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« Sorry to Bother You » (désolé de vous déranger), la satire d’une société

Arsene DOUBLE | | Cinéma

« Sorry to Bother You » (désolé de vous déranger), sorti aux Etats-Unis en 2018, film d’un succès retentissant avec plus de 18 millions de dollars engrangé aux box-offices, est sorti, ce mercredi 30 janvier, en salles en France. Le réalisateur et scénariste, Boots Riley, sur un ton tragi-comique et inspiré du monde du télémarketing, met en lumière la situation des Afro-Américains aux Etats- Unis.

C’est un véritable imbroglio thématique. « Sorry to Bother You » (désolé de vous déranger), sorti aux Etats Unis en 2018, film d’un succès retentissant avec plus de 18 millions de dollars engrangé au box-office, est sorti, ce mercredi 30 janvier, en salles en France. C’est un film comme on en voit peu : plein comme un œuf, tour a tour hargneux, hilarant, subversif, maladroit, expérimental…fou. Le rappeur d’Oakland, Boot Riley, 47 ans, aborde, dans ce film, plusieurs thématiques, dont le racisme, le libéralisme, l’uberisation du monde, au moyen du fantastique et de la science fiction.

L’acteur principal du film, Cassius Green, (à prononcer « cash is green ») est un démarcheur téléphonique noir qui se découvre la capacité d’imiter une voix de Blanc bon chic bon genre, gagnant ainsi la confiance de ses clients. Alors que ses collègues se rebellent contre leurs lamentables conditions de travail et lancent une grève générale, Cassius devient un traître à la cause en gravissant les échelons de l’entreprise. Après avoir quitté le garage de son oncle où il squattait pour s’installer dans les beaux quartiers, il apprend rapidement que la direction cache un macabre secret qui va l’obliger à prendre la décision la plus importante de sa vie…

S’inspirant de sa propre expérience, Riley pose en parallèle un regard acerbe sur la place des Afro-Américains aux États-Unis.

Le réalisateur et scénariste envisage son pays comme une grande machine à blanchir, qui pousse les Noirs à s’uniformiser et à renier leur couleur de peau pour s’intégrer (la « voix de Blanc », obligatoire aux étages supérieurs de l’entreprise, en est le meilleur exemple).

Vraiment, « Sorry to Bother You », est une comédie satirique, qui présente, avec force, la rage d’un cinéaste, bien décidé à envoyer à l’écran tout ce qu’il a sur le cœur.

 

Arsène DOUBLE