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Emmanuel Macron place la culture d’abord et donne une leçon aux présidents africains

Saxum Willy | | Evènements

Le moins que l’on puisse remarquer au cours de cet entretien entre le président français et les étudiants de l’Université Ouaga 1, c’est la spontanéité et la chaleur de ce contact rajeuni entre deux pays historiquement familiers.

Emmanuel Macron dans ce long discours d’une heure et quarante et une minutes (1h41min) positionne la culture comme « premier remède » à une meilleure perspective des relations entre la France et l’Afrique francophone.

« Je ne peux pas accepter qu’une large part du patrimoine historique africain soit en France » a-t-il soutenu. La  « restitution du patrimoine » du continent noir est un engagement que l’ancienne nation colonisatrice assure tenir avec en appui une formation pour la conservation de ses œuvres ancestrales.

A ce propos, Emmanuel Macron ne passe par quatre chemins pour indexer les complicités internes qui ont conduit à cette déportation des richesses de l’Afrique. Ce sont parfois des conservateurs africains qui ont vendu ces symboles de l’histoire de leur continent fait-il remarqué. « Notre histoire est plus complexe que nos réflexes » martèle le chef d’Etat français en face d’une foule aux aguets.

Une interpellation qui n’a pas manqué d’être soulevée à plusieurs reprises pour un changement de comportement mutuel.

Après le sport, l’appropriation de la langue française est la troisième piste de solutions que Macron propose à un continent avec lequel il souhaite désormais « une relation d’amitié » nouvelle. « Cette langue n’est plus uniquement le français » relève-t-il. Et d’insister, « vous l’avez ré-acquise » car  « le français que nous avons appris les uns et les autres a été figé ». Invitant ainsi  la jeunesse africaine à faire vivre le français avec des emprunts puisés de cette diversité de langues locales.

« Ne céder à aucun discours d’une langue chargée » d’un passé scabreux lance Emmanuel Macron aux 800 étudiants de l’amphithéâtre et à ces millions de jeunes africains.

La langue comme outils d’intégration économique sous régional et international s’avère être l’un des défis de l’organisation internationale de la francophonie(OIF). La journaliste Leila Slimani est annoncée comme représentante spéciale sur la question.

Une maison de la jeunesse sera inaugurée le 14 juillet 2018 au Burkina Faso. En France, 2020 sera l’année de la saison des cultures africaines.

Cependant sur le continent ce sont plus de 450millions de jeunes qui affrontent doublement la précarité de l’accès à l’emploi et à la formation. Cela, Macron le reconnaît et compte sur son conseil présidentiel pour l’Afrique afin d’agir avec des propositions complémentaires « sans filtre ».

La promotion de la femme comme véritable « Soleil des indépendances » fait l’objet d’un regard particulier dans ce nouvel élan Afrique et France. Un soutien par des bourses d’études sera dédié spécialement aux femmes.

Par ailleurs, c’est toute la jeunesse qui enchaînent les préoccupations à l’endroit d’Emmanuel Macron.

La gouvernance est une préoccupation majeure pour la jeune élite Burkinabè. « Rien ne sera plus comme avant » alerte un étudiant en face du président président français.

La responsabilité endogène des chefs d’Etats africains rejaillit systématiquement. Roch Christian Kaboré, président du Burkina Faso est même sorti de l’amphithéâtre.

Il claque la porte pendant quelques minutes quand son homologue français lui rappelle que c’est à lui de résoudre les problèmes de climatisation de ses Universités.

Emmanuel est décontracté ! Pour lui l’histoire coloniale est  « un passé qui doit passé ». « Je suis comme vous, d’une génération qui n’a jamais connu l’Afrique colonisée » s’est-il défendu. Le jeune président a 39 ans et son homologue Roch en a 60. Presque le double !

Contrairement à l’Afrique, dans la culture occidentale le droit d’ainesse signe de respect générationnel est moins oppresseur.

De mémoire, jamais un débat aussi direct et sans filet n’a eu lieu dans cette Afrique francophone entre un chef d’Etat local et ses citoyens.

Une insuffisance démocratique endogène avérée. D’où la responsabilité partagée.

Emmanuel Macron commençant son discours par une citation hommage à Thomas Sankara, annonce la levée du secret défense par l’Etat français, sur les documents relatifs à l’enquête à l’assassinat de l’icône continentale.

François Compaoré, présumé impliqué dans l’affaire de l’assassinat du journaliste Norbert Zongo, ne peut sortir de France. La Justice suit la procédure pour son extradition rassure  Macron.

Outre, la jeunesse africaine reste « vigilante » et repense au cas Guillaume Soro, qui comme par magie est désormais libre en France après un mandat d’alors.

Devant cette jeunesse déterminée, Macron parle de « changement de méthode » et reconnaît l’animalité en Libye comme « un crime contre l’humanité ».

 

Saxum