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« Mon tissu préféré » premier long-métrage de la réalisatrice Syrienne Gaya Jiji sorti en salle le 18 juillet en France

Innocent KONAN | | Cinéma

Manal Issa dans « Mon tissu préféré », de Gaya Jiji. SOPHIE DULAC DISTRIBUTION

Mon Tissu préféré, le premier long-métrage de Gaya Jiji est sorti en salle ce 18 juillet en France. Présenté à Cannes dans la catégorie « Un Certain regard », ce drame sensible tout en délicatesse a reçu un accueil chaleureux à Paris fin juin au festival du cinéma arabe de l’IMA. La réalisatrice syrienne y dépeint sa Syrie le jour d’avant la tempête, aux prises avec ses contradictions intimes et un chaos qui ne dit pas encore son nom. Un cinéma post-printemps arabe sensuel et puissant. Donc, révolutionnaire vu le contexte.

L’arrivée de Gaya Jiji en France a coïncidé avec la victoire française à la Coupe du monde de football il y a pile vingt ans. Depuis, la réalisatrice syrienne exilée à Paris a obtenu un master en réalisation à l’université Paris 8. En attente d’une synchronicité heureuse entre son destin et le sort de l’équipe de France, elle a présenté son film au festival des cinémas arabes qui s’est déroulé du 28 juin au 8 juillet dernier à l’Institut du Monde arabe, quatre ans après avoir été invitée au festival de Cannes par la Fabrique des Cinémas du Monde dont le but est d’encourager l’émergence de la jeune création des pays du Sud sur le marché international.

Mon Tissu préféré, qu’elle a écrit pendant son retour en Syrie à l’aube des printemps arabes (le film a finalement été tourné en Turquie à cause de la guerre civile qui ravageait le pays), porte l’écho d’une femme en pleine révolte intérieure, face à la violence d’un pays sur le point de basculer. Un tableau onirique et doux sur les conflits, intimes et politiques, qui s’inspire des codes visuels du théâtre et de la peinture.

Pour la jeune réalisatrice de 38 ans, « Mon Tissu préféré est un film très personnel. C’est une sorte d’autofiction très influencée par mon propre parcours psychologique et celui des personnes de mon entourage, mes amies ou ma famille. Je m’identifie beaucoup à Nahla, c’est un personnage très introspectif et j’ai conçu ce film comme son monologue intérieur. »

Synopsis

Damas, mars 2011. Nahla est une jeune femme célibataire qui mène une vie morne dans une banlieue syrienne, aux côtés de sa mère et ses deux sœurs. Le jour où on lui présente Samir, un expatrié Syrien en provenance des États-Unis à la recherche d’une épouse, elle rêve d’une vie meilleure. Mais tout ne se passe pas comme prévu. Contre toute attente, il décide de se marier à sa cadette, Myriam. Dès lors, Nahla se rapproche de Mme Jiji, une voisine récemment installée dans l’immeuble qui dirige une maison-close deux étages plus haut. Alors que les tensions s’intensifient dans le pays et que la famille est occupée à l’organisation du mariage de sa sœur, Nahla va explorer le monde de Mme Jiji. Un lieu rempli de fantasmes où elle sera confrontée à ses propres peurs et désirs.

 

Innocent KONAN