de Chateaubriand
Source : www.huffpostmaghreb.com