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La musique Gnaoua, désormais reconnue du patrimoine immatériel de l’UNESCO

Jean Paul Tra Bi | | Evènements

© Essaouira (Maroc) (AFP)

La musique Gnaoua fait désormais partie du patrimoine immatériel de l’Unesco, depuis le jeudi 12 décembre 2019 ; une consécration pour ce répertoire de chants spirituels nord-africains. C’est le Maroc qui en avait fait la demande.  Débuté depuis 1997, le port d’Essaouira accueille chaque année le plus grand festival de musique Gnaoua au monde.  Figures acrobatiques, musique lancinante et costumes multicolores: des dizaines d’artistes ont défilé  au rythme de leurs tambours et castagnettes d’acier dans les rues d’Essaouira, dans le sud du Maroc, pour célébrer l’inscription de leur musique gnaoua au patrimoine immatériel de l’Unesco.

L’histoire des Gnaouas remonte au 16e siècle, parmi des groupes d’anciens esclaves venus d’Afrique subsaharienne. Contraints d’adopter l’islam, les premiers Gnaouas l’ont mêlé aux rites animistes du Sahel.

Selon le dossier présenté par le Maroc, cet art « se rapporte à un ensemble de productions musicales, de performances, de pratiques confrériques et de rituels à vocation thérapeutique où le profane se mêle au sacré ». Vêtus de costumes colorés, les musiciens Gnaoua jouent sur une sorte de luth tambour à trois cordes (un guembri), composé d’un manche rond qui s’enfonce dans une caisse de résonance en peau de dromadaire, accompagnés par des castagnettes en acier appelées qraqeb. Les harmonies de voix et les rythmes lancinants appellent à la transe.

Considérée à la fois mystique et thérapeutique, cette musique a longtemps été marginalisée avant la création du fameux Festival d’Essaouira.

 « À partir du moment où cette tradition musicale, cet art, est inscrit au patrimoine universel, ça devient une responsabilité collégiale, une responsabilité partagée, ça devient un engagement de tout à chacun, nous avons tout le devoir de travailler à la transmission, à la pérennité, la pérennisation de cette tradition orale. Il faut le rappeler c’est une tradition orale qui existe depuis des siècles, des générations et aujourd’hui nous sommes devant le challenge, la nécessité, de devoir ouvrir encore plus pour assurer sa pérennité, sa transmission aux futures générations et c’est cette question aussi qui est très importante. Les Gnaouas eux-mêmes n’y croyaient pas, il y a 25 ans. Ils n’auraient jamais imaginé une telle reconnaissance. Il faut rappeler que c’est une culture très populaire, une culture marginalisée, et aujourd’hui les nouvelles générations, les futures générations vont se sentir investies du devoir de continuer et surtout de se sentir fières de perpétuer cette tradition. » Explique Neila Tazi, fondatrice du festival.

Reconnue sous les rythmes du jazz ou du blues, la musique Gnaoua s’exporte et attire de nombreuses pointures. Led Zeppelin, Pat Metheny, Didier Lockwood ou Marcus Miller, tous sont venus au Maroc pour jouer aux côtés des plus grands maâlems, les maîtres musiciens qui donnent le rythme.

 

Jean Paul TRA BI