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75 MINUTES DANS LE « BOIS SACRÉ » DU Pr. LAURENT AKÉ-ASSI

Cheickna D Salif | | Evènements

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75 minutes, c’est la durée du film-documentaire intitulé « Bois sacré» réalisé par le cinéaste Idriss Diabaté en hommage à l’ethnobotaniste, le Pr. Laurent Aké-Assi. Le public ivoirien a découvert l’avant-première du film le 23 novembre au Goethe institut à Abidjan-Cocody. « Bois sacré » est un plaidoyer pour « faire avancer la cause de la botanique » et de la protection de nos forêts, selon le réalisateur.

Pendant les 75 minutes, l’on découvre à travers des témoignages poignants d’experts et de botanistes mondialement reconnus, que la Côte d’Ivoire compte un grand savant en la personne du Pr. Laurent Aké-Assi.

Dans le jardin botanique et floristique de l’Université d’Abidjan-Cocody, le réalisateur présente le Pr. Aké-Assi parlant des plantes et de leurs vertus thérapeutiques. À ce niveau, le public découvre et se familiarise avec le nom scientifique de nombreuses plantes. Aussi, est-il informé que ce sont 3858 espèces de plantes ivoiriennes qui ont été recensées et classifiées. « Quand je vois une plante que je ne peux pas lui donner un nom, cela me chagrine. Et il faut que je cherche pour trouver un nom. C’est pourquoi, je suis toujours au travail », confie le professeur dans le film. Ainsi, celui qui a créé l’herbier et le jardin botanique de l’université de Cocody se présente au public malgré ses 80 ans (il est né le 10 août 1931) comme un travailleur infatigable. D’ailleurs de nombreux botanistes qu’il a formés à travers le monde en témoignent dans ce documentaire.

Dans le jardin botanique de l’université de Würzburg en Allemagne, le Pr. Gerard Bringman révèle qu’ils ont en commun 53 publications et
trois brevets. Sur les traces du Pr. Laurent Aké-Assi, le réalisateur a parcouru la station écologique de Lamto à Tiassalé en Côte d’Ivoire, le Parc
urbain de Bangwayogo à Ouagadougou au Burkina-Faso, le bois Camayenne de l’université de Conakry en Guinée, le symposium international
d’Aromathérapie et plantes médicinales à Grasse en France où le Pr. Aké est perçu comme une « grande bibliothèque vivante » dans le domaine de la  botanique.

Dans le film, le Pr. Aké interpelle les autorités et demande à ce que la forêt soit respectée car, dira-il, « nous avons perdu 42 espèces de plantes qu’on ne trouve plus dans la nature ». Pour lui, il est important que les politiciens sachent qu’un herbier est aussi important et fait partie de l’histoire d’un pays.
Promenant sa caméra dans un marché de plantes médicinales, des tradi-praticiennes affirment qu’elles lui doivent leurs connaissances thérapeutiques des plantes. « Avec le professeur, nous arrivons à connaître le nom scientifique des plantes », soutient Mme Srouh Yvonne.

À la fin du film, comme pour dire que la relève est assurée, le réalisateur présente en activité le Dr. Yolande Aké-Assi, vétérinaire qui s’est spécialisée dans l’utilisation des plantes pour aider les petits éleveurs et le Dr. Emma Aké-Assi, botaniste. Il faut noter que le Pr. Barthélemy Kotchy, le Pr. Yacouba Konaté, Frédéric Grah Mel et un parterre de personnalité ont assisté à cette séance de projection.