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Paul Francis TONYE : « L’UA devrait être le creuset de l’harmonie du continent par la construction du développement …»

Youcef Maallemi | | Dossier

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Paul Francis TONYE est diplômé en droit à la faculté des sciences politiques et juridiques de l’Université de DOUALA (Cameroun) en cours de spécialisation.Juriste Conseil Associé au Cabinet Sutter & Pearce- Laways à DOUALA (Cameroun) Correspondant du Cabinet d’Avocat ARLYZ dans le Val D’Oise (France). Actuellement, candidat au poste d’Arbitre du Centre d’Arbitrage, de Médiation et de Conciliation de Ouagadougou (Burkina Faso). Dans cet entretien qui nous a accordé,  a bien voulu répondre à nos questions sur la mission de l’Union africaine (UA).

 

Quelle est la place de l’union africaine dans le concert des nations?

Née des cendres de l’OUA,  L’UA occupe actuellement une place négligeable en raison de son incapacité à prévenir ou à résoudre les problèmes qui minent le continent. Je pense à la paix et me reviennent comme un boomerang tous les conflits régionaux. S’agissant de démocratie, les manipulations constitutionnelles permanentes pour des règnes éternels sont devenues des phénomènes naturels. Ne parlons pas des droits de l’Homme régulièrement malmenés. Quid du développement qui accuse un grand retard, motif pris de ce que, le continent n’exploite pas suffisamment ses nombreuses richesses et n’a pas su tirer les leçons des modèles sociopolitiques expérimentés ailleurs ? Tous ces exemples illustrent les échecs de cet organisme et quand l’UA réussit une intervention, comme son déploiement en Somalie, c’est généralement sinon toujours grâce à la finance et à la logistique occidentales.

 

Quelles sont les  attentes du continent africain de cet organisme?

Comme son nom l’indique, L’UA devrait être le creuset de l’harmonie du continent par la construction du développement et de la coopération économique, diplomatique, judiciaire et militaire en amont, et comme instrument de médiation et de résolution des conflits en amiable compositeur, en aval. Elle devrait être la jauge des progrès du continent. Non seulement, elle en est loin mais elle n’en prend même pas le chemin. Et le sauve -qui-peut de ces migrants qui ne semble pas l’émouvoir est bien la preuve de son manque d’intérêt pour la dignité humaine. A moins d’un sursaut dû à une direction providentielle, il paraît prudent de ne plus rien en attendre.

 

Aujourd’hui le continent réclame une meilleure place à l’ONU, quel rôle l’Union Africaine doit- elle jouer dans ce sens?

L’UA ferait déjà bien de gagner ses galons d’autorité auprès de ses propres membres par une administration audacieuse, efficace  et indépendante.  L’UA doit se prendre en main afin de sortir du cachot de son désespoir et quitter le manteau colonial. Il est d’ailleurs à craindre qu’elle ne soit que la pâle copie de son aïeule, l’OUA qui a brillé par son incompétence  et a fini par avoir  l’air d’un syndicat de chefs d’Etat africains.

 

L’Afrique est le seul continent non représenté au Conseil de sécurité, quel est votre analyse?

L’Union Africaine réclame une meilleure place à l’ONU, notamment une place au conseil de sécurité. Je suppose que nous parlons des membres permanents puisque l’Angola et le Sénégal y figurent comme membres non permanents. Cette réclamation me semble  prématurée et inadéquate, pour des raisons évidentes et logiques ! Que je sache, le Conseil de Sécurité a en charge le maintien de la paix et la sécurité internationale. Y figurerait comme membre un foyer de brasiers ?  En outre, je vois mal comment une structure sous tutelle peut siéger à côté de ses administrateurs. Il faut noter en passant que tous les 5 pays membres permanents sont dotés d’une arme nucléaire, tel n’est hélas, pas le cas des pays africains qui peinent à payer  leur cotisation pour le financement de leurs projets alors même que l’occident finance 93%  des projets de l’UA. A mon sens, l’UA n’a pas de crédibilité suffisante pour y prétendre.

           

Aujourd’hui, beaucoup de voix s’élèvent de partout pour dénoncer l’impuissance voire la désinvolture de l’Union africaine face aux questions préoccupantes du continent. Quel est votre commentaire?

J’aurais aimé entendre la réponse des Soudanais, des Burundais, des Congolais  (RDC), des Centrafricains et autres habitants des foyers de tension.  Le spectacle désolant du désastre du continent rend cette dénonciation légitime. Mais il n’est jamais trop tard pour bien faire. Il est temps pour l’Afrique de réfléchir par elle-même, de concevoir ses solutions au lieu de continuer à servir la soupe à ses maîtres en apposant sa signature à tous les traités scélérats qui handicapent son évolution. Autrement, nous continuerons à pleurer. Pourtant, il ne s’agit de rien d’autre que de traduire en actes notre amour pour notre Terre.

Mohamed Ali était aussi un artiste

Sur plus de 2500 étoiles qui recouvrent le célèbre Hollywood Walk of Fame, celle du boxeur décédé le 3 juin dernier est la seule à ne pas être placée sur le sol.

Ce week-end, des centaines de fans ont rendu hommage à Mohamed Ali, décédé à 74 ans de la maladie de Parkinson, en posant des fleurs et des bougies près de son étoile sur Hollywood Boulevard. Mais cette étoile est unique en son genre. Le boxeur est en effet le seul à avoir exigé que son étoile ne soit pas fixée sur le sol mais bien sur un mur, en l’occurence sur la facade de l’entrée du Dolby Theatre.

Lorsque la Chambre de Commerce d’Hollywood, qui décerne les étoiles du Walk of Fame, a voulu honorer la carrière du sportif, en 2002, celui-ci a accepté à une seule condition: que les gens n’aient pas l’occasion de piétiner son nom. Après s’être converti à l’Islam en 1964, lui qui s’appelait Cassius Clay avait alors pris le nom de Mohamed Ali. “Je porte le nom du prophète Mahomet et il est impossible que je permette à des gens de piétiner son nom”, avait-il ainsi déclaré en recevant son étoile.

Pour Ana Martinez, qui produit les cérémonies de remises d’étoiles à Hollywood, Ali était un artiste. “S’il a eu droit à une étoile, c’est parce qu’il était un showman. Deux de ses albums (dans lesquels il parlait de ses matches marquants) ont été nommés aux Grammys. Il était aussi un artiste”

 

Entretien réalisé par Youcef MAALLEMI