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Victime de Harvey Weinstein et d’autres prédateurs masculins, l’ex-actrice hollywoodienne Rose McGowan veut désormais faire carrière dans la réalisation

Arsene DOUBLE | | Cinéma

Figure du mouvement #MeToo, la star hollywoodienne Rose McGoman (46 ans) nourrit des ambitions de réalisatrice et se veut créatrice polyvalente. En sa qualité de simple actrice, Rose McGowan a beaucoup souffert non seulement de la misogynie extrême, mais aussi d’autres traitements inhumains de la part des producteurs, dont le fameux Harvey Weinstein, et réalisateurs, à l’image de Robert Rodriguez. La comédienne a été surtout l’une des premières à dénoncer les agissements du producteur Harvey Weinstein bien avant le déchaînement médiatique. Dans son livre-témoignage “Debout“, publié en France en février 2018, l’actrice raconte le cauchemar qu’elle a vécu en parallèle de sa courte ascension hollywoodienne. Elle y relate comment Harvey Weinstein l’aurait violée, alors qu’elle était âgée de 23 ans, lors du festival de Sundance.

Aujourd’hui, Rose McGowan entame son processus de reconstruction par l’art en signant un album, un documentaire et en préparant la suite de sa carrière au cinéma de l’autre côté de la caméra: «Je suis une réalisatrice forte. Je sais ce que je veux et comment l’obtenir. Je sais aussi comment créer un bon environnement de travail afin que chacun donne le meilleur de lui-même.»

De ses expériences avec des réalisateurs, elle affirme avoir appris «la discipline»: «Wes Craven m’a appris comment traiter l’équipe et les acteurs avec respect et gentillesse. Quant à Gregg Araki, il m’a appris à faire de tout une œuvre d’art.»

Ses expériences avec des metteuses en scène la laissent hélas plus circonspect: «J’ai travaillé avec trois réalisatrices. Je suis fâchée contre deux d’entre elles parce qu’elles se sont comportées comme des réalisateurs masculins. J’ai appris d’elles tout ce que je ne veux pas être.»

McGowan nourrit de vraies ambitions de réalisatrice: «Je souhaite concentrer ma carrière sur des films psychologiques qui jouent à bousculer l’esprit de différentes manières. Je veux continuer à questionner les dynamiques de pouvoir et essayer de pousser les gens à voir le monde autrement.»

Se disant encore largement traumatisée par le “slut shaming” subi pendant des années, Rose McGowan évoque également la souffrance d’avoir mis longtemps à être entendue, ainsi que la violence de ses opposants masculins. Mais celle qui se dit dirigée par «l’espoir, toujours l’espoir» semble désormais emplie d’une énergie exempte de colère.

McGowan travaille actuellement sur un projet artistique multi-supports, “Planet 9”, que le public découvre au goutte-à-goutte à mesure des sorties de ses différentes facettes (album musical, film, performance), et se dit «heureuse que les choses soient plus calmes pour elle». C’est le minimum que l’on puisse lui souhaiter.

 

Arsène DOUBLE