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Côte d’Ivoire : « Chicha à gogo ou bébé au dos on fait le chaud »

Saxum Willy | | Dossier

Commune de Cocody, Vouvou et Chicha à l’honneur

Il est 22h passées lorsque l’équipe de 100pour100culture franchie la porte de cette discothèque de la commune présidentielle, Cocody, au Nord d’Abidjan. Le week-end débute…

Ce soir là, le concept « Vouvou Chicha » est à l’honneur, redit le disque joker sous fond mélodieux. Le ton est donné. La fumée fuse de partout. Les lèvres déploient des nuages: tous s’y mettent. L’égalité des genres est une réalité dans ce cadre. Filles comme garçons, la tranche d’âge oscille entre 17 et 40 ans, voire plus. On se passe le bec du dispositif entre jeunes et adultes.

À Abidjan, maquis, bars, boîtes de nuit, plein-air vont vite adopter cette mode pour s’enfumer. Une pratique connue dans la communauté libanaise, fortement représentée dans le commerce. Par ailleurs, principaux vendeurs de l’arsenal pour la chicha.

A l’instar de cet établissement, des soirées spéciales sont organisées autour du narguilé régulièrement. Délibérément aussi, des adolescents s’offrent des instants Chicha sur la baie lagunaire au Plateau. « Nous venons de Marcory pour être tranquille» laisse entendre un jeune homme de moins de 18 ans qui déguste son tube avec ses compagnons.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le narguilé est dangereux pour la santé. La chicha accroît  les risques de cancer, de bronchites ou de complications cardiovasculaires du fait de sa composition. Environ 25% de tabac associé à un mélange de la mélasse et d’arôme de fruits. Cependant, en quête de fortes sensations et d’innovation, les férus de chicha remplacent souvent l’eau par de l’alcool, le tabac ou par de la drogue.

La menace étant réelle, la Tanzanie, le Rwanda et récemment le Kenya, montrent  la voie de la lutte. Ces trois pays interdisent « l’importation, la vente, la promotion et la consommation »  de  la chicha sur leur sol. La Côte d’Ivoire n’y pense pas encore. Pourtant, les risques sont patents. encore plus grands en Abidjan, capitale ivoirienne. Une addiction en cours pour la jeunesse d’une classe moyenne en hausse dans un environnement de pauvreté dense. Le risque de contagion amicale est béant. « Les parents ne peuvent que s’inquiéter » !

Et pourtant… 

Ces virées nocturnes loin de déstresser, donnent d’apercevoir plusieurs familles avec des nouveaux nés, au bar. C’est la fête ! L’ambiance de décembre peut friser la folie et mettre fin à la vie. Les accidents de la circulation se multiplient. Les nuisances sonores aussi. Mais, « il n’y a personne à la maison pour laisser l’enfant » réplique une mère à Abobo, sortie avec la nounou dans ce bruit assourdissant pour des oreilles d’adultes. Elle n’est pas seule dans ce cas.

Avec ou sans Chicha « Vouvou n’est pas Vouvou », un autre concept au rendez-vous.

 

Saxum