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Luc Bambara (danseur-chorégraphe, promoteur culturel) : « La culture africaine a sa place au Canada »

Raymond Alex Loukou | | Danses

Faire la promotion de la culture africaine en général et la culture burkinabé en particulier au pays de l’érable est un challenge que le danseur-chorégraphe, promoteur culturel burkinabé Luc Bambara est en train de réussir. Installé au Canada précisément à Montréal depuis peu, il essaie tant bien que mal de donner de la visibilité à la culture africaine à travers les événements qu’il organise. Son pari : faire connaître la culture africaine dans toutes ses dimensions au Canada. Il nous en dit davantage à travers cet entretien.

Présentez-vous aux internautes ?

Je suis Luc Bambara. Artiste danseur-professeur de danse dans des écoles et Universités au Canada. Je suis le promoteur du Festival Les Voix du Faso qui en est à sa deuxième édition au Burkina et au Canada.

Qu’est-ce qui t’as amené au Canada et non pas ailleurs ?

Je dirais que la vie nous pousse souvent à faire des choix par rapport à son propre épanouissement et cela sur tous les plans. Je crois fermement au destin et je pense que c’est Dieu qui a décidé que je sois ici et nulle part ailleurs.

Était-ce plus facile de réussir dans votre carrière au Canada qu’au Burkina ?

Le Canada est un pays d’ouverture et surtout culturellement riche. C’est le monde entier en miniature. Cela facilite beaucoup l’intégration par rapport à d’autres pays. Mais je dirais que ce soit au Canada ou au Burkina, il faut aimer ce que l’on fait et travailler à réussir. C’est l’une des clés de la réussite. Partout on peut réussir. Il faut se donner les moyens.

Entre la danse et le théâtre votre cœur penchait pour quoi ?

Dans la danse je me sens plus à l’aise parce que j’ai grandi dedans. Les deux disciplines sont intimement liées mais la danse me permet de mieux m’exprimer et partager mes émotions.

A quel moment avez-vous senti la nécessité de faire de la danse et du théâtre un métier ?

Il n’y a pas eu de moment en particulier. Cela s’est fait naturellement mais après tu prends la peine de perfectionner ton art.

Quel est le festival le plus important auquel vous aviez participé ?

Le festival international nuits d’Afrique de Montréal parce que c’est à chaque année que je participe à ce rendez-vous incontournable de la musique au Canada.

De la danse à la promotion culturelle il n’y a qu’un pas que vous aviez réussi à franchir. Comment s’est faite la reconversion ?

Ce n’est pas une reconversion parce que j’ai toujours fait les deux. Je continue de donner mes cours et partager ma passion avec le public canadien. A un moment donné la promotion de culturelle est venue naturellement aussi. Cela est venu du constat de la sous-représentation de la culture africaine dans les milieux culturels canadiens. En tant qu’artiste et côtoyant ces endroits, il était de mon devoir d’apporter un coup de pouce à notre culture.

Racontez-nous un peu vos débuts.

J’ai commencé la danse depuis l’âge de 10 ans. Ce n’était pas facile surtout dans le contexte socio-culturel du Burkina pour un enfant qui décide de s’adonner à sa passion. Dans la plupart du temps au Burkina, tout le monde aimerait voir son enfant docteur, enseignant ou ingénieur… J’ai donc débuté timidement et après j’ai intégré le Meado (Maison de l’enfance André Dupont de Orodara) au Burkina ou j’ai fait vraiment mes premiers pas. En 2002, j’ai participé au festival des Nuits Atypiques de Koudougou (NAK). Ce n’était pas facile du tout. Par la grâce de Dieu tout s’est bien passé et aujourd’hui je suis à ce stade.

Comment les canadiens accueillent la culture africaine ?

Les canadiens reconnaissent le talent culturel que regorge L’Afrique dans sa globalité. Notre continent a su garder son originalité culturelle et cela fait qu’elle est unique. L’expression de la culture africaine dans la sphère culturelle ici est appréciée énormément. Il y a de plus en plus de projets culturels africains et des endroits de rencontres ou la diffusion à grande échelle permet de toucher tous les publics.

Pensez-vous que les canadiens ont soif de découvrir la culture burkinabé ?

Bien sûr… Notre riche culture malheureusement peine à prendre son envol véritablement. Le peu d’artistes diffusé ici est vraiment apprécié. Je suis content d’écouter la radio quand on diffuse sur Radio Canada en boucle feu Victor Deme.  Je suis sûr qu’avec plus de volonté on y arrivera davantage à faire connaitre mieux la culture burkinabé.

Dans l’autre sens que faites- vous pour que la culture canadienne soit connue des burkinabé ?

Je suis promoteur du festival dont je vous parlais tantôt (Le festival Les Voix du Faso qui se déroule le 14 juillet à Montréal et au mois de mai au Burkina). Il se déroule au Canada et au Burkina. Le festival porte le même nom dans les 2 pays. Il y a une logique à long  terme. C’est de vraiment créer une passerelle pour faire connaitre nos artistes au Canada mais aussi dans un proche avenir avec nos festivals partenaires canadiens faire de la coopération culturelle allant dans les deux sens. Des projets sont déjà en cours pour des résidences culturelles au Burkina avec des artistes Canadiens au Burkina.

Faire la promotion de la culture africaine dans un pays éloigné comme le Canada est-il sans difficultés ?

Les difficultés sont énormes mais on arrive à sortir la tête de l’eau surtout avec la volonté. Chaque Africain  a son niveau doit être un ambassadeur pour faire rayonner notre culture. Les peuples qui s’imposent culturellement sont ceux qui arrivent à faire valoir leur culture. « L’african dream » est possible et j’y crois fermement.

 

Raymond Alex LOUKOU